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II. — RAMEAU NUBIEN

GROUPE NUBA

Les individus classés dans le groupe Nuba ont le crâne moins allongé et le nez moins épaté que les noirs qui les entourent et la peau tirant plus ou moins sur le rouge.

Les Azande ont la taille moyenne, la peau de couleur chocolat, les cheveux épais et crépus, le crâne large et court, le visage rond, le nez faisant une faible saillie, la bouche d'une étroitesse remarquable. Des lèvres épaisses, un menton rond, des joues pleines et rebondies, des incisives limées en pointe et une démarche distinguée complètent la physionomie de TAzande.

Les Azande repoussèrent d'abord jusqu'à TUele les populations qui habitaient le pays situé au nord de cette rivière : les Mangbele, les Abarambo, les Madi, les Abisanga, les Ababua et les Mobenge. Mais l'invasion ne s'arrête pas là : vers 1840 le chef Dendi chasse de l'angle formé par l'Uele et le Bomokandi les Abarambo, et son fils Tikima conquiert définitivement le Bomokandi en amont de la Mokongo.

Dans les environs de l'année 1890 les Azande de

Mange passent TUele à Sasi ou Kude et enlèvent aux Ababtia le territoire limité par les rivières Uele, Bima et Fale; plus tard, vers 1890, Zemio franchit TUele devant Tembouchure de la Gwali, mais il est repoussé.

Les Azande firent, après 1897, une dernière tentative pour franchir la Bima, mais ils en furent empêchés par les Européens.

Les Azande du Congo comprennent :

Les Azande proprement dits.

Les Azande Abandia.

Les Azande proprement dits forment de beaucoup la branche la plus importante. Les Azande ont été soumis par les Avungura à une époque indéterminée, puis conquérant et conquis se sont rués vers le sud. La démarche plus fière des Avungura, leur langage, leurs usages, les marques de soumission et de déférence que leur témoignent les Azande ne laissent aucun doute quant à leur situation respective : TAvungura constitue l'aristocratie, TAzande la plèbe.

Les Azande proprement dits vont au nord jusqu'au 6® parallèle et à l'est jusqu'aux Mundu et aux Makrakra. Vers le sud ils ont plusieurs enclaves citées plus haut.

Leur tatouage représente un carré de points placé sur le front ou sur les tempes; ils ont parfois sur la poitrine une croix de Saint-André formée de points. Les Azande non avungura se distinguent par trois entailles parallèles sur chaque joue

(marque des Soudanais). Les grands chefs avungura sont Zemio, Bodozve et EfftUu (ses fils), Sasa, Mange, Bia, Karavungu, Yatwa, Bambe, Matuburu, Beka, Kambara, Zamoi, Mopoie, Bili, Tamburu, Bitima (fils de ce dernier), Doruma, Bima (son frère) et Bio qui tiennent les autres chefs sous leur dépendance.

Les Azande Abandia sont établis entre le 23^ de longitude, le bas Bomu au nord, l'Uele au sud et s'étendent jusque près de FUere à Test ; ils ont en outre plusieurs importantes enclaves au sud de rUele, dans le Rubi.

Leurs principaux chefs sont Zia, Senza, Engwetra, Gufuru, Rafai et Bangaso (les trois derniers sont installés sur le Bomu) dont dépendent tous les autres.

Le tatouage des Abandia consiste en une ligne de points reliant les oreilles en passant au-dessus de l'arcade sourcilière.

Chez les peuples Azande nous rencontrons une organisation politique et militaire supérieure à celle des Bantu. C'est encore la division en tribus guerroyant entre elles, mais l'influence ég3rptienne a pénétré chez ces peuplades si aptes à la civilisation et le pouvoir plus solide, les États plus puissants, les chefs plus intelligents en montrent les heureux eflfets.

Chose remarquable, les Azande n'achètent plus leurs femmes, mais se la font désigner par leur chef; généralement ils lui sont très dévoués. Ils professent aussi un culte profond pour leurs

ancêtres I dont les ménestrels chantent les hauts faits.

L'influence musulmane a fait dans la région nombre de mahométans, qui gardent encore fortement l'empreinte du fétichisme.

Vivant en villages le plus souvent peu étendus, ils s'y livrent à diverses industries, exécutent de fins et beaux travaux forgés en fer et en cuivre, des tissus de coton au moyen de métiers analogues aux nôtres, des chaussures en cuir d'antilope, etc.

Ces villages sont entourés de vastes cultures de bananes, de manioc, de maïs, qui augmentent d'année en année.

Le plaisir favori des Azande est la chasse. Ils s'y livrent avec ardeur. Mais ce qui caractérise surtout la race Azande, c'est le puissant esprit de conquête et de domination qui anime tous ses membres. Très courageux, persévérants, rusés, ils s'exercent dans leurs villages à jeter la lance et à tirer à l'arc. Autrefois les grands sultans comme Zemio et Doruma pouvaient mettre en ligne plusieurs milliers de soldats, non réunis en bandes désordonnées comme les Bantu, mais en groupes de 5o à loo hommes disciplinés, placés sous les ordres d'ofiiciers et agissant avec ensemble dans leurs opérations militaires. Aussi n'est-il pas étonnant qu'entourés comme ils l'étaient au sud de faibles voisins, ils se soient avancés si loin dans cette direction.

Dans les pays Azande ou dominés par ces der-

niers vivent des tribus diverses, vestiges probables des peuples aborigènes. Ce sont par exemple les Abasango et les Mobenge dont nous avons déjà eu Toccasion de parler; chez Zémio les Akari, cruels et poltrons, transformés par les Âzande en bêtes de somme et se montrant d'une sobriété et d'une résistance extrême à la fatigue.

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