Y XI
LA COLONISATION
pérés, et ceux qui l’ont entreprise ont réalisé en peu d’années de grosses fortunes. Aujourd’hui les colonies françaises tiennent la plus large place dans la production mondiale de la vanille. Le Congo aurait dû y avoir sa très grande part.
Dans toute la région littorale et jusque dans les sables du bord de la mer, le cocotier pousse avec une extraordinaire vigueur. Or le cocotier, c’est la plante d’avenir par excellence. Un arbre de six à sept ans produit déjà, et, à partir de ce moment, chaque année, il donnera au moins cinquante ou soixante noix, parfois près du double. Que coûte-t-il à cultiver ? Rien, ou à peu près. Or, ces noix ne valent jamais moins de 6 à 7 centimes et souvent plus. On compte donc que son revenu annuel est de 3 à 5 francs. On aurait dû en planter des millions, et on aurait constitué de ce fait une immense richesse d’avenir, car, au taux actuel, un pied de cocotier représente une valeur de 15 à 20 francs. Malgré la production énorme du coprah ou amande de coco sèche, laquelle atteint près de 700 000 tonnes, le prix de cette denrée va en augmentant sans cesse.
Notre colonie se prête admirablement à la culture du caféier, et nul n’en doutera quand nous rappellerons que l’on en rencontre partout à l’état sauvage et que plusieurs de ces espèces spontanées donnent un produit de très bonne qualité. Comme
on le sait, le café produit dans nos colonies n’entre pas cependant en franchise dans la métropole. Toutefois il est dégrevé de la moitié des droits et bénéficie de ce fait d’une prime de 0 fr. 76, qui représente déjà un encouragement intéressant pour sa production. On aurait dû tirer parti de cette situation doublement favorable et créer de vastes plantations, qui rapidement auraient donné un revenu élevé.
Le jardin d’essai avait, à un moment donné, préparé des plants de caféiers qu’il offrait aux planteurs pour leur épargner les pertes de temps du début et leur permettre de constituer, dès leur arrivée, leurs champs de culture. Mais, faute d’une publicité suffisante, ces faits sont restés ignorés, et nul n’est venu tirer profit de ces dispositions.
Chez nous, la publicité coloniale est tout à fait insuffisante. Le monde colonial vit trop retiré chez lui. Il fait bande à part ; il ne se soucie pas assez de tenir l’opinion publique au courant de ce qui se passe aux colonies. Aucun quotidien ne parle de nos possessions lointaines, si ce n’est pour signaler quelques faits d’armes, quelques événements politiques ou des nominations d’agents de tout grade. Voyez ce qui se fait à Londres. Sur les voies principales, des boutiques luxueusement installées montrent les produits de telle ou telle colonie, sur laquelle elles distribuent à profusion
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des brochures, très bien faites, et largement illustrées. Partout des conférences sont organisées ; elles sont accompagnées de nombreuses projections photographiques, qui montrent la réalité des faits et renseignent le public sur l’aspect de contrées qu’il doit connaître et vers lesquelles, rapidement, tout un courant d’émigration s’établit.
Dira-t-on que chez nous on manque d’individus voulant se rendre dans les colonies ? Ce serait une erreur, car si, comme nous l’avons dit, faute d’être mieux renseignés, ceux qui possèdent hésitent à y placer leurs capitaux et surtout à y aller, par contre, dans la classe des déshérités, on trouvera toujours plus de candidats qu’il n’y aura de places à offrir. Il n’est pas une société coloniale qui ne possède de volumineux dossiers de candidats aux emplois dont elle pourrait disposer. Mais aux colonies moins que nulle part ailleurs on ne peut rien entreprendre sans capitaux. Il ne faut, à aucun prix, recommencer l’épreuve de la colonisation en Nouvelle-Calédonie, dont nous avons parlé, et croire que l’on arrivera à un résultat quelconque avec les colons-épaves. C’est là une erreur qu’il faut détruire.
Ce qu’il faut, c’est de bonne heure faire pénétrer ans les jeunes cerveaux des notions exactes, précises, sur ce que sont nos colonies. Sans amplification aucune, avec une précision absolue et une
sincérité complète, il faudrait montrer les faits tels qu’ils sont. On ouvrirait ainsi un horizon nouveau. Et parmi tous ceux, et ils sont nombreux, qui ne savent de quelle côté diriger leur activité, il s’en trouverait qui s’en iraient la porter au loin avec leurs capitaux et en tireraient une large et juste rémunération.
