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PRÉPARATION DU CACAO DANS UNE FACTORERIE DE LA COTE

LE CACAOYER EST UNE DES PLANTES d’aVENIR DE LA COLONIE.

LA COLONISATION

rôle du jardin d’essai est tout autre, et il consiste principalement à réunir seulement la série de végétaux dont la culture peut être utilement propagée et à les étudier au point de vue du rendement qu’ils peuvent donner dans la colonie. Pour arriver à ce but, chacune des plantes principales est cultivée sur un vaste carré où toutes les méthodes de fumure, de taille, de récolte, de préparation des produits, sont expérimentées. On est de la sorte, en mesure de fournir aux colons des indications précises qu’ils n’ont qu’à suivre pour arriver au succès ou pour éviter les échecs. Ils se trouvent ainsi méthodiquement guidés et n’ont qu’à appliquer les pratiques que des expériences, parfois longues et coûteuses, ont démontrées comme bonnes.

Mais le rôle utile de ces établissements ne se borne pas à ces seules indications. Ils aident d’une façon bien plus effective et plus efficace encore les débuts de toute entreprise coloniale. En effet, l’agriculture coloniale présente, dans ses applications, des particularités qu’il est nécessaire de connaître pour se rendre compte des difficultés qu’il faut vaincre au début. C’est ainsi que, si un agriculteur veut entreprendre dans la métropole, ou sous un climat similaire, telle culture que ce soit, il lui est toujours loisible de se procurer des semences et de propager, par ce moyen, la plante

nouvelle. Or il n’en est pas de même pour les cultures tropicales. Voudra-t-on se livrer à la culture du caféier, du théier, du cacaoyer, des arbres à caoutchouc, etc. ? Il ne suffira pas, contrairement à ce que l’on pourrait penser, d’emporter des graines de ces plantes Arrivées à destination, elles ne germeraient pas. Elles présentent en effet la particularité de perdre très vite, les unes en quelques semaines, les autres en quelques jours, leur faculté de germer. Dès lors, le colon qui voudra entreprendre ces cultures se heurtera dès le début à des difficultés matérielles presque insurmontables, ou tout au moins extraordinairement onéreuses à vaincre.

C’est une des raisons, et il y en a beaucoup d’autres du même genre, pour lesquelles il a fallu créer un organisme métropolitain réunissant entre eux tous les jardins d’essai des colonies : c’est le Jardin Colonial de Nogent-sur-Marne. Placé au centre de toutes les voies de communication du monde, il reçoit les semences qui arrivent, à bout de souffle, pourrait-on dire, les sème dans ses serres, les propage par le bouturage ou autres procédés, s’il y a lieu , et, au moyen de caisses vitrées très pratiques, véritables serres portatives contenant cent plantes, les expédie vers les jardins d’essai. Ceux-ci mettent les plantes en carrés de culture et, à leurtour, les propagent à des centaines ou à des milliers

LA COLONISATION

d’exemplaires, qui seront mis à la disposition des colons.

Ainsi, ceux-ci, voient-ils s’aplanir devant eux la première, c’est-à-dire la plus insurmontable des difficultés, celle de se procurer le point de départ de leur entreprise culturale Mais le jardin d’essai fait plus encore ; ce n’est pas quelques plantes qu’il va distribuer, ce sont des milliers, des dizaines ou des centaines de mille. Sait-on qu’en Afrique Occidentale, où il existe un service d '^agriculture très complet, on a ainsi propagé des millions de plantes à caoutchouc ? Ce n’est là qu’un exemple; il y en a beaucoup d’autres qui démontrent l’indispensabilité de cette organisation. Mais, là encore, faute de ressources, cette action est restée limitée et n’a pas donné tous les résultats qu’on était en droit d’en attendre.

L’admirable fertilité de la région littorale, l’uniformité d’un climat où la température comme la précipitation d’eau restent presque constantes, sans grands écarts, permettentd’entreprendre avec succès la culture des plantes les plus exigeantes. Parmi celles-ci, il faut citer le cacaoyer, qui ne peut venir que là où un sol très fertile est vivifié par un état hygrométrique constamment élevé et une très grande stabilité de la température. En face du Gabon, se trouve, à une faible distance de Libreville, l’île de San-Thomé, colonie portugaise, où

des fortunes considérables ont été réalisées par la culture du cacaoyer. Transportée dans la région littorale de notre colonie, cette plante a donné, dans certaines régions, des résultats remarquables. Elle pourrait, propagée dans toutes les parties où le sol est riche et profond, donner d’excellents rendements. Grâce aujardind’essai,les meilleures variétés ont été introduites et étudiées. Mais trop peu d’efforts ont été faits pour répandre cette utile culture. Un gouverneur de talent, M. Nouflard, prit l’intelligente initiative de faire faire des palabre<i, c’est-à-dire des sortes de conférences, pour démontrer aux indigènes tout l’intérêt qu’ils avaient à se livrer à cette production. Cette mesure donna des résultats utiles; malheureusement M. Nouflard fut bientôt, pour raison d’avancement, envoyé dans une autre colonie, et son initiative ne fut pas poursuivie.

On fît des essais de culture de vanille. Ce furent les missions cathohques qui se livrèrent à cette production. Elle leur donna des résultats très satisfaisants. Les produits se montrèrent de qualité excellente et pouvant rivaliser avec les premières marques. Mais rien ne fut fait pour propager cette culture, qui aurait pu assurer la richesse à ceux qui l’auraient entreprise. Dans des conditions peut-être moins favorables, elle a donné, aux Comores et dans la région est de Madagascar, les résultats les plus ines-

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