COUSA
Un fier envahisseur, Illinois d'origine,
A la tête des siens, de la côte voisine,
S'élança comme un tigre aux portes du Congrès.
Sans autre avis de guerre, en temps de pleine paix,
Le barbare inconnu venait faire le siège
De notre parlement, qui tomba dans le piège.
L'indigne usurpateur, par ce pur accident,
Fut ainsi du Congrès le second président.
Il prit de suite en mains les rênes du royaume
Sous le nom de Cousa, volé comme son tronc.
Dents Manches, large front, plus que brun, presque noir, Œil fuyant, nez cassé, l'Illinois laissait voir A sa démarche altière, aux traits de sa figure, l'u air d'indépendante et nomade nature.
Cependant, soyons juste, il fut sage et prudent, Bon administrateur, généreux, opulent.
Il faisait, au château, les honneurs de sa table Avec profusion, en Crésus véritable.
Eu lui-même ourdissant de sinistres projets, En public il ravit l'amour de ses sujets, Tant il feignit l'honneur, tant il usa d'adresse, Tant il sut imiter la vertu, par souplesse. Noble aux regards, dans l'ombre il masquait ses défauts ; Le peuple ignore encor ses méfaits principaux.
Un seul fait nous le prouve. Amateur de la pêche, Lorsque le droit public le prohibe et l'empêche, Il s'évade, la nuit, s'enfonce dans les bois, Enfreint, lui Président, la défense des lois ? Au livre de police — article contrebande — On lit : " Cotisa frappé de vingt^piastres d'amende." Président du Congrès, il entra comme il sort : Par un crime il régna I pour un crime il est mort !
TOURLOGNON
Tourlognon du Corbeau monte à la présidence. C'est du dernieT Congrès la dernière séance. Petit roi de la Miche, il arrive au pouvoir Quand le Congrès chancelle et penche vers le soir. Pourtant jamais la paix n'avait été troublée,
Et nul choc intestin, en la docte assemblée
Mais le Chauvre émigrait des pays du grand nord ; Evénement fatal ! ce fut un coup de mort ! C'est pourquoi Tourlognon, cette étoile brillante, Fut, par la circonstance, une étoile filante.
Partout où le Congrès devra se réunir, De son royal accueil il aura souvenir.
Les princes dispersés, permettez que je grave
Les traits les plus saillants des membres du eonelare.
PATKIZZI
Adieu ! vieillard auguste ! accepte nos regrets,. Clément de Patrizzi, grand doyen du Congrès, Le Congrès a sombré ! Le juste patriarche Evita le naufrage et fut sauvé dans l'arche. Des études, du culte, habile directeur, De nos travaux publics il était l'inspecteur. Comme un ange gardien le Congrès le vénère, Et sut toujours priser son noble caractère. De l'antique noblesse il était descendant ; Noblesse oblige : il sut maintenir son haut rang ï Le règne de Clément fut celui du roi sage • Il abdique et retient la royauté de l'âge ? L'âge et la dignité finiront en ce lieu ; Jusqu'à l'âge éternel, digne vieillard, adieu l