‹ Le congrès de Vienne dans ses rapports: avec la circonscription actuelle deChapitre 12 sur 34 · U LB C0N6RÉS DE T1SMNB · texte numérisé non relu

U LB C0N6RÉS DE T1SMNB

reox événement vint à éclater de nouveau, à concerter entre elles et Sa Majesté Très-Chrétienne les mesures qu'elles jugeront nécessaires pour la sûreté de leurs États respectifs et pour la tranquillité générale de TËurope.

u AaT. m. £n convenant avec Sa Majesté Très- Chrétienne de faire occuper pendant un certain nombre d'années, par un corps de troupes alliées, une ligne de positions militaires en France , les hautes parties contractantes ont eu en vue d'assurer, autant qu'il est en leur pouvoir, Teffet des stipulations des art. 1 et â du présent traité ; et constamment disposées à adopter toute mesure salutaire propre à assurer la tranquillité en Europe par le maintien de Tordre établi en France , elles s'engagent, dans le cas où ledit corps d'armée serait attaqué ou menacé d'une attaque de la part de la France, comme dans celui que les puissances fussent obligées de se remettre en état de guerre contre elle, pour maintenir l'une ou l'autre des autres stipulations, ou pour assurer et soutenir les grands intérêts auxquels elles se rapportent, à fournir sans délai , d'après les stipulations du traité de Chaumont, et notamment d'après les art. 7 et 8 de ce traité , en sus des forces qu'elles laissent en France , chacune son plein contingent de soixante mille hommes, ou telle partie de ce contingent que l'on voudra mettre en activité, se* Ion l'exigence du cas.

u Art. IV. Si les forces stipulées par l'article

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précédent se trouvaient malbeuretisenfient insuffisantes, les hautes parties contractantes se concerteront sans perte de temps sur le nombre additionnel de troupes que chacune fournira pour le soutien de la cause commune, et elles s'engagent à employer en cas de besoin la totalité de leurs forces pour conduire la guerre à une issue prompte et heureuse, se réservant d'arrêter entre elles, relativement à la paix qu'elles signeraient d'un commun accord, des arrangements propres à offrir à l'Europe une garantie suffisante contre le retour d'une calamité semblable.

« Abt. V. Les hautes parties contractantes, s'étant réunies sur les dispositions consignées dans les articles précédents , pour assurer l'effet de leurs engagements pendant la durée de l'occupation temporaire , déclarent en outre qu'après l'expiration même de cette mesure , lesdits engagements n'en resteront pas moins dans toute leur force et vigueur pour l'exécution de celles qui sont reconnues nécessaires au maintien des stipulations contenues dans les art. 1 et â du présent acte.

<( Art. VI. Pour assurer et faciliter l'exécution du présent traité , et consolider les rapports intimes qui unissent aujourd'hui les quatre souverains pour le bonheur du monde, les hautes parties contractantes sont convenues de renouveler, à des époques déterminées, soit sous les auspices immédiats des souverains, soit par leurs ministres respectifSy des réunions consacrées aux grands inté-

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réU communs et à l'exameD des mesures qai^ dans chacune de ces époques , seront jugées les plus salutaires pour le repos et la prospérité des peuples et pour le maintien de la paix de l'Europe*

<c Ait. VII. Le présent tr»té sera ratifié et les. ratifications en seront échangées dans deux mo^, ou plus tôt si faire se peut.

« £n foi de quoi, les plénipotentiaires respeelifs l'ont signé , et y ont apposé le cachet de leuss armes.

«FaitàPariSjleâOnovembrederandegrâcelSlS.

uSigné : Castlkbeac^h, Wellikcton, METisiuficv, Wesseubsilg, Habpeabeec, Hombouit, Razuhoiivskt, Gapo d'Isteu. »

Je crois ce traité capital dans Thlstoire pour faire connaître la tendance des cours européennes. Jamais elles ne s'en sont un moment dépftrtks :^ l'union contre l'esprit révolutionnaire a toujours été le même ; et la France fut surveillée comme le foyer des doctrines de bouleversement«

Désormais en l'état de l'occupation militaire de notre territoire par l'étranger, tout ce qui tenait à l'Allemagne et à la Pologne, quoique partieesseutielle des actes du congrès, de Vienne , allait se régler par chaque puissance spécialement intéressée ; et à peine les armées étrangères évacuaientelles la France, que l'empereur Alexandre s'adressait solenadlement à ses nouveaux sujfits de

