‹ Le Congo, la plus belle colonie du monde; ce que nous devons faireChapitre 10 sur 13 · ILS · texte numérisé non relu

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loiil ce qu'ils poiivont pour faire augmeiUer la rénuinéralion payée à l'indigène, parce qu'elle revient toujours indirectement au fisc, sous la forme d'impôt, il n'avait jamais songé que les magistrats eux-mêmes finiraient par suivre la même voie et s'occuperaient des pi'ix d'achat des produits afi'icains. On croit rêver en lisant de pareils récils.

A noter, d'auti-e part, que les autorités locales écartent soigneusement des concessions Lever, V influence néfaste des petits traitants non indigènes !

Une des conséquences de l'afflux des petits traitants étrangers dans le Lomami, a été de permettre aux autorités locales de relever le taux de l'impôt dans ces territoires, alors qu'auparavant, comme mesure de protestation à l'égard de la Compagnie du Lomami et pour l'obliger à ])ayer plus cher, ces mêmes impôts avaient été diminués.

L'auteur estime que si le Gouvernement n'aime pas les grandes propriétés terriennes, il doit les racheter, mais en attendant qu'il le fasse, il doit traiter avec la même bienveillance aussi bien les propriétaires belges que les concessionnaires étrangers.

Commerce intérieur. — Dans tout le Congo, les vivres frais^ le petit bétail, les animaux de basse-cour deviennent de plus en plus rares et les prix en sont éh.'vés, à tel point que le Gouvernement a dû fixer des prix maxima, tout comme en Belgique. L'auteur caractérise par un mot ces agissements. C'est du gâcliis! N'insistons pas.

De l'agriculture indigène. — Les plantations de riz augmentent de plus en plus, mais il parait que souvent on ne parviejit pas à vendre toutes les récoltes, qui pourrissent sur pied. Cela parce qu'on empêche le cultivateur de décorliquer son riz lui-même, ce qui ne coulerait rien et ce qu'il fait 1res facilement. Mais voilà, on a installé à grands frais des décortiqueuses mécaniques et il faut bien, coûte que coûte, qu'elles aient de l'ouvrage. Cela rappelle ce qui s'est passé dans le temps avec les décoi-tiqueuses à café. Les expériences antérieures n'ont donc servi à rien. Les cultures de coton de la Province-Orientale promettent déjà un rendement de 400 tonnes. On vient iVimposer la culture du palmier élaïs aux indigènes de l'Equateur. Cette dernière mamèi*e n'est pas à con>;eiller.

Quoi qu'il en soit, tant que l'application actuelle de l'impôt de

capitalioii restera en vigueur, les cultures obtenues par ]i(">'SU(ision ou par ohU;/aiion no donneront jamais de résultats sérieux, puisqu'elles ne sont pas faites au profit des popidations, mais uniquement et indirectement au bénéfice du fisc.

De la main-d'œuvre indigène. — La Bourse du travail établie au Ivalanga est, parait-il, désorganisée à ce point, que les sociétés minières se voient dans l'obligation de recruter une bonne partie de leur personnel en Rhodésie.

Alors qu'en 1913-1914 le nombre d'hommes fournis par la Bourse dépassait de sej)! cent six \e nombre d'hommes demandés par les sociétés, elle n'a j)u fournir le nombre d'hommes qui lui a été demandé les années suivantes.

En 1915-1916 il en manquait 344.

En 1916-1917 » » 844.

En 1917-1918 » » 1,446.

La progression va donc fortement en diminuant.

Les plantations capitalistes du Ilaul-Congo ne parviennent plus à recruter leur personnel. Les désertions ne sont jamais réprimées par les autorités, qui les considèrent comme des hagatclles. Quant aux sanctions de la loi sur les recrulements, c'est comme si elles n'existaient pas. Les plantations capitalistes du Mayumbé sont bien plus favorisées, car elles trouvent, grâce à l'appui intelligent des missions catholiques voisines, une main-d'œuvre suffisante à leurs travaux.

L'auteur tei-mine son importante étude en demandant, plus qiie jamais, que la politique générale éducative, économique et fiscale du Congo soit exposée devant les Gliambres et qu'on leur fasse connaître les méthodes nouvelles que l'on compte mettre en vigueur pour arriver à développer rationnellement les richesses de notre colonie et à assurer aux populations congolaises toute la protection et tonte la sollicitude intelligente qu'elles méritent.

Il ne faut pas, dit-il^ que les pages à jamais glorieuses qui retraceront en lettres d'or les hauts faits de bravoure militaire et de vertus civiques qui illustrèrent l'histoire de la Belgique et du Congo, durant ces quatre années de guerre, puissent être ternies un jour, même par Vomhre d'utie pensée, visant à l'asservissement des indigènes de notre colonie.

Il ne faut pas que le sang de nos vaillants compatriotes et celui

de nos braves Congolais aient été versés et se soient mêlés en vain sur notre terre africaine.

Il faut que celle-ci et ses i)opula(ions en sortent régénérées et fassent honneur à la Belgique, leur mère adoptive.

Au sujet des annexes qui terminent le livre, nous ne pouvons mieux faire que reproduire ce qu'en dit M. Leclercq dans sa notice bibliographique, dont nous avons déjà cité ])lusieurs extrails :

« L'ouvrage est suivi d'un extrait, donné en annexe, du journal » de voyage de la mémorable expédition Delcommune au Katanga, » de 1890 à 1893. On lit ce trop court extrait avec tout l'intérêt » qui s'attache aux temps hénàques des premières explorations de » l'Afrique. Et arrivé au bout de ces pages, vraiment émouvantes, on » se demande pourquoi, alors que les Stanley, lesCameron, les Grant, » les Speke, les Burton ont publié^ dès leur retour en Europe, » le récit de leurs grandes explorations africaines, M. Alexandre » Delcommune n'a jamais donné la relation intégrale de ses belles » découvertes géographiques. Faut-il l'attribuer à sa modestie? » Si l'on connaissait à l'étranger tout ce qu'il a fait en Afrique, » il n'est pas douteux qu'il aurait depuis longtemps sa place » dans la glorieuse phalange des héros de l'exploration. On a » l'impression que sa modestie est exagérée. A la page 142 de » son livre, il s'excuse de ne pas posséder le talent des écrivains de » renom. Et cependant les lignes qui terminent cette page montreTit » que non seidement il sait faire un morceau de littérature, mais » aussi qu'il y a une àme de poète dans cet homme énergique, que » louchent si prufondément les grands spectacles de la nature » tropicale. »

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