‹ Le congrès de Vienne dans ses rapports: avec la circonscription actuelle deChapitre 5 sur 34 · VI · texte numérisé non relu

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LE ROYAUME HOlLAn DO-BELGE.

On ne peut plus parler aujourd'hui de fa confrguration du royaume hollando-belge ou des Pays- Bas, tel qu*il fut organisé par le congrès de Vienne, que comme d'une chose morte, par suite des nouvelles combinaisons arrivées en 1855.

Toutefois, au point de vue commercial et militaire, ce n'élait pas une conception sans portée et sans résultat que la création d'un royaume des Pays-Bas formé des deux nationalités belge et hollandaise.

Lorsqu'en 1814 la population se fut prononcée, en Hollande, en faveur de la maison d'Orange avec une grande énergie, il avait été promis à cette maison, spécialement protégée par les torys, une grande extension de territoire. On retrouve ces promesses dans l'article final du traité de Paris du $0 mai 1814; et la France y avait consenti d'une manière si formelle, qu'il n'était plus pos->

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sible de revenir sar ces conditions. La questtoii fut donc soumise au comité des huit à Vienne.

Au point de vue commercial tout était à merveille. La Hollande exportait ce que la Belgique produisait ; Tune était puissance maritime, Tautre nation manufacturière ; c'était donc accomplir la fortune de Fun et de Taulre de ces pays que de les réunir sous un même sceptre.

Au point de vue militaire, le royaume des Pays- Bas, dans réquilibre général de TEurope, avait deux missions : ou de servir d'arrière-garde à la Prusse, constituée comme barrière à la Russie , ou bien de servir d'avanl-garde à TËurope au cas d'invasion du territoire français.

Dans les délibérations du congrès de Vienne , il n'y eut pas de difficulté sur ce point ; comme le congrès était peu frappé des incompatibilités mo-p raies et religieuses, il ne vit ni la répugnance que créait la diversité des croyances , ni le puissant attrait d'une nationalité séparée, instinct irrésistible qui domine tous les autres. J'ai relu les notes de l'Angleterre pour me pénétrer de l'esprit qui présida à la réunion des Belges et des Hollandais : le duc de Wellington et lord Castlereagh exposent la nécessité de créer et de grouper une masse d'États comme en échelons, de manière à ce que le choc des grandes puissances ne pût amener de nouveaux bouleversements : sur un point la Suisse, la confédération germanique, et comme couronnement de ce système précautionneux, le royaume

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des Pays-Bas s*appuyant sur la Prusse, et qui devait servir de barrière à la Russie et à son débordement possible sur le midi de TEurope.

Dans une suite de noies lord Castlereagh réfuta les difficultés que semblaient opposer la différence de religions et la nature diverse des croyances. (( La Saxe protestante , dit lord Castlereagh , n'était-elle pas gouvernée par une race de rois catholiques ? Le roi de Prusse, protestant, avait plus de cinq millions de sujets catholiques; dans les temps modernes, ces nuances religieuses n'étaient pas la cause d'une division irritante. L'Angleterre elle-même n'était*elle pas une nation composée mi-partie de catholiques et de protestants ? »

La démarcation du royaume des Pays-Bas, presque arrêtée d'avance, ne fut pas une des grandes difficultés du congrès; il ne s'agit plus que de régler les rapports politiques et commerciaux du nouvel État avec la France, l'Allemagne et l'Angleterre.

Le comité des huit apporta une grande sollicitude à cette création du royaume hollando-belge, qu'il croyait définitive; l'Autriche depuis 1794 avait renoncé totalement à la Belgique, qui exigeait une administration éloignée et bien coûteuse ; la France ne pouvait la réunir que par une guerre victorieuse ; il fallait donc lier les deux États par le commerce, les relations politiques. Les Belges ne voulaient pas être Allemands, ils ne

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pouvaient pas être Français. Autrefois, ils formaient un groupe de cités libres, marchandes, toujours hostiles, villes de tisserands et de métiers en révolte : pouvait-on réveiller les morts ? Comment leur donner une nouvelle vie si ce n*est par une fusion avec la Hollande? En dehors nulle possibilité d'exister , car les douanes allaient enlacer la Belgique que les prohibitions tueraient infailliblement. Ces considérations décidèrent le congrès à sanctionner la fusion des deux peuples dans un même royaume ; conception réalisée par une série d'articles sur la forme de gouvernement, la dette, le système politique et commercial des deux nations qui désormais n'en formaient plus qu'une sous le sceptre de la maison d'Orange.

Les points réglés dans le comité des hait furent ceux-ci : 1<* souveraineté de la maisofi d'Orange sur la Hollande et la Belgique reconnue par tous ; 2® association (pour la souveraineté du grand-duché de Luxembourg) à la confédération allemande ; 5"* annexe de la principauté de Bouillon au Luxembourg et la ville de Luxembourg reconnue forteresse de la confédération. Tout cela était formulé expressément dans l'acte final du congrès de Vienne {annexe H). Nous verrons plus tard comment cet ordre de choses fut détruit par une première violence révolutionnaire. Celle-ci vint de la propagande; fatal précédent pour les questions d'avenir.

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