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CHAPITRE XIV

Climat — Productions du sol. — Animaux

Etant donnée l'étendue considérable de la région du Congo, on comprendra que le climat présente, suivant les latitudes, différents degrés de température et de salubrité. Cependant, on peut dire qu'en général, il est moins malsain que celui du bassin du Niger ou de la Côte-d'Or, par exemple.

L'absence presque complète de terrains bas et marécageux, sur les rives du Congo, est sans doute la cause du moins de violence des fièvres ; c'est aux brises venant de l'Océan Atlantique qu'il faut attribuer la fraîcheur relative qui règne dans certaines contrées.

Près de l'embouchure du fleuve, entre Boma et la mer, s'étend une région marécageuse plantée de palétuviers, qui mérite absolument sa réputation de pays malsains;mais,à mesure quel'on remonte lecours du Congo et que l'on s'avance dans l'intérieur, où le terrain va toujours s'exhaussant, le climat devient sain et la chaleur tolérable. Une des causes de salubrité de cette région est assurément due à la qualité de l'eau : non pas celle du Congo, qui a une odeur et un goût désagréables , mais celle des innombrables petits cours d'eau qui sillonnent toute la C3:itrée, se dirigeant vers le fleuve. Outre la dyssenterie, la maladie

lapins terrible de ces pays est la fièvre bilieuse, que les Portugais appellent la febre perniciosa.

Le grand fléau dans toute cette région voisine de l'équateur, etceluiqui fait le plus de victimes, c'est l'insolation. Dans ces pays tropicaux, où le soleil darde presque d'aplomb ses rayons embrasés , la moindre imprudence peut amener la mort, et la mort immédiate. Ce qui, en Europe, ne serait qu'une simple imprudence, devient sous l'équateur un danger mortel. Un excès de boire ou de manger , par exemple, au lieu de provoquer, comme sous notre ciel, une vulgaire indigestion, peut déterminer un accès de fièvre bilieuse ; dans ce cas, trop souvent, le dénouement ne se fait pas attendre.

Il est cependant possible de bien se porter, sous ce climat réputé meurtrier : il suffît pour cela de prendre certaines précautions, et^ surtout, d'user de tout avec modération, de s'abstenir autant que possible d'alcools, de se vêtir chaudement, de bien se couvrir la nuit. Dans ces conditions, un homme peut parfaitement supporter le climat du Congo.

Le grand danger de tous ces pays vient de l'humidité; même pendant la saison sèche, l'air est saturé de brouillards, semblables à des nuages flottant très bas, qui déposent partout comme une abondante rosée. C'est le « cacimbo » des Portugais, et les « fuméeo » des côtes de Guinée.

La durée de la saison pluvieuse augmente à mesure que Ton s'éloigne des côtes de l'Océan; près de l'embouchure du Congo, il pleut pendant quatre

mois: novembre, décembre, février et mars, coupes par quelques Jours de sécheresse pendant le mois do janvier. A Stanley-Pool, les pluies commencent en octobre et durent jusque vers le 20 mai, sans arrêt en janvier ; c'est 8 mois de saison pluvieuse. Plus près de 1 equatcur encore, on peut dire que les averses sont journalières.

La saison sèche, qui est aussi l'époque des chaleurs torrides, est peut-être la plus dure à supporter, aussi bien pour les plantes que pour les arbres. A peine les pluies ont-elles cessé depuis un mois, que le sol se crevasse, la luxuriante végétation se fane, les feuilles si vertes et si belles perdent leur couleur et jonchent le sol; les hautes herbes, hier encore humides et fraîches, s'inclinent vers la terre, brûlées et desséchées. C'est ce moment que les indigènes choisissent pour défricher, c'est-à-dire pour incendier des plaines immenses.

L'époque la plus agréable est assurément celle où tombent les premières averses: c'est comme le printemps de ces régions. La nature entière semble revivre ; le sol calciné perd sa teinte grisâtre ; les jeunes pousses se forment et croissent presque à vue d'œil, et, en quelques jours, la végétation reprend toute sa vigueur et son étonnante puissance, émaillant de fleurs aux tons les plus brillants ces mêmes buissons qui, hier encore^ semblaient composés de brindilles mortes et desséchées.

Faut-il s'étonner que, dans ces conditions climatériques, on rencontre au Congo toutes les plantes dont

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