Ce que l’on sait généralement le plus chez nous, ce sont les échecs plus ou moins retentissants de telle ou telle entreprise. On ignore les succès, car ceux qui ont triomphé ne vont pas clamer partout leur réussite. Si bien qu’il ne reste qu’une impression générale défavorable, qui rend l’opinion publique fort méfiante, sitôt qu’on lui présente une affaire nouvelle.
Que sait-on chez nous des choses coloniales ? Quel enseignement en donne-t-on à la jeunesse? Aucun, car même la part qui leur est faite dans l’étude de la géographie est tout à fait insuffisante. Et, au surplus, où donc ces professeurs euxmêmes auraient-ils puisé des notions précises, puisque nulle part on ne les leur a fournies ? Il existe bien une École Coloniale ; l’enseignement y est très complet, et elle donne des résultats remarquables, mais uniquement en vue de former des fonctionnaires. Certes, c’est déjà beaucoup que nos colonies soient bien administrées, et elles le sont surtout depuis que le recrutement ne se fait plus
UN BATIMENT d’aDMINISTRATION A LIBREVILLE.
PLANTATION DE CACAO DANS l’oGOOUÉ.
Le Congo niéconmi.
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comme celui des colons, c’est-à-dire au hasard, mais par le passage à l’École Coloniale. Ce que l’on a fait pour les fonctionnaires, il faudrait le faire pour le colon. Mais, ne nous le dissimulons pas, la tâche est là bien plus difficile. Quand il s’agit d’un administrateur, l’État le prend en tutelle; il se charge de lui, il lui assure une carrière qui sera plus ou moins brillante, n’importe, il a, comme on dit, « le pain assuré ». Eh oui, et il s’en contente souvent, au lieu d’avoir à faire acte d’initiative et de tenter la fortune par ses propres forces.
Ce qu’il faudrait, c’est répandre dans le public des notions précises qui montrent aux parents d’abord et qui sèment dans les jeunes cerveaux ensuite, des idées exactes sur ce que sont nos colonies, car on ne les connaît pas. Les uns les voient comme des lieux de pestilence et de mort et n’y vont que comme vers le suicide. D’autres les considèrent comme des eldorados où tout vient sans peine, où l’on peut puiser à pleine main sans travail, sans culture. Tous entourent cette vie nouvelle d’imprévu, de mystère, ou même de roman.
Il faudrait, et c’est là un devoir impérieux, qu s’impose, montrer nos colonies telles qu’elles sont réellement. Et certes il n’est pas besoin de les entourer de mystère et de rêves; elles sont assez belles
assez pleines de promesses pour mériter de retenir l’attention. Pour y arriver, ce ne sont pas des enseignements dans des milieux qui déjà sont spécialisés qu’il faudrait faire, mais bien là, au contraire, où l’idée coloniale n’a pas pénétré encore, de façon à renseigner l’opinion publique. Nous voudrions voir de semblables conférences accompagnées de vues cinématographiques prises dans les colonies et montrant non pas des scènes fantastiques et plus ou moins truquées, mais des réalités. A mesure qu’un chemin de fer se construit, qu’un port s’ouvre à la navigation, qu’un centre nouveau d’activité naît, qu’une plantation, qu’une usine entre en travail, on en prendrait des vues cinématographiques que l’on montrerait à un public qui viendrait, nombreux, les contempler et qui, en même temps, apprendrait de la bouche de conférenciers coloniaux, c’est-à-dire ayant vu ces choses, ce que sont nos colonies et quel avenir peut être réservé à ceux qui y vont.
Ce serait déjà un très grand pas de fait vers la mise en valeur de nos possessions lointaines. Partout où elles ont été faites, ces leçons ont porté leurs fruits. On a, à l’Institut National Agronomique, créé une chaire d’études économiques de nos colonies. Combien n’a-t-elle pas fait naître de vocations et, de plus, elle a rendu l’utile service de montrer à tous ces jeunes agronomes que l’agriculture ne
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s’arrête pas aux frontières de la métropole et que celle de là-bas, des régions chaudes, est la grande réserve d’avenir. Et nombreux sont ceux qui, indirectement au moins, se sont ainsi intéressés aux choses coloniales.
