CHAPITRE XVI
Les Balékps do Sianleypool. — l.e coiiimerre du liaut Con;;o. — Monopole ilcs Baickés. — L"av(;iiir de Sianleypool. — Les voies ferrées du Con^o.
On parle beaucoup des ressources que la coloaisadon ou l'exploitai ion du haut Congo peut fournir au commerce européen :1a mode est aux débouchés. Je n'ai pas la préleuliou de me prononcer sur un aussi grave sujet, .le me bornerai dans ce chapiire â rapporter ce que j'ai vu a Slanlc} poi)l. Je dirai un mot de Mvouna et de la nalure du commerce qui s'y fait, j'indiquerai entre les mains de qui se trouve ce commerce, et je laisserai au lecteur le soin de lirer de ces éléments d'information les conclusions (ju'il jugera utiles.
Les deux rives de Nlvouua sont habitées par les Balékés. J'ai déjà fait observer que les Balékés de iNkouna différent compléicment des IJatékés de Franccville. Les riverains du Congo sont grands, svelles, rol)ustes. Leur visage est tatoué à la manière des autres peuplades. Leur peau est moins noire que celle dos IJatékés de Franceville. Ils porleut comme vétemeni le pagne, dit pajjne du Congo,. magnifique tissu lait de fil de |)almier très souple et très fin. Les femmes que l'on rencontre clic/.
LE CONGO FBANÇAIS.
les nalékcs ne manquent pas cl'a,",rément. Leur coiffure se dislingue par une originalité d'assez bon goiU. Elles disposent leurs cheveux par petites touffes, qu'elles roulent et maintiennent en boules à l'aide d'un cosmétique; elles les poudrent ensuite avec de la cendre d'écorce de banane, qui rappelle assez bien le blanc de nos élégantes d'Kurope.
Les Batékés se montrent jaloux de leurs femmes, ce qui ne les empêche pas de les vendre. Ils sont cupides et méfiants. II leur arrive assez souvent d'empoisonner un voisin ou un ami sous prétexte de venger une offense faife à un féliche, mais en réalité pour s'emparer des richesses du mort. C'est de là que vient leur habitude de goiUer, pour en démontrer l'innocuiié, aux aliments ou aux boissons qu'ils vous offrent. Ils sont exigents. Ils déclarent toujours insuffisants les cadeaux qu'on leur fait. Ouand j'eus donné à Ntchoulou les présents que je lui destinais, il m'en demanda de nouveaux pour ses enfants, puis pour sa femme, puis pour ses parents. Il n'élait |)as jus((u'aux esclaves, sur lesquels, d'après lui, ma libéralilé ne diU s'étendre.
Les Balékés ne cultivent guère : leurs récoltes ne pourraient suffire à leur enlrelicu. Ils sont obli{;és d'acheter une partie du manioc (lu'ils consomment : ils ne récoltent que du tabac. Il est vrai qu'ils se livrent à certains arls manuels. Ils fabriquent des pipes, des colliers vt des bracelets de cuivre; ils Ibnl aussi de pclits paniers en osier. Leurs pipes atteignent des dimensions formidables. Il y en a dont le (uyau ne dépasse pas quatrevingts centimôlres, mais il eu est d'autres qui ont deux et trois mèircs de longueur. Celles-là ne sont ni faciles ni agréables à fumer. Pour en aspirer la fumée, ce n'est
CIIKK UATKKK l'OItTANT SON INSIC.NE DK C. () M M A M) t M E .\ T .
(Kxlrail de la Ilevue d'ethnographie , puMice par E. Ltnoux.)