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CHAPITRE - V

LA COLONISATION

Doit-elle être commerciale ou agricole. — ■ Les jardins d’essai. — Plantations dans la région du littoral. — Les cultures possibles. — Les grandes concessions. — Leur cahier des charges. — Nécessités de l’observer. — Conséquences du traité du 4 novembre 1911.

Avec la grande fertilité naturelle, qui est la caractéristique du sol du Congo, avec cette multiplicité d’aspects et de climats qui résulte de l’étendue même de son territoire, notre vaste colonie aurait pu rapidement acquérir, par l’organisation d’exploitations bien conduites, une définitive prospérité. Il semble non douteux que si, dès le début, on avait su organiser la colonisation, celle-ci aurait pris un rapide essor.

Nous l’avons montré, au début de ce volume, à côté d’incontestables qualités, nous commettons la faute, en matière de colonisation, d’abord de ne pas nous y préparer techniquement et ensuite de ne pas savoir, au moyen de groupements, d’asso-

dations, unir nos efforts et triompher desobstades. Si nous avions su apporter un esprit de cohésion dans les entreprises de la région du littoral, elles seraient rapidement devenues prospères. Mais là, comme partout, nous comptons sur l’intervention providentielle de l’État. Or elle ne s’est pas produite, ou du moins d’une façon tout à fait insuffisante, car là, comme pour le reste, les crédits étaient mesurés avec une trop rigoureuse parcimonie.

Cependant la colonisation ne s’improvise pas, ne s’invente pas ; il faut profiter de l’expérience des autres, d’abord, puis avoir dans la main ce qui est nécessaire pour commencer. Et, à cet égard, des indications précises sont indispensables. En colonie anglaise ou hollandaise, les colons s’unissent et créent, à frais communs, des stations expérimentales capables de les renseigner sur les méthodes à suivre. Nous avons suppléé à ce manque d’esprit d’initiative en organisant, dans chaque colonie, des jardins d’essai.

Ces établissements ont, sur bien des points, rendu les plus signalés services. Leur rôle consiste non pas, comme on se l’est figuré parfois, à former, en réunissant des spécimens de toutes les plantes utiles, de véritables jardins botaniques ; ceux-ci, sans en nier l’utilité, ne conduisent pas à des applications, à des utilisations assez immédiates. Le

Le Congo inécoimu.

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