‹ Le congrès de Vienne dans ses rapports: avec la circonscription actuelle deChapitre 17 sur 34 · LA BELGIQUE · texte numérisé non relu

LA BELGIQUE

Une des grandes combinaisons établies par les actes du congrès de Vienne, je le répète, c^était la formation du royaume des Pays-Bas. Au point de vue commercial et politique , cette combinaison était bonne , et le congrès de Vienne y avait mis le plus grand soin. C'était Fœuvre des tory s anglais aussi bien que de la Russie et de la Prusse. La France y avait adhéré par les traités de 1814 et de 181S; nous l'avions reconnu dans son indépendance et sa forme constitutionnelle.

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La propagande de 1850 n'avait pas ainsi vu la qoestian, car elle avait posé ce principe : que toute émeute triomphante devait devenir souveraine, et les traités de 181 S étaient de petites misères dont il fallait faire bon marché devant la majesté du peuple. Tout à coup une révolution éclate à Bruxelles. Cette révolution , plus turbulente que forte, triomphe un moment ; les séditieux, maîtres du pouvoir, organisent une sorte de gouvernement provisoire contre la maison régnante.

Si les actes du congrès de Vienne eussent été pleinement respectés , que devait-il arriver à 1« suite de cette turbulence? Le roi des Pays-Bas, en invoquant les vieux traités qui unissaient la maison d'Orange à TÂngleterre et au cabinet de Berlin, appelait les alliés à son aide; il pouvait comprimer cette révolution et en finir en quelques journées. Le roi Guillaume avait cru à ce concours; c^est ainsi qu'on avait agi en Piémont, à Naples, en Espagne, en 1821 et 1825, en vertu des congrès de Troppau, Laybacb, Vérone ; la révolution n'avait duré que quelques soleils : l'ancien .pouvoir avait été complètement rétabli*

La France ( et dans la position spéciale qu'avait créée la révolution de juillet, elle ne pouvait pas faire autrement) s'opposa à cette exécution absolue des traités de Vienne ; avec un esprit de grande fermeté que je ne saurais blâmer dans M. \jd comte Mole, quand il s'agit d'une question de prépondérance et de frontières, le cabinet de Paris déclara

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que rîBtervention des Prassiens amènerait les Français en Belgique ; système très-national, mais violation formelle des stipulations du traité de Vienne que le vieux roi Guillaume invoquait avec loyauté contre la révolution de Bruxelles.

Toutes les démarches , tous les actes sont la ccTbséquence de cette première infraction ; le congrès de Vienne avait fait un royaume des Pays- Bas, on le sépare, on le morcelle ; il n'y avait plus de Belgique, et Ton en fait une désormais distincte , avec un pouvoir à part ; on s'éloigne tant qu'on peut des dispositions arrêtées par les puissances en 1815, et les violations par la force sont toujours un tort, parce qu'en définitive elles tournent toujours contre vous.

Toutefois, ici il faut le remarquer, car la question est capitale et peut servir d'exemple, ce changement ne se fait pas dans un traité spécial entre la France et la Belgique , mais à la suite d'une conférence mutuelle. Il s'agit d'une modification à apporter aux stipulations de Vienne, et les puissances intéressées y prennent part. Tout se discute dans les protocoles , tout se règle en commun ; j'ajoute avec cette différence néanmoins que dans les conférences de Londres, la France, la Prusse, la Russie et l'Angleterre , n'interviennent pas en tant que signataires des actes du congrès de Vienne, mais en tant que puissances intéressées au sort de la Belgique.

Car autrement il aurait fallu que toutes les

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puissances signataires dans le comité des huit, c*est-Â<dire la Suède , l'Espagne et le Portugal, intervinssent également; peu importe qu'elles fussent puissances du second ordre , parce qu'on ne peut pas défaire à cinq ce qu'on a fait à huit, alors même qu'il n'y a pas parfaite égalité de force.

Un chs^ngement capital s'opère donc; on n'agit plus en vertu de son titre de signataire au congrès de Vienne, mais en vertu de son caractère de puissance intéressée. Ainsi M. le comte Mole avait dit au cabinet de Berlin et à celui de la Haye : « J'entre en Belgique si vous intervenez, parce que j'ai un intérêt immédiat à ce que la Belgique soit organisée sur certaines bases, n La Prusse, la Russie, l'iutricbe et l'Angleterre interviennent parce qu'elles sont directement intéressées à l'organisation de la Belgique. La doctrine des intérêts se substitue ici à la doctrine des signataires du congrès* Ceci est grave. £n effet, qui la première a violé les stipulations de Vienne? C'est la propagande en insurgeant le peuple du royaume hollando-belge; une fois le fait accompli, il a fallu le régulariser. De là les conférences de Londres et les protocoles entre les puissances qui ont organisé la Belgique sur de nouvelles bases. Le désordre pas plus que la violence ne peuvent produire de résultats que lorsqu'ils sont acceptés et régularisés dans les formes. Or la violence peut venir du pouvoir régulier comme des passions révolution-

ISS LE CONGRÈS DS VIBHNE*

naires, témoin ce qui vient de se passer à Cracovie. On ne peut donc iégitimer un £aiit de posses* sion violente qu'en le régularisant par des protocoles.

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