XIII
la consommation sans cesse croissante du coprah, le caféier, dont on rencontre partout certaines espèces à l’étal sauvage, etc.
Toutes ces cultures seraient rendues à peu près impossibles si l’on ne créait pas, au Congo, très rapidement, des voies de communication permettant, d’une part l’afflux des populations vers les terres mises en culture, d’autre part le transport des produits. Les rouies et, à plus forte raison, les chemins de fer sont les organes les plus indispensables à la colonisation. Ils ne doivent pas venir après elle ; il faut qu’ils la précèdent, car, seuls, ils rendent possible l’extension des cultures, le développement du commerce et la création des industries d’où découle la richesse des colonies. Ce qui s’est produit dans notre Guinée est, à cet égard, fort instructif. Dès que la « roule du Soudan » y fui créée par Ballay, la physionomie du pays se transforma. Les indigènes « trouvant une route facile, une sécurité comptète, la possibilité d’apporter leurs marchandises fusqu’aux factoreries de la côte, prirent vite, fait observer M. Dybowski, t’habitude de venir nous vendre teurs denrées et de s’approvisionner de nos marchandises y>. Dans un but de concurrence, les factoreries, de leur côté, se transportèrent au-devant des caravanes ; des établissements furent construits tout le long de cette route. Le chemin de fer naquit tout naturetlement
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PRÉFACE
de ces progrès économiques et, « avant même qu'il ne soit arrivé à son point terminus, les tronçons livrés à la circulation ont, dès la première année, donné un fort excédent de recettes ».
On sait que le chemin de fer de Dakar à Saint- Louis a été suivi de la création d’immenses cultures d’arachides sur les deux côtés de la route parcourue : « S’il coûte à 000 francs par kilomètre, il en rapporte 12 000. »
La construction des roules et des chemins de fer coûte, il est vrai, assez cher pour que les colonies jeunes et encore non exploitées, comme le Congo, ne puissent pas faire face elles-mêmes à la dépense qu’ils occasionnent ; mais, leur avenir économique étant assuré, il y aurait folie de la part de la métropole à ne point faire les avances nécessaires à leur créalion.
La France a juslement voulu diriger l’action pacifique de son peuple vers la colonisation ; elle a conquis, depuis trente ans, d’immenses territoires dans toutes les parlies du monde ; elle a maintenant le devoir de les mettre en valeur. Son génie n’est pas au-dessous de celle tâche, et les capitaux ne lui font pas défaut ; les colons ne manqueront pas non plus, si V Administration fait le nécessaire pour favoriser leurs entreprises. Le Gouvernement de la République ne faillira pas à son devoir. J.-L. de Lanessan.