‹ Le Congo francais du Gabon a BrazzavilleChapitre 20 sur 41 · I.E CONGO OU 0 LIE MO · texte numérisé non relu

I.E CONGO OU 0 LIE MO

imprimer à la station une direction intelligente et ferme. Ses ordres étaient exécutés avec une ponctualité à laquelle je rends d'autant plus volontiers hommage, que j'en aurais cru incapable un personnel composé d'éléments aussi divers. Dès le matin, les hommes étaient réunis aux sons d'un gong chinois. Ils se plaçaient sur un rang et subissaient une inspection; puis on assignait à chacun d'eux la tâche de la journée. Cette distribution de la besogne une fuis faite, les hommes se rendaient au travail, qui s'effectuait sous la surveillance d'un jeune Américain, second de M. Braconnier. A midi, un coup de gong annonçait la cessation du travail, qui reprenait à deux heures pour finir à quatre heures et demie. La distribution des vivres se faisait avec la même régularité. Chaque homme recevait à midi sa ration pour vingtquatre heures; elle consistait en boules de manioc et en bananes. Les Zanzibarilcs avaient pour surveillant spécial un Arabe, garçon intelligent, qui avait servi, je ne sais trop en quelle qualité, a bord de vaisseaux français, et qui parlait couramment notre langue.

En 1882, malgré son organisation sévère, la station de Léopoldville ne pouvait .se suffire à elle-même; elle était obligée de se faire ravitailler par les établissements belges du Congo inférieur et de la c6(c. Un convoi de quarante hommes environ arrivait du bas fleuve tous les vmgt ou vingt-cinq jours, portant des vivres, des marchandises ou des munitions. Le convoi se reposait à la station pendant quchiucs jours et reparlait pour la côlc, mais sans rien emporter. Ce qu'on appelle les « richesses de l'Afrique ccnirjile « ne parvenait pas à former le chargement d'une poifjuéc de porteurs.

Tout à Léopoldville revêtait une connaissance pro-

LE CONCO FRANÇAIS.

fonde des hommes et des choses de l'AlTiqne, et je me promis d'appliquer, le cas échéant, dans l'Ogooiic les principes dont je venais de constater les brillants résultats.

Je voulais retourner à Brazzaville, mais M. Braconnier me pria d'accepter son hospitalité jusqu'au lendemain, .le ne pus résister au plaisir de goûter pendant quelques heures encore le charme d'un accueil aussi cordial; je passai la nuit à la station. Le lendemain, M. Braconnier me fit faire un déjeuner non moins agréable que celui de la veille, .le pris congé de lui dans l'après-midi. .Nous nous séparâmes à regret et pénétrés de sympathie l'un pour l'autre. M. Braconnier, en 1882, était lieutenant d'état-major ; c'était un homme jeune, ouvert, énergique. Il n'y avait chez lui ni jalousie ni envie. Il était, en outre, assez indépendant d'esprit pour rendre hommage au mérite, sans acception de nationalité, et pour condamner les torts partout où il croyait les apercevoir.

,Ie fus de retour au village de Ntchoulou vers quatre heures. J'y retrouvai Malamine. Nous causâmes longuement des habitants de M-.ouua. .l'accablai de (lueslious l'intelligent Sénégalais, et j'appris ainsi une mullitude de détails el de faits qui devaient me servir à conduire les investigalions auxquelles je voulais me livrer sur le caraclère des Batékés et sur l'importance commerciale de la région de M<ouna. .l'emploj ai mes journées à visiter les uns el les autres, j'allai d'une rive à l'autre, j'examinai tout ce que la méfiance des indigènes ne parvenait pas à me cacher, et je parvins ainsi A recueillir une foule de renseignements que je vais réunir dans un chapitre spécial.

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