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CHAPITRE XI

Habitants de la cote. — Villes et villages. — La vie. — Mariages. — Krowmeu. — Esclaves.

Surtout le littoral, et notamment clans les possessions portugaises, on rencontre les fils dégénérés des Ka-Kongo ou Kabindas, des Muchirongos, et des Ba-Kongos. Sans accepter entièrement la civilisation européenne, ils ont mêlé à leurs coutumes anciennes quelques-unes de celles des Portugais ; un grand nombre ont adopté la religion chrétienne, sans cependant abandonner les superstitions qui forment le fond de leurs croyances ; beaucoup aussi ont renoncé à la paresse et à l'indolence communes à tous les hommes de race noire. Ils travaillent, et, véritables Krowmen du sud, se louent comme marins, portefaix, laboureurs ; ils passent avec ceux qui les emploient des contrats pour un certain nombre d'années, et, le temps de leur engagement terminé, retournent dans leur village, rapportant toutes leurs économies, qu'ils s'empressent de dévorer en compagnie de leurs parents et de leurs amis.

Les Ba-Kongos sont généralement considérés comme la nation autrefois maîtresse de tous ces territoires ; c'est ce peuple qui jadis fonda le grand emdu Conpirego, qui existait encore il y a quatre cents

LE CÛXGO.

ans, et qui fut démembré en 1521 par deux invabions successives de Giaggas.

Aujourd'hui, réduite a quelques tribus, cette peuplade habite près de la côte, autour de San-Salvador, sa capitale, où règne toujours un roi du Congo. Sans réaliser le type pur du Bantou, ils ont cependant conservé quelques-uns de leurs caractères propres, au point de vue physique, notamment la barbe. S'ils sont, malgré leur contact avec les Européens, aussi peu vêtus que leurs congénères de l'intérieur, ils semblent avoir renoncé aux ornements dont s'affublent ces derniers; ils sont rarement tatoués, ou couturés de cicatrices; seuls, quelques-uns ont conserve l'habitude de se limer les deux incisives de la mâchoire supérieure.

Ils sont généralement doux et pacifiques, semblent avoir une horreur profonde pour toute effusion de sang, à moins cependant qu'ils ne soient accusés de sorcellerie ou qu'ils se croient victimes d'un maléfice: dans ce cas, leur colère ne connaît plus de bornes, et ils sont capables de se livrer à toutes les cruautés et à tous les excès.

Ce n'est véritablement qu'à partir de Stanley-Pool, en remontant le Congo, qu'on retrouve les mœurs et les coutumes des indigènes, c'est-à-dire, sur la rive gauche, chezlesBa-sundi, les Ba-wende, les Wabuno, et sur la rive droite, chez les Batékés.

Quoiqu'elles fassent partie d'une seule et même famille, il n'existe aucun lien, aucune cohésion entre ces peuplades : leurs mœurs, sont à peu de

chose près, les mômes ; leurs intérêts sont commims; elles parlent une même langue, et cependant elles sont tellement desunies que, la plupart du temps, elles se font la guerre, se pillent entre elles et s'enlèvent mutuellement des hommes pour en faire des esclaves.

Une multitude de rois, ayant sous leurs ordres des chefs, ou d'autres rois tributaires, gouvernent les nombreuses tribus; c'est une pâle copie de la féodalité, avec cette différence toutefois que le souverain ne rencontre pas toujours chez ses sujets l'obéissance désirable. En tout cas, c'est l'autocratie, le gouvernement du bon plaisir dans toute son étendue. N'ayant ni constitution, ni lois écrites, les indigènes n'obéissent qu'au roi, au féticheur ou sorcier, qui personnifie l'idée religieuse, ou à la coutume; afin d'augmenter sa puissance, le souverain s'appuie d'ordinaire sur la religion en la personne de son représentant, le féticheur.

Néanmoins , le pouvoir de ces noirs despotes est souvent tempéré par les assemblées des hommes de la tribu ; c'est le palabre, sorte de grand conseil où sont conviés les chefs et les principaux habitants de tous les villages environnants, chargés de régler les grandes questions de l'État. Il est vrai de dire que là encore le féticheur joue un grand rôle et que, grâce aux augures, grâce à l'influence qu'il possède, il fait à peu près décider ce qu'il veut ; or, il est tou- .jours l'instrument du despotisme royal.

Les grandes agglomérations de peuple n'existent [pas; les villages ne contiennent qu'un nombre res-

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