‹ Le congrès de Vienne dans ses rapports: avec la circonscription actuelle deChapitre 13 sur 34 · LB CONGRÈS MS VIBRNB · texte numérisé non relu

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de se rassembler en s^ode avec les éyéqaes do grand-duché.

lia Prusse et TAutriche virent avec ombrage les députés de Cracovie assister au couronnement de Tempereur, où chaque pafatinat parut avec sa bannière et ses couleurs. Les vieux Russes murmuraient de cette protection pour un peuple vaincu. L'empereur persista dans sa volonté de constituer la Pologne. 11 écrivit aux patriotes Kosciusko, Dembrowski et Niemcewitz, pour qu'ils vinssent fixer leur résidence à Varsovie ; répondant au se* nateur président de la diète, Alexandre dit : « Je sais tout ce qu'a souffert le royaume, mais des institutions libérales pourront le sauver. »

Il est besoin de s'arrêter à toutes ces paroleS) i tous ces actes, pour bien comprendre le sens et la portée de conventions arrêtées à Vienne et relatives à la Pologne et à rétablissement de la république de Cracovie : n'étaient-ce pas le développement et la confirmation des actes du congrès ? Désormais il n'était pas plus permis de supprimer Cracovie que d'effacer l'indépendance des villes libres de Francfort, Hambourg ou Lubeck. Sans doute les puissances protectrices pouvaient faire tous les actes intérieurs, changer même la constitution, la forme de représentation nationale ou du gouvernement administratif; mais la suppression absolue de l'indépendance, sa fusion, deviendraient une violation manifeste des traités.

La tendance des afEaires de l'Allemagne en 1815

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était mm moins libérale qae celle de la Pologne; on venait de vaincre Bonaparte au nom de la liberté, et la Prusse se mettait à la tète du mouvement. L*ocganisati(Hi militaire et civile avait été ainsi fixée parle roi Frédéric-Guillaume. La Prusse de* vait avoir dix provinces et vingt-cinq arrondissements ou cercles ; un général en chef devait commander chaque division; il y avait à la tète de chaque province un grand président avec la surveilMmce générale des affaires de la province, de la police civile et médicale, de Téducation et du culte; h était en même temps président de la régence de Farrondisseraent, et dirigeait les autres régences.

Dans les provinces où il y avait des corps de représentants ou États provinciaux, ces corps de» valent être maintenus, mais organisés de manière que toutes les classes de citoyens y fussent représentées. Dans les provinces où il n*y avait pas un corps d*État, il en devait être créé. Ces assemblées provinciales nommaient les députés à rassemblée nationale.

11 était créé par approximation une université par province. Celles de Kœnigsberg, Dantxick, Breslau, Berlin, Greiswalde pour la Poméranie, et Halle pour la Saxe, étaient organisées ou décrétées. Il devait en être établi à Coblentz, à Dusseldorf et à Munster ; celle-ci était particulièrement destinée aux catholiques* On devait établir à Posen une université polonaise.

Les provinces du Rhin, cédées par le traité de Paris, recevaient une organisation à part. H était dit dans ]*acte de leur constitution n que, malgré la forcedes derniers événements, et an milieu même du bruit des armes, Sa Majesté le roi de Prusse n'avait pas cessé de s'occuper des moyens susceptibles de consolider le bien-être futur de ses nouveaux sujets; qu'une des premières nécessités, pour atteindre ce but, était une constitution solide^ mûrement discutée, et tellement parfaite dans son ensemble, que toutes les branches de la justice et de l'administration fussent en harmonie ; qu'il entrait dans les vues paternelles de Sa Majesté de donner une telle constitution aux pays nouvellement acquis, et d'apporter des modifications dans ceux des rapports locaux qui pourraient rendre une exception nécessaire ou avantageuse» »

Jusque-là c'était moins des institutions générales que l'on s'occupait, que d'une simple administra-tion locale ; mais le conseil préparait une constitution pour la monarchie; la Gazette de Berlin disait :

<c Les changements ordonnés par le roi, et qui avaient pour objet une plus grande extension de liberté, sont en partie achevés* On croit que l'ép^ que n'est pas éloignée où s'assen^bleront les états composés des députés de toutes les provinces de la monarchie, pour délibérer sur le bien-être fur tur d'un peuple qui, dans ces derniers temps , a tant contribué, par une énergie morale sans exem-

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pie, à la paix dont r£arope espère jouir sous peu. Le peuple prussien se promet de la nouvelle constitution et de rassemblée générale de ses représentants infiniment de bien et de bonheur.