Puis l’École supérieure d’Agriculture Coloniale s’est créée, et, chaque année, elle façonne de futurs directeurs d’exploitation, qui ont à peine terminé leurs études qu’ils sont pris déjà par la vie coloniale. Ces exemples montrent tout ce que l’on pourrait faire dans ce sens. Il faudrait maintenant que cet enseignement pénètre dans nos écoles de commerce et surtout dans l’enseignement de ceux qui sont chargés d’instruire la jeunesse. On donne bien, à l’école primaire, des notions sur la culture du blé et de la betterave, pourquoi ne dit-on pas aux enfants ce que sont nos colonies?
Combien peut-être seraient tentés par tout ce que cette vie a de nouveau et d’imprévu et arriveraient ainsi, sans s’en douter, à faire plus tard oeuvre utile au lieu de traîner une existence misérable et déclassée, A être ainsi triturées, les idées deviendraient plus précises. On se rendrait un compte plus exact de ce qu’il faut faire de nos possessions, de ce qu’elles peuvent nous donner et aussi de ce qu’on leur doit. Car il est tout un courant d’opinion qui veut que les colonies nous doivent tout et qu’il n’y ait pas, pour cela, la moindre
réciprocité. Tout notre régime douanier semble basé sur ce principe, et nous sommes loin des règles admises par l’Assemblée Constituante, qui, le 28 juin 1791, adoptait le principe suivant :« Le commerce colonial doit être considéré comme une affaire de famille et comme s’il était fait entre deux régions d’un même pays. »
C’était là le vrai et le sage principe, car il est extraordinaire de songer qu’à l’heure actuelle, où nous accordons si facilement et si largement aussi, une protection douanière pour toutes les productions métropolitaines, nous refusons cette même protection à ceux de nos nationaux qui s’en vont porter leur activité et leurs capitaux dans les colonies. Lorsque nos agriculteurs métropolitains ont trouvé des difficultés pour vendre leur blé, parce que les produits étrangers leur faisaient une concurrence trop grande, on n’a pas hésité à hausser les tarifs douaniers pour les mettre à l’abri de cette concurrence. N’en est-il pas ainsi, d’aileurs, pour toutes nos industries ? Les consommateurs payent plus cher, mais les producteurs s’enrichissent plus vite, et la vie devient chaque jour plus chère et plus difficile.
Ce système de protection outrancière s’applique également aux colonies, mais en sens inverse. Il est utile d’en faire voir le mécanisme. Au Congo, il y a peu d’années, jusque dans la région de la côte,
Le (](>ngü mécontm.
l’I. Pufre
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et aujourd’hui encore dans toutes les parties éloignées, on payait à l’aide de marchandises-monnaie, comme nous l’avons dit : ici, ce sont des perles, ailleurs des pièces d’étoffes ou des barrettes de cuivre, etc.... Le trafiquant doit donc chercher à payer ces matières premières le meilleur marché possible, mais la protection douanière l’oblige à prendre des marchandises d’origine nationale. Rien n’est plu^ juste, et personne ne peut avoir à redire contre ce système, car les colonies doivent servir à l’écoulement des produits manufacturés de la métropole. Mais dans ces conditions ne semble-t-il pas absolument logique que la colonie puisse, à son tour, bénéficier de réciprocité ? Il n’en est rien cependant. Quand le colon, après avoirpayésa maind’œuvre relativement cher, car il l’a soldée avec des marchandises qu’il a acquises à un prix élevé, — puisqu’il ne lui était pas loisible de prendre des cotonnades anglaises ou des articles allemands, — quand donc il veut ensuite importer son cacao ou son café, il se heurte à cette même douane, qui lui réclamera la moitié du tarif appliqué à ces denrées venant de l’étranger. Certes, c’est déjà un privilège, mais en regard des charges qui lui sont imposées et des risques de toutes natures qu’il coure, il devrait logiquement bénéficier des mêmes avantages que ceux qui sont accordés aux produits métropolitains à leur entrée dans les colonies, et,
SOUS l’influence de cet encouragement on verrait la colonisation prendre un plus rapide développement.
A tout prix l’on devrait favoriser la colonisation agricole. Elle seule, au Congo, plus encore que partout ailleurs, est de nature à enrichir définitivement la colonie. Jusqu’à présent, seule la colonisation commerciale y a été pratiquée. Or, il faut le déclarer bien net, quand elle ne repose pas sur l’exploitation des produits fournis par la culture, au lieu d’enrichir la colonie, elle l’appauvrit nécessairement.
