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reçu, mclli'c leurs loiuls on sécitrilé el les l'elirer au f(U' et à nicsui'e (le leurs besoins. Il explique que les indigènes, (jui !iv;iienl si bien compris le syslènie des moukandes « bons » emj)loyées jadis j)oui' le commerce d'ans le Bas-Congo, se rendront vite compte de l'avantage de ces caisses et ne manqueront pas de s'en servir. Klles coiili-ibueront loi'tement à inciter les indigènes au travail à cause dus garanties et de la sécurité (pi'elles leur donneront au sujet tic leur pelil pécule, garantie et sécurité qu'ils n'ont pas aujourd'hui.
Enfin, au sujet de la ('(im|)lal)ilité dos cenli'es et postes éducateurs, il insiste \ivement pour qu'on n'y inslalle pas toute la |)aperassei'ie gouvernemenlale et (|u'on se borne au strict nécessaire, ces centres et j)0stes ayant une mission plus sérieuse à remplir que celle de di'esser des états et aligner di's cliillres.
Au sujet ilu rùle des prêtres, pasieurs et missionnaires, il s'occupe de l'inlluence des l/'liclieurs. C(mix qui sont des criminels doivent être livrés à la jusiice; quant aux simples manifeslaiions ordinaires du lëticliisme, elles doivent être tolérées et peu à peu la. civilisation el l'instruction religieuse modifieront la mcnlalité du noir, sans rien briis(pier. Il pense tnéme (pie, dans bien des cas, on poiu'rail se scr\ir de riniluencc des féticlieiu'S. Dans les écoles on devra se préoccuper île |)Ousser les enfanls les mieux doués |)Our en faire des sous-insiiluleurs el sous-inslitulrices noirs, (pii |)ouri'ont grandement aider à la dilTusion de l'insli-uclion et de l'enseignement religieux. A son avis, lorsque roccupalion du leri'itoire sera conq)lète, il y aiu'a lieu de décréter l'insli'uclioii obligatoire. L'instruction doit se donner en langue indigène et être bornée à une instruction tout à fait primaire complétée par un enseignement |»rofessionnel. (le n'i^st cpie |)lus tard (pie l'on pourra aller plus loin. Il y a, dit-il, cim|iiante ans, aux Etats-Tnis, les noirs ne comptaient que 9 "/<> sacliant lire et écrire et, en 1906, on en comptait au moins 50 "/„, |)lus trois mille ayant fait des études supérieures. Il est adversaire de l'aire donner l'instruction en Europe, sauf pour les nK'decins et chirurgiens. Nous pensons, pour les motifs qu'il expose, qu'il a grandement raison. Il estime aussi ipie pendant nombre d'îinnéi'S le noir ne tloit pas as|»irer à des positions supérieures. Les professions de cultivateur surtout, artisan, infirmiei', sous-ofTicier, commis voyageur, petit bouticpiier cl autres analogues sont celles qui lui conviennent et |ioui' lesquelles on doit spécialement le dresser. Il cite (|u'aux Etats-Unis hs noirs, allranchis
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depuis 1865 souleincnl, posséda ieiil, en 1!)06, plus d(; .soi\;inte-dix mille fcniics et cinq mille éiaMissenients de commerce, j)liis des banques, de^ compagnies d'assurances, des sociétés coopératives, etc., etc.
Les élèves des écoles doivcnl prodiiii'e eux-mêmes les cullures nécessaires à leur enlrelien^ s'occupei- du ménage et laiir, en un mot, tous les menus Iravaux de l'école. Au début, pour encourager les parents à envoyer leui-s enfants à l'école, on pourrait leur taire (|iir.lques petits cadeaux utiles.
L'auteur expli(|ue d'une façon ti-ès intéressante, et en détail, les tliverses connaissances et pratiques corj)orelles à incul(|uer aux eid';ints, l'éducation moi'ale à leiu" donner, les vêtements les plus appro|)riés à leur condition, etc.; en un mot, aucun détail pratique ne l(M échappe et les étiucateurs trouveront dans son livre un aperçu détaillé et sûr de tout ce ([u'il convient de faire poiu' l'instruction el l'éducation des eidnnls noirs.
Les chefs territoriaux ont à veiller aussi à ce que lem- personnel entretienne de bonnes relations avec les Eui'opéens commerçant dans leur région. Le commerce stable est, en ellet, imiispensable à la prospérit('' de la colonie et il est nécessaire fiu'on lui accorde tous les services et l'appui désirable, sans favoritisme particulier. En un mot, les chefs s'insiiireront de ce principe, que leur mission corn- [tortc une bienveillance égale à l'égard des i('sidents européens et (ks populations intligènes.
