Les « petites dents n au-dessous de i8 kilos
4. Les « Bangles r» rangées dans les catégories 2 et 3, qui doivent être rondes pour pouvoir fournir des anneaux de bras pour les Indiens et les indigènes de la côte orientale d'Afrique.
5. Les « dents à billes n pour lesquelles on utilise même de petites dents de 6 à 8 centimètres de diamètre. Toute proportion gardée, ce sont ces dernières qui atteignent la plus grande valeur marchande.
6. Les « escravelles » ou « scrivailles », morceaux d'ivoire dont on se sert pour les menus objets et bibelots.
Signalons également la division en ivoire doux provenant d'éléphants vivant dans les pays de rochers et de montagnes, et ivoire dur enlevé aux éléphants des plaines et marécages. Le premier a plus de valeur que le second.
Lieux d'origine.
L'ivoire est répandu sur tout le territoire de l'Etat, gardé par les indigènes au retour de
leurs chasses et vendu par eux aux trafiquants étrangers (i). Dans les régions où ceux-ci ont peu pénétré au début, comme dans certaines parties des districts de TUele, de TAruwimi, de la Province orientale, des Bangala et de l'Equateur, il existe encore en quantités énormes.
Dans les régions où l'éléphant se fait rare comme dans le Bas-Congo, et dans celles fortement occupées par les Européens, la récolte de l'ivoire est beaucoup moins fructueuse. Elle se borne alors à l'ivoire d' « infiltration », c'est-à-dire à celui des districts reculés, apporté par les tribus indigènes intermédiaires. C'est le cas pour toutes les rives du haut Congo et de ses affluents navigables.
Avenir.
L'ivoire vendu pendant longtemps sur les marchés européens, Londres et Liverpool, provenait presque uniquement de l'Afrique : Soudan, Afrique orientale. Colonie du Cap, Angola et Gabon. La découverte d'un pays neuf comme le Congo, d'un immense bassin ayant jusque-là échappé à
(i) Afin d'éviter la destruction des éléphants, l'Etat n'a permis cette chasse que dans les parties du territoire non constituées en réserve et après obtention préalable d'un permis ou d'une autorisation, suivant au* il s'agit d'Européens ou d'indigènes. Les premiers payent une taxe de 5oo francs, plus 5o francs par arme à feu perfectionnée et lo francs par fusil à silex. Le<t seconds s'acquittent en remettant à l'Etat une partie de l'ivoire qui ne peut jamais dépasser la moitié du poids total récolté. De plus, pour protéger les jeunes éléphants, l'exportation, le trafic ou la détention de défenses pesant moins de 2 kilogrammes sont interdits. Enfin, dans tout l'Etat, la chasse est défendue du x5 octobre au i5 mai.
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toute exploitation, et dans lequel le précieux produit abondait, amena une perturbation dans ce commerce.
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marché, celui d'Anvers, fut créé, et se développa aux dépens de ses concurrents, au point de su rpasser bientôt Liverpool et même Londres, grâce à des ivoires étrangers (notamment de l'Angola) qui arrivent également sur la place (i).
Mais comme il est activement récolté par les puissantes compagnies
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(i) Les ventes se font trimestriellement d'après un catalogue descriptif des divers lots, soigneusement dressé par les courtiers et envoyé aux principaux acheteurs.
qui rachètent aux indigènes, son acquisition est devenue plus onéreuse et plus difficile.
Sans baisser sensiblement jusqu'ici, la production d'ivoire se restreindra forcément dans un avenir plus ou moins éloigné.
Une exploitation commerciale basée uniquement sur l'achat de ce produit ne se présente plus à des particuliers dans des conditions très rémunératrices.
L'ivoire devra sans doute, d'ici à quelques années, être considéré seulement comme un objet de commerce secondaire, comme un appoint, dans le trafic de factoreries établies dans un autre but.
L'année 1906 a été marquée par une hausse extraordinaire de l'ivoire et celle-ci s'est encore accentuée en 1907.
Voici quelques prix à fin 1907 :
Dents saines 35 1/4 à 48 3/4 fr.
Oversizes 36 à 38 i/a
Dents à bangles 27 3/4 à 38 x/2
Dents à billes 3o x/2 à 46 1/2
Scrivailles 20 à 25 3/4
L'ivoire doux se paye :
Pour les grosses dents . . *. 38 à 44 fr.
Dents à billes 45 à 60
Enfin l'ivoire du Sénégal obtient couramment 38 fr.
Le tableau suivant, comprenant les moyennes des prix en ne tenant compte ni de la qualité ni
du poids, permettra de se rendre compte de la progression :
En 1888, fr. 24.00 le kilo poids moyen 9 2/5 kilos
En 18^9,
En 1894,
En 1900,
En 1904,
En 1905,
En 1906,
En 1907,
Les importations totales
Anvers se
sont
élevées en 1907 à 327,800 kilos et le total des ventes à 312,400 kilos (à Londres 241,000 kilos et à Liverpool 22,000 kilos).
La consommation annuelle de Tivoire dans le monde est de 549, 55o kilos environ.
Les importations de l'ivoire en Belgique pour Tannée 1906 ont été de 325,372 kilos (11 millions 388,000 francs).
L'État du Congo en a exporté, en 1906, 178,207 kilos d'une valeur de 4,455,175 francs. (Voir diagramme page 333.)