Trop souvent on a dit, et nous l’avons entendu affirmer, que notre rôle était de prendre tout ce que la nature avait accumulé dans les forêts et qui constituait la juste rémunération des efforts faits pour la conquête du territoire. Il est à peine besoin de discuter l’erreur, nous allions dire l’immoralité d’un semblable système. La France, en soumettant ces territoires à son influence, n’a pas entendu les dépouiller de leurs richesses naturelles. Elle s’est donné un tout autre rôle, celui d’amener les peuplades sauvages aux bénéfices de la civilisation et aussi, ce qui est justice, de donner à ses nationaux une rémunération rationnelle de leurs efforts. Certes, les richesses que décèlent les forêts, le sol ou le sous-sol, doivent leur appartenir, mais à la condition expresse que l’on
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n’épuise pas inconsidérément les réserves d’avenir, ou bien qu’on les compense par la création d’autres ressources.
Or quiconque se contente de faire l’exploitation commerciale des produits naturelles appauvrit nécessairement la colonie en la dépouillant des réserves accumulées, d’autant plus que l’on prend toujours sans mesures ni réserves ce qui n’a rien coûté à produire, et c’est ainsi cependant que, au cours de toute la première période, les territoires du Congo ont été exploités. On s’est contenté de saigner les plantes à caoutchouc pour en prendre la sève et de tuer les éléphants pour s’emparer de leur ivoire. Ce n’est pas là faire œuvre de colonisation.
Le commerçant qui vient dans une région pour en exploiter les richesses naturelles se contentera d’installations précaires et provisoires. Il se déplacera sans cesse, cherchant les parties les plus fertiles pour les dépouiller de leurs produits. Il ne construit pas, il ne fonde pas d’établissements définitifs ; il passe, et derrière lui ce n’est pas la traînée lumineuse du progrès et de la civilisation, mais l’appauvrissement et souvent la désolation et la ruine.
Nous les avons parcourues, ces régions commercialement exploitées, et là où, dix ans avant, les forêts étaient pleines encore de lianes à caout-
chouc, élément principal de convoitise, on ne trouvait plus que des espaces vidés de tous leurs éléments utiles.
Tout autre est le rôle de la culture. Pour mettre le sol en valeur, il faut déboiser cependant, car seules les terres les plus fertiles doivent être exploitées au début. Mais, à la place de cette forêt qui a fertilisé le sol et l’a préparé à la production, le colon fera jaillir une source nouvelle de richesse, qui y était latente et insoupçonnée. Les produits qu’il fera naître alimenteront les chemins de fer et les ports. Les lignes de bateaux auront désormais motif pour y faire escale, car elles y trouveront des éléments d’activité, et, emportant dans leurs flancs, vers la métropole, toutes ces récoltes, elles en rapporteront des produits que nos manufactures auront transformés et qui constitueront les bases d’une prospérité grandissante.
Les installations que le colon cultivateur aura établies seront non pas provisoires, mais définitives. Il aura créé une valeur. Cette plantation représentera chaque jour une richesse plus grande, et le jour où, après fortune faite, il lui plaira de venir jouir au pays natal de son bien, si utilement, si noblement amassé, il lui sera aisé de trouver acquéreur de son domaine. Aujourd’hui, les plantations sérieuses, bien établies, en pleine
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prospérité, constituent des valeurs recherchées. On vend un domaine au nombre de pieds d’arbres utiles qu’il contient, et ehacun d’eux a un prix coté : un cacaoyer vaut 5 francs ; un arbre à caoutchouc, 10 ; un cocotier, 15 à 20 francs, et il est des régions entières qui, hier encore, étaient sans valeur et qui, aujourd’hui, sont les sources d’inestimables richesses.
Puis la culture a une inappréciable inflimnce civilisatrice. L’indigène qui s’y adonne renonce à la vie nomade et prend en même temps une notion plus exacte des réserves d’avenir qu’il se constitue. Avec les plantes qu’il cultive germe en lui la première notion de la propriété et du patrimoine familial. Il se groupe autour du toit du planteur, qui n’est plus le maître de l’esclave, mais le chef aimé de l’homme libre qui gagne sa vie, non plus par de hâtives et hasardeuses rapines, mais par de paisibles et d’honnêtes pratiques.