Le recrutement judicieux du p(;i-sonnel colonial préoccii|)e à bon droit l'auteur, car c'est de son tact, de su fermeté, de son intelligence et de son initiative^ qu'il faut attendre le succès de l'éducation pratique des indigènes.
Avec raison, et le passé en est une |)reuve convaincante, il préconise pour l'emploi de chef territorial, les otïiciers de notre armée, à qui l'on dormeraif une connaissance préalable et complète du programme gouvernemental en matière d'éducation pratique. II explique comment la Bejgiquc pourrait grandement aider sa colonie, en prévoyant dans ses cadres un certain nombre d'ofïiciers en trop, qu'elle mettrait à la dis|)osition du Ministre des colonies. Il préconise, en outre^ la création d'un corps colonial spécial, tel que cela se fait en Hollande et en Angleterre. Il indique comment on pourrait organiser le roulement de ces otïiciers entre eux ])Our pourvoir aux vacances venant à se produire et estime que du chef de celte mise
à la disposition^de la colonie d'une pai-tie de ses officiers, la Belgique aurait à supporter pendant un certain nonil)re d'années une dépense maximum de 2 millions par an.
Il propose enfin l'octroi de récompenses, croix ou médailles, auxquelles serait attribuée une pension fixe, annuelle et viagère, dont le taux varierait d'aj)rès la classe de croix ou médaille.
Il voudrait voir créer dans les athénées et universités des cours coloniaux théoriques et pratiques, où les futurs coloniaux pourraient puiser les connaissances-dont ils auront besoin plus tard. Il insiste tout particulièrement sur les cours de langue congolaise et serait d'avis de ne plus l'éengager tout agent qui, après un premier séjour, ne saurait pas s'exprimer couramment dans la langue du pays.
Les agronomes adjoints à recruter |)armi les fils de fermier, paysan, jardinier, etc., ne devraient pas être des ingénieurs agricoles, mais devraient recevoir, tant en Europe qu'en Afrique, une instruction pratique complète des cultures qu'ils doivent enseigner aux noirs.
A son avis, les fonctionnaires de l'administration centrale devraient, jusqu'au grade de directeur au moins, avoir fait partie du personnel d'Afrique. En outre, des missions devraient être envoyées dans les colonies voisines pour y étudier les dispositions administratives, industrielles, agricoles, etc., dont l'application serait désirable au Congo.
Il termine ce chapitre en faisant un tableau aussi enchanteur que poétique de la vie africaine et indique le genre de vie à suivre pour se protéger des maladies. "Il demande à notre robuste et courageuse jeunesse, qui a j)U acquérir au cours des événements inoubliables (jue nous venons de traverser de solides qualités d'énergie et d'endurance, d'aborder avec confiance la belle carrière coloniale qui s'ouvre devant elle et d'imiter ses aines. Il cite les noms des principaux pionniers du début de l'œuvre africaine et il leur rend un hommage bien mérité pour la tâche grandiose qu'ils ont accomplie. "
ClIAFlTRIi: IV Des Terres vacantes
L'auteur signale qu'il aborde celle queslion, jadis si conlroversée, mais qui n'est plus d'actualité^ afin de montrer combien elle peut être utile à l'émancipation de la race noire. Il admel avec beaucoup de monde que les terres vacantes du Congo belge doivent appartenir, au moins provisoirement, à l'ï^tat, qui personnifie les intérêts généraux du pays et qui mieux que les occupants actuels, saura les faire fructifier pour le bien de tous. Celte possession lui crée en retour, à l'égard des populations indigènes, des devoirs impérieux de diverses natures ([u'il fait ressorlir dans les dilTérents chapitres de son livre.
L'indigène doit, nu même lilre (|ue ses ancêtres, avoir la jouissance des terres inoccupées, c'est-à-dire pouvoir comme eux s'y livrer à la chasse, récolter les fruits des bois, couper les matériaux divers nécessaires à ses besoins, enlever les herbes servant à la fabrication du sel, cueillir les régimes des palmiers, récolter le caoutchouc, etc., etc.
Toutefois, comme l'indigène détruit et ne produit pas, une réglementation s'impose, car noire colonie ne possède actuellement que des richesses spontanées, et comme nulle part l'indigène ne replante, les régions s'appauvrissent. Il en est ainsi notamment pour les lianes à caoutchouc, détruites par des saignées répétées, et le palmier élais, dont l'auteur a remarqué des milliers de fûts desséchés ou abattus par les indigènes amateurs de choux-palmistes ou de vin de palme. Qu'arrivera-t-il si des lois sages et protectrices ne défendent pas l'indigène contre lui-même et contre les sollicitations nombreuses et répétées dont il est l'objet? Il est aisé de le prévoir et l'auteur en
parlera plus s|)(''cialeiiienl dans le cliapilre llégimc économique, Commerce.