Une ordonnance du roi Frédéric -Guillaume réalisait la plupart de ces promesses.

M Par notre ordonnance du 50 du mois dernier, y était-il dit, nous avons prescrit pour notre monarchie une administration régulière basée sur les rapports provinciaux qui existaient précédemment. Mais afin que cette institution reçoive un nouvelappui, qu'il soit donné à la nation prussienne un gage de notre confiance, nous avons statué qu'il serait établi une représentation du peuple; que les états provinciaux, en tant qu'il en existe encore,seront réhabilités et organisés suivant l'exigence du cas. C'est parmi ces états provinciaux que sera choisie l'assemblée des représentants du pays, dont le siège sera établi à Berlin. Les fonctions des représentants du pays consistent dans la consultation sur tous les objets de la législation qui concernent les droits individuels et de propriété des citoyens du royaume, y compris l'imposition des charges. Il sera formé sans délai à Berlin une commission choisie dans les fonctionnaires publics et les habitants des provinces dont le mérite et la prudence ne laissent aucun doute. Cette commission s'occupera de l'organisation des états provinciaux, de la représentation du pays, de la rédaction de l'acte constitutionnel d'après les prin-

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cipes établis. Le jour de rassemblée est fixé au !•' septembre de cette année. »

Aucun engagement ne pouvait être plus formel. Le roi promettait une constitution Téritable, une représentation du peuple, dont le siège serait à Berlin. Il appelait toutes les intelligences à s*en occuper, à discuter les bases les mieux appropriées au caractère et à Tesprit prussien.

Dans les divers États de TAllemagne, on suivait la même tendance. Des constitutions plus ou moins libérales avaient été données au Wurtemberg, à ta Saxe, au Hanovre, au grand-duché de Bade, et à toutes les principautés nouvellement instituées. Dans le Hanovre, la vieille liberté des états avait été rétablie et reconnue par TAngleterre. Dans le Wurtemberg, le jeu nouveau des institutions avait amené un conflit entre le roi et les états , si bien que, le roi persistant dans son refus, les états s'adressèrent aux puissances signataires du traité de Vienne, pour faire reconnaître leurs droits.

La forme générale de ces institutions était deux chambres convoquées. Tune héréditaire, Tautre élue par les corporations : vote triennal ou quinquennal des impôts; liberté delà presse, suspendue par rapport aux journaux ; états provinciaux ; municipalités locales; liberté des personnes et des propriétés. Mais tous ces petits royaumes ou grands-duchés , compris eux-mêmes dans la diète germanique, ne pouvaient protéger leur indépendance intérieure. Une menace des deux grandes

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puissances, TAutriche ou la Prusse, suffisait pour leur faire modifier les concessions libérales qu'ils pouvaient faire à leurs sujets. Par l'organisation de la diète, TAutriche conservait une haute influence ; politiquement elle y dominait.

L'Autriche n'avait pas fait de concessions géné'rales, mais elle avait établi pour ses États hérédi-> taires une administration régulière et paternelle. La Hongrie jouissait de quelques débris de la vieille indépendance. Ses comitats se réunissaient toujours, votaient des subsides de guerre, des levées d'hommes; mais la composition de ces conseils était toute dans les mains du gouvernement.

