‹ Le congrès de Vienne dans ses rapports: avec la circonscription actuelle deChapitre 2 sur 34 · LA FRANCS ET UB TRAITA BU SO KAI · texte numérisé non relu

LA FRANCS ET UB TRAITA BU SO KAI

Il ne faut jamais perdre de vue, en 1814, au moment où les affaires diplomatiques allaient s'engager à Vienne, cette circonstance dominante) qu'il y avait des faits accomplis d'une nature capitale. Les alliés avaient envahi la France ; maîtres de Paris, leurs armées débordaient d'une manière violente sur tous les points de l'Europe, Il se révélait un formidable fait de possession que Dieu avait permis et que nul ne pouvait contester.

La Russie, par ses armées , occupait toute la Pologne.

L'Autriche occupait l'Italie, ea^cepté Naplos^

Les Anglais et les Suédois tenaient la Hollande et la Belgique.

Les Prussiens, la Saxe.

Les Wurtembergeois et les Badois , tout le cours du Rhin.

Les Anglo-Portugais, une portion de l'Eipagné.

LE CORGltiS IHI TMirNB* 11

En même temps, il s'était opéré plusieurs restaurations spontanées au milieu des insurrections populaires : Ferdinand YH en Espagne , la maison de Savoie en Piémont, la maison d*Orange dans toute la Hollande.

Depuis 1812 jusqu'au mois de mars 1814, des traités particuliers avaient été conclus entre les diverses puissances pour favoriser le mouvement militaire contre Napoléon et lui donner ce caractère universel qui avait brisé son impériale couronne.

Les traités d*Abo (juin 1812), de Oerebro (3 mars 1813) signé avec le prince royal de Suède, lui assuraient la Norwége et la Guadeloupe comme indemnité des possessions perdues.

Par les conventions de Kalisch (février 1813) et de Reichenbach (14 juillet 1813), la Prusse avait obtenu la promesse formelle d'une reconstitution de frontières au moins aussi considérable que celle qu'elle possédait avant la guerre. Le traité de Tœplitz (9 septembre 1813), le plus curieux document historique, parce qu'il a été sans cesse renouvelé, portait les conditions suivantes: 1<^ que la monarchie autrichienne serait reconstruite sur l'échelle la phis conforme possible à celle selon laquelle elle existait avant la malheureuse campagne de 18015, et la monarchie prussienne conformément à celle qui précéda la campagne également malheureuse de 1806 ; ^ que la Confédération rhénane serait dissoute , et les États situés cotre

iSt LB COMGBÉS DE YIBHNE.

les frontières de France et celles des monarchies autrichienne et prussienne rendus indépendants ; 5*" que les possessions de la maison de Brunswick- Lunebourg en Allemagne lui seraient restituées ; 4** qu'un arrangement à Tamiable entre les trois cours alliées fixerait le sort futur du grand^uché de Varsovie. Par ces mêmes articles secrets , qui confirmaient les conventions de Trachenberg , Reichenbaeh et Peterswaldau, les trois puissances s'engageaient à tenir chacune en campagne an moins 1^,000 hommes !

L'Angleterre et l'Autriche, pour attirer Murât dans la guerre commune, s'étaient engagées à lui conserver Naples en pleine souveraineté.

Il y avait également des traités avec les cortès espagnoles, avec le Portugal, de manière à ce qu'on devait arriver dans le congrès , chacun les mains liées ; comme au reste cela s'était vu dans presque toutes les grandes assemblées diplomatiques qui n'étaient que des formes et des moyens de sanction pour les conventions déjà arrêtées (1).

Mais le lien le plus fort, c'était celui qu'avait imposé à la France le traité du 30 mai 1814, conclu après la première occupation de Paris par les alliés, lorsque le droit de la guerre s'était prononcé contre nous.

Ce traité , toutefois , faisait une assez large part

(i) Particulièrement à Utrecht, où tout était fini à Paris «v«e M. Prior.

aux frontières de France, et sur ce point il ne faut pas le confondre avec Timpitoyable convention du 20 novembre 1815, après la seconde invasion. Il était signé par le prince de Metternich, le comte de Stadion et le prince de Talleyrand ; car l'Atttriche stipulait pour ses alliés : on fixait les frontières de France au point où elles se trouvaient au l*"* novembre 1792. Sur la frontière de Belgique nous gardions Chimay ; dans Sambre-et-Meuse, le canton de Valcourt; dans le département de la Sarre, Sarrebruck avec Landau; le Rhin ensuite servait de limite : du côté du Jura, nos frontières étaient agrandies par une fraction du canton de Léman; nous gardions la Savoie et Chambéry, puis Monaco.

En échange de ces concessions faites , la France acceptait les conditions suivantes qui tenaient à la circonscription générale de TFurope. La Hollande, placée sous la souveraineté de la maison d*Orange, recevrait un accroissement de territoire. Les Etats de l'Allemagne seraient indépendants et unis par un lien fédératif. La Suisse neutre continuerait de se gouverner par elle-même. L'Italie, hors les limites des pays qui reviendront à l'Autriche, serait composée d'Etats souverains. L'ile de Malte et ses dépendances appartiendraient en toute propriété et souveraineté à Sa Majesté Britannique {jinnejce A).

On doit remarquer ces dernières clauses qui font d'avance accepter par la France certains prin-

14 L£ CONGBÉS DE TiENNB.

cipes de rcorganisalion autour de ses frontières y en Hollande, en Allemagne, en Suisse et en Italie; principes dont elle ne pourra se départir. Restait donc à savoir, ces points une fois réglés, quelle prépondérance serait réservée à la France dans le congres européen. Ce congres se tiendrait-il sans elle, ou au moins ne serait-elle que partie assistante j sans prendre part à la délibération commune, et une fois son territoire ûxé par le traité du 50 mai 1814, devait-elle se contenter de son lot et ne pas se mêler du partage général de FËurope?

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