Aussi, par tous les moyens en son pouvoir, l’administration d’une colonie doit-elle s’attacher à développer la colonisation agricole. L’effort fait dans ce sens au Congo a été insuffisant. On n’a pas compris assez tout le rôle civilisateur de la mise en valeur du sol par la culture.
Il eût fallu accorder au colon cultivateur toutes les facilités, tous les encouragements. Il est le premier et le plus utile des collaborateurs d’une
administration qui comprend, dans toute son ampleur, la mission élevée qui lui est confiée.
Sous ce rapport, — il serait injuste de ne pas le reconnaître, — les missions catholiques ont eu la plus heureuse et la plus salutaire influence. Partout leurs jardins, leurs champs de culture peuvent être cités en exemple. C’est près de leurs missions que l’on trouve tous les spécimens les plus utiles des plantes cultivées. Elles ont introduit partout les plantes vivrières, grâce auxquelles l’alimentation se trouve améliorée et la santé moins précaire. En même temps, en groupant autour d’eux des jeunes noirs, les missionnaires leur ont appris deux choses indispensables pour aider aux progrès de notre civilisation : la culture du sol et la langue française. C’est grâce à eux si, dans tous les centres de notre Congo, on parle français.
La colonisation agricole, en ces terres fertiles, si on en avait divulgué les notions et si celles-ci étaien mieux connues chez nous, serait de nature à attirer d’abord, à fixer ensuite dans la colonie un nombre chaque jour croissant de gens intelligents et travailleurs, qui, ne sachant comment orienter leur activité, la portent vers les colonies étrangères. Celles-ci, grâce à une publicité admirablement organisée, attirent l’activité et les capitaux de ceux qui auraient bien plus de profits à les porter vers nos colonies, où, en servant
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leurs propres intérêts, ils serviraient en même temps ceux de la nation.
Il y a, dans toute cette région littorale du Congo, place pour toute une série d’entreprises agricoles. Les cultures que nous avons signalées : café, cacao, vanille, cocotiers, pourraient leur servir de base. Et, qu’on veuille bien le remarquer, un des faits qui distinguent nettement les entreprises commerciales des exploitations agricoles, c’est que, pour ces dernières, il n’est pas de concurrence. Tout au contraire, le groupement des plantations de même genre crée un courant. Une série de colons réunis en un point et se livrant tous à la même production trouveront bien plus de facilités de ravitaillement et de transport qu’un planteur isolé n’en pourrait réclamer. Et puis ils créeront ainsi la marque de leurs produits, ce qui, pour leur écoulement, en augmentera considérablement la valeur. Les bateaux feront facilement escale là où ils seront assurés d’un chargement important, alors qu’ils dédaignent de se déranger pour de faibles quantités. Des colons groupés en un point obtiendront encore, de l’administration, la création de routes, de services postaux ou télégraphiques, ce qui ne pourrait être accordé à une plantation isolée.
Toutes les difficultés sont pour ceux qui ont débuté les premiers. Nous n’en sommes plus là.
heureusement. Ce mouvement ne s’est pas accru avec toute la vitesse désirable, cela n’est pas douteux; il existe cependant une quarantaine de plantations, grandes ou petites, de cacaoyers. On exporte annuellement environ 100 tonnes de cacao, et l’on estime que l’ensemble des plantations existantes représente plus de 500000 pieds prêts à produire.
Il y aurait, pour ceux qui ont quelques capitaux, toute une série d’entreprises agricoles à organiser. Quiconque se présente dans la colonie obtient gratuitement un terrain dont il aura choisi l’emplacement ; on lui accordera ainsi, sans bourse délier, 1 000 ou 2 000 hectares. C’est déjà un très vaste domaine. Il y choisira le coin le plus propice pour s’y faire construire une case de colon, sur pilotis, très simple, mais bien aménagée. On y peut vivre très hygiéniquement ; une double cloison en planches, une véranda tout autour, un toit recouvert en tôles ondulées par-dessus lesquelles on mettra des feuilles de palmier, pour que ce revêtement protège contre l’ardeur du soleil, et l’on aura une habitation où l’on peut vivre à son aise. Un coin de forêt débroussé formera le jardin, où de suite seront semés les légumes qui pousseront vite et donneront, si on sait les cultiver, de bons résultats. En même temps, on fera ses pépinières de plantes
Lü Congo nirconnu.