Les nouvelles possessions de l'Autriche en Italie avaient été le sujet de sérieuses réflexions. La cour de Vienne avait eu un moment l'idée de faire couronner l'empereur roi d'Italie; mais les mêmes raisons qui s'étaient opposées à ce que François II prit le titre d'empereur d'Allemagne furent invoquées contre le titre de roi d'Italie. On parlait déjà pourtant du pacte fédéral qui devait unir toutes les souverainetés indépendantes de l'Italie. Le but du pacte était d'empêcher tout changement dans les rapports intérieurs et extérieurs des Etats souverains de cette partie de l'Europe. En cas d'attaque, les puissances fédérées devaient chacune fournir un contingent, déterminé à une armée de cent mille hommes. On devait également organiser une marine suffisante pour repousser les États barba^ Eejsques« Le prince de Metternich était l'auteur de

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ceplan, qui devait mettre à la disposition de VAntriche toutes les forces de la Péninsule italique.

On est aujourd'hui vivement étonné de la tendance libérale de TEurope à cette époque de erise qui suivit la seconde invasion de Bonaparte. Il fat fait de grandes promesses des rois aux peuples pour le développement des libertés. Ces promesses n'ont pas absolument été tenues : à qui la faute ? est-elle tout entière du c6lé des rois, et ne faot*il pas faire la part des menées révolutionnaires partout si menaçantes? Pour que la liberté soit possible et pratique chez un peuple, il faut la détacher de l'esprit révolutionnaire qui est la destruction de tout pouvoir; et dès 1815 les deux esprits jacobin et bonapartiste travaillaient les peuples pour préparer de nouvelles révolutions : dès lors les rois durent prendre l'initiative. On peut rattacher à cet ordre d'idées le manifeste ou déclaration connue sous le titre de traité de la Sainte-Alliance, L'empereur Alexandre aimait les choses d'imagination et de philosophie mystique ; l'idée d'une confédération chrétienne pour le maintien des couronnes et des peuples lui souriait, comme la pensée d'une croisade dont il serait le chef.

Ce traité de la Sainte-Alliance^ si souvent attaqué comme l'expression et l'œuvre du despotisme, est la pièce diplomatique qui, sous des apparences vagues et mystiques, exprime les principes les plus larges en matière de gouvernement et de

liberté philosophique. L*impa]sibn première Tint de Tempereur Alexandre, qui en fit comme son œuvre de prédilection et sa croyance ardente dans les oratoires bénis sous Tinfluence de madame Erudner, à ce moment où les idées de fraternité chrétienne se propageaient dans les actes, tels que la déclaration sur la traite des noirs. La Prusse accepta cette déclaration par condescendance pour l'empereur Alexandre; M. de Metternicb, parce qu'il ne voulait pas faire de Topposition immédiate aux choses sans importance, et qu'au fond ce traité Urès-vague ne changeait en rien les actes positifs {anneûee Ç), Le prince régent se refusa à signer, en se fondant sur la constitution anglaise, qui lie permettait pas les traités dont on ne pouvait pas apprécier la portée matérielle : que signifiait cette fraternité chrétienne entre toutes les puissances? y avait-il là un sens caché, à double entente, dont l'énigme était à Pétersbourg? Si la fraternité chrétienne se résumait dans l'abolition de la traite des noirs, dans la cessation de la piraterie, cela était bien; mais comme la Turquie n'était pas sous l'empire de la croix , était-ce une déclaration de guerre qu'on lui faisait et une menace de partage? A peine né, le traité de la Sainte- Alliance fut considéré comme une simple déclarationde principes, sans résultat actuel, et qu'il fallait reléguer dans les archives.

Mais un acte bien plus capital, ce fut le renouvellement de la triple alliance entre la Russie, la

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Prusse et l'Autriche, pour le maintien du traité signé à Paris le 20 novembre. On y rappelait toutes les stipulations , toutes les menaces, du traité de Chaumont^ la solidarité entre les couronnes et cette situation prise par les trois puissances a toujours été invariable. Ce qu'elle a été elle Test encore, et cela s'explique : tant que les principes de la révolution française ne seront pas éteints ou apaisés, il y aura danger pour l'Europe. Celle-ci se groupe, s'organise, et toujours elle est préparée à une entrée en campagne, parce qu'en présence des menaces incessantes de Tesprit propagandiste, il s'agit de sa sûreté et de sa force de gouverne^ ment.

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