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Pologne , pour lear annoncer ses intenlions de liberté et de gouyernement :

« Polonais, de nouveaux liens vont vous unir à un peuple généreux qui , par d'anciennes relations , par une vaieur digne de la vôtre et par le nom oommun de nations slaves, est disposé à vous admettre à une confraternité qui sera chère et utile aux deux peuples. Une constitution appropriée aux besoins des locales et à votre caractère, l'usage de votre langue conservé dans les actes publics ^ les fonctions et les emplois accordés aux seuls Polonais, la liberté du commerce et de la navigation, votre armée nationale, tous ces moyens garantis pour perfectionner vos lois , la libre circulation des lumières dans voire pays : tels sont les avantages dont vous jouirez sous notre dominati<»i et sons celle de nos successeurs , et que vous transmettrec comme héritage à vos descendants. Ce nouvel État devient Rojnmme de Pologne, nom si vivement désiré, depuis si longtemps déclaré par la nation , et acquis au prix de tant de sang et de sacrifices. »

Ainsi s'exprimait l'empereur Alexandre , et remarquons la date, en octobre 1815. On était à quelques mois seulement de l'acte final du congrès de Vienne ; l'empereur l'interprétait donc dans le sens le plus large de la liberté polonaise ; et cela malgré l'Autriche et la Prusse.

Ces paroles étaient claires et nettes : l'empereur promettait une constitution à part et la création

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d*un royaume de Pologne , nationalité distincte sous son sceptre. Il était non moins explicite en ce qui touchait la liberté et l'indépendance de Cracovie ; il disait :

<( Pour aplanir les difficultés qui se sont élevées au sujet de la ville de Cracovie , nous avons fait adopter Tidée de rendre cette ville neutre et libre. Ce pays , placé sous la protection de trois puis^ sauces libératrices et unies, jouira du bonheur et de la tranquillité en se consacrant uniquement aux arts, aux sciences , au commerce et à l'industrie. II sera comme un monument d'une politique magnanime , qui a placé cette liberté dans Tendroit même où reposent les cendres des meilleurs de vos rois , et où se rattachent les plus nobles souvenirs de la patrie polonaise. Enfin, pour couronner une œuvre que les malheurs des temps ont si longtemps retardée , on a consenti d*un accord unanime que, dans les parties mêmes de la Pologne soumises aux. dominations prussienne et autrichienne , les habitants fussent désormais gouvernes par leurs propres magistrats choisis dans le pays. »

Élaient-ce là des promesses explicites et complètes ? Dans une assemblée solennelle à Varsovie, au bruit des salves d'artillerie retentissantes , le rétablissement du royaume de Pologne fut proclamé ! Un héraut d'armes au blason polonais lut l'acte de renonciation du roi de Saxe , la proclamation d'Alexandre, et déclara les bases de la

Constitution polonaise , les mêmes que celles de 1791. Alors les habitants prêtèrent par acclamation le serment inaugural au roi de Pologne et à la constitution. L'aigle et les drapeaux de Sobieski furent arborés sur tous les édifices ; sur la place publique où un autel avait été érigé , les troupes polonaises prêtèrent serment par bataillon, à Tempereur, roi de Pologne, et à la nation polonaise reconstituée.

A Gracovie, on fit Tinauguration des armes de la nouTelle république en présence des commissaires des trois puissances protectrices, et les habitants, dans une assemblée solennelle, refusèrent de célébrer des fêtes le 18 septembre , Jour où Poniatowskî avait glorieusement péri au passage de PElster.

L'empereur de Russie ne borna pas là ses générosités. Un régiment d'infanterie, un régiment de cavalerie et un parc d'artillerie furent déclarés garde royale polonaise. Un gouvernement à part fut organisé ; le comte Matuszewich fut désigné pour le ministère des finances ; le comte Matowski pour celui de l'intérieur et de la police. C'est sous l'influence d'hommes d'État, de patriotes distingués que s'élaborait la constitution dont les bases avaient été jusque-là seulement posées. L'empereur Alexandre, toujours occupé de son idée de réunir tous les fragments de l'ancienne Pologne en un grand et unique royaume, permettait aux évêques de la Volhynie, de la Lithuanie et de l'Ukraine,

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