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SERVICE SANITAIRE

Sous un climat où les germes morbides sont si nombreux, où les causes de maladies abondent pour les Européens, le service sanitaire est de première nécessité et doit prendre dès le début de l'occupation un développement proportionnel à l'essor commercial et industriel, de façon à permettre dans de bonnes conditions l'exploitation de la colonie.

Organisation.

Le service sanitaire est assuré par un clief de service et un certain nombre de médecins de 1^^ et de 2^ classe, à raison d'un par district ou zone, ces derniers chargés de soigner les employés du gouvernement.

Leurs soins s'étendent aussi aux indigènes des environs.

Leur nombre, de deux auquel il était réduit en i885, s'est élevé successivement à huit en 1891 et à trente actuellement.

Chaque station est abondamment pourvue de médicaments.

Dans chaque chef-lieu de district ou de zone fonctionne une commission d'hygiène appelée à faire à l'autorité toutes les propositions concernant les mesures prophylactiques à prendre, telles que drainage des marais, assainissement des villages des noirs, construction d'habitations hygiéniques pour blancs et pour noirs.

Deux maladies surtout ont appelé sur elles l'attention du gouvernement : la maladie du sommeil et la variole.

La première est la conséquence de l'introduction dans le corps, par la piqûre de la mouche tsétsé, du trypanosome de Gambie. Le gouvernement de l'État n'a pas ménagé ses encouragements et son aide aux savants qui se sont mis à la recherche des moyens de combattre cette maladie : l'installation du laboratoire de recherches de Léopoldville, l'envoi avec le concours pécuniaire de l'État d'une mission scientifique dirigée par des médecins de l'École de médecine tropicale de Liverpool, et surtout les résultats remarquables obtenus par le docteur Van Campenhout, grâce à l'emploi combiné de l'atoxyl et de la strychnine ont fait faire un grand pas à la question et fixé les mesures à prendre tant pour empêcher l'extension de la maladie vers les régions encore indemnes que pour la combattre dans celles où elle règne, la faire diminuer de fréquence et même la faire disparaître.

Des postes d'observation médicale avec lazarets spéciaux ont été créés à Ibembo, à Stanleyville et à Kabinda ; un poste médical avec lazaret à Uvira ; une

ligne de surveillance médicale avec lazarets qui existait au début le long de la route entre Pweto (lac Moero) et Kabinda (Katanga) a été rapportée plus au sud; c'est ainsi que des lazarets sont établis à Kilwa, Lukafu, Bunkeia et Fundaviako; on dirige sur les lazarets toutes les personnes atteintes. Léopoldville, Lusambo, Libenge, Baraka et Nouvelle-Anvers possèdent également des lazarets.

Enfin, il existe encore des lazarets locaux où Ton traite les malades non transportables.

Pour enrayer les ravages de la variole, le gouvernement a fait installer un institut vacdnogène central à Boma et une chaîne ^offices vaccinagènes établie de telle manière que tous les postes de l'État soient en mesure de recevoir du vaccin ayant conservé toute sa virulence.

Des offices vaccinogènes fonctionnent à Eala, à Nouvelle-Anvers, à Stanleyville, à Bambili, à Kasongo, à Uvira et à Kabinda.

Les résultats obtenus sont remarquables, et Tannée 1906 notamment n'a plus vu se reproduire une seule de ces terribles épidémies qui ravageaient autrefois des régions entières.

Il y a des hôpitaux pour blancs à Boma, à Léopoldville et à Stanleyville ; des hôpitaux pour noirs existent dans tous les centres importants; ceux de Boma et de Léopoldville sont construits d'après les dernières données de la science.

Il existe également à Boma une école profession-nelle pour infirmiers où l'on initie au métier d'infirmier certains élèves sortis de la Colonie d'enfants

et les indigènes qui sollicitent leur admission. A côté de l'organisation officielle il faut encore signaler des services sanitaires privés, créés soit par de grandes compagnies ou des missions résidant sur les lieux, soit par des associations humanitaires, comme celle de l'Association congolaise et africaine de la Croix- Rouge.

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