L'auteur fait l'emai'qnei' une des beautés de l'administration ([ui servit au Congo^ comme partout ailleurs, à propos d'une circulaire du Gouverneiu' géiiéi'al; dans celle circulaire, très bien conçue du reste, on exige (|ue pour tlisposer des parcelles de lisrres vacantes, dont il a besoin pour ses cidiures vivrières, l'indigène adresse une demande pi'éalable aux autorités. La pluj)aii du temps, l'inWigéne ignore qu'il doit l'emplir celte Ibi-malité et là où il n'y aura pas d'autorités à proximité, il ne pourra donc cultiver une parcelle de terre pour ses i^esoins. Il est évident que l'indigène devrait jiouvoir cultiver ce dont il a besoin, sans demander aucune autorisation et ce n'est que bien plus tai'd^ (piand le pays sera com|)lètement occupé et les services administratifs, y compris celui du cadastre, suffisamment établis, que l'on pourra songera ces formalit(''S.
L'auteur suggère ipie l'on pom-rait alors tlolei'chaipie communauté indigène d'une superficie de terres en rap|)ort avec la population, à répartir entre les diverses familles du village, de façon à lui permettre de subvenir non seulement et largement à sa subsistance, mais encore à se livrer à la culture de produits commerçables. Ces terres ne pourraient ("tre vendues et, en cas d'extinction île la famille, feraient retour à la communauté. Le noir a depuis longtemps l'instinct de la propriété jirivée de la terre ou tout au moins des droits ipie -possède SU)' la l'écolte celui qui la cultive. Il vend son tabac, son manioc, etc., comme il vend son poisson^, sa poule^ son antilope. On devra cherclier à tiévelopper cette notion de la propriété, pour l'inciter à cultiver de plus en j)lus. En |)rincipe, l'auteur voudrait que tout clief ou notable, {possédant des esclaves, reçût à sa disposition autant d'hectares (pi'il possède d'esclaves emj)loyés à la culture. Tout homme libre marié recevrait 2 hectares pour lui et 2 pour sa femme. Tous en auraient la jouissance exclusive, tant (pi'ils les cultivent ou les font cultiver. D'un calcul au(jiiel l'auteur se livre, il résulte que même si la i)opulalion indigène supposée décuplait^ il resterait encore disponibles au Gouvernement, plus de 100 millions d'hectares.
Le noir ne devrait être qu'un jtropriétaire usager, car s'il possédait le droit de vente, il en abuserait, tout au moins tant que son éducation pratique ne sera pas sutfisamment développée.
Au point de vue de l'esclavage domestique, qid est actuellement
un hioii |K)ur la colonie, mais (|ii(' l'on (loi! i-lierclicr à laire (lis|iarailiT progressivciuenl par la lihi'c volonté des inléressés cl suivant les coutumes, l'atiteiir fait i-('mar(|nci' (|u'iine coutume indigène, en usage dans beaucouj) de tribus congolaises, permet au noir esclave de se racheter cl de devenir homme libre. Il a souvent vu d'anciens esclaves (|ui s'ctaienl rachetés et (|ui étaient devenus plus puissants qu* leur ancien luailre. Ce droit doit subsister et il convient nicnie de clicrclier à rinli-odiiirc dUns les (|ucl(|ues tribus où il n'existerait pas.
La culture des terres vacantes peut fournir'à Tesclave domestique un moyen de se libérer à l'égard de son ninitre. Ce droit doit être l'appelé aux populations par les chefs territoriaux, qui ont à veiller à ce qu'il soit maintenu.
Comme exemple à ce sujet, l'auteur prend le cas d'un notable possédant dix esclaves et qui recevra 10 hectares à cultiver. Ijnc fois planté, l'hectare n'exige |)our son entretien ou sa récolte (|u'une demi-journée de travail d'un seul homme ou d'une seule femme. En dehors de ce temjJS, l'esclave doit pouvoir cultiver un lo|)in de terre dont les produits lui appartiendront exclusivement. Il ne fera en cela qu'imiter beaucoup d'agents des chemins de fer helges qui, en dehors de leurs heures de service, cultivent pour eux des lopins de terre situés, en général, le long de la voie ferrée et t|ue l'administration met gratuitement à leur disposition.
En quelques années de travail, un esclave peut donc parvenir h se libérer. La valeur d'un esclave est variable suivant les contrées.
En inculquant |)ar l'éducation pratique ces idées à la population et en lui accordant les facilités désirables à cette lin, il est aisé de comprendre que, progressivement et sans à-cou[)S, on ari'ivera à supprimer l'esclavage domestique et à rendre tous les hommes libres.