‹ Le Congrès de Vienne et les traités de 1815Chapitre 16 sur 129 · Voy. au 20 mars · texte numérisé non relu

Voy. au 20 mars

L'énergie vraiment digne du nom des Suisses, et le concert de volonté qui, dans ces derniers jours, ont distingué la conduite de la Confédération, ne laissent pas de doute que tous les cantons ne s'efforceront désormais de concourir à cette affaire essentielle, puisqu'elle fournit le moyen le plus efficace pour garantir leur concorde, en lui donnant une consistance et une force proportionnées à l'importance de la crise actuelle.

Les soussignés, qui ont reçu de leurs augustes monarques les instructions les plus précises, de ne rien négliger qui puisse accélérer l'achèvement total de l'affaire certainement la plus importante dont la Suisse se soit jamais occupée, seront toujours prêts d'intercéder, de la manière la plus avantageuse à la Confédération, pour donner suite aux dispositions de la Déclaration, et pour mettre à exécution les engagements contractés par les Puissances. Ils saisissent cette occasion pour prier S. Ex. et la diète d'agréer les assurances de leur haute considération. Zurich, le 31 mars 1815,

Signé : Pour l'Autriche, Schraut.

Pour l'Espagne, le comte Auguste de Talleyrand, spécialement autorisé.

Pour la France, le comte Auguste de Taileyrand.

Pour le Portugal, Schraut , spécialement autorisé.

Pour la Russie, le baron de Krudener.

Note du baron de Turckheim, plénipotentiaire du grand-duc de H esse aux plénipotentiaires d'Autriche et de Prusse.

Vienne, le 31 mars 1815.

Si le soussigné n'a pas signé la note que les princes et villes libres d'Allemagne, réunis, ont remise le 22 de ce mois aux deux grandes Puissances d'Allemagne, il en fut empêché, non parce qu'il n'est pas d'accord avec les principes qui y sont énoncés, mais par des motifs particuliers.

Déjà avant cette note il a, au nom de son gracieux maître, ainsi que le plénipotentiaire de Bade au nom du sien, offert toutes les forces qui sont en sa disposition, pour l'affermissement de la tranquillité en Allemagne et en Europe, et réitéré le vœu que le Congrès germanique fût ouvert, et que les bases de la liberté allemande et de l'indépendance des princes fussent posées.

Seulement il a cru que dans l'état d'épuisement où se trouvent nos provinces, et vu le désir de la tranquillité, si hautement manifesté par

les peuples, ils ne se prêteraient volontiers aux nouveaux sacrifices qu'on allait leur demander, que, si d'un côté, on renouvelait solennellement la promesse antérieurement faite d'introduire des constitutions représentatives, d'après des principes généraux et des règles communes, cependant avec les modifications exigées par les localités de chaque pays, et de garantir la liberté civile de la nation allemande; et que de l'autre, on se prononçait sans ambiguïté sur la nécessité, maintenant plus vivement sentie, d'un pouvoir central énergique, qui seul pourra assurer à l'union sa durée et sa tranquillité intérieure et extérieure, et aux peuples fatigués, la jouissance tranquille de leurs propriétés et de leurs droits inaliénables.

Ce double point de vue concentrerait heureusement les divers intérêts des parties, et réunirait intimement les princes et les peuples pour tendre au même but.

Vienne, le 31 mars 1815.

Signé : le baron de Turckheim.

Vingtième Protocole de la séance du 31 mars 1815 des plénipotentiaires des cinq Puissances.

Présents :

MM. le prince Metternich, le comte de Rasoumoffsky, le comte de Nesselrode, le comte de Capo d'Istria, le prince de Talleyrand, lord Clancarty, le baron de Humboldt, le baron de Wessenberg.

1° MM. les plénipotentiaires sont convenus, pour presser la détermination définitive de S. M. le roi de Saxe, de faire à son ministre le comte de Schulenbourg, la communication contenue dans l'extrait du protocole ci-joint, sub litt. G6.

2° MM. les plénipotentiaires ont adopté un projet de Traité qui serait suivi pour régler le mode et les conditions d'accession des Puissances et États qui se réuniront aux engagements de l'alliance du 25 mars. Ce formulaire est annexé au présent protocole, sub litt. HH.

MM. les plénipotentiaires ont pris lecture des réponses faites de la part de LL. MM. les rois de Dannemark, de Hanovre, de Bavière et de S. A. le prince régent de Portugal, à l'invitation qui avait été faite à leurs plénipotentiaires de prendre part aux engagements de l'alliance du 25 mars 1815.

On est convenu des éclaircissements que MM. les commissaires donneraient k ce sujet à M. le prince de Wréde, plénipotentiaire de Bavière et qu'il en serait prévenu par M. le prince de Metternich.

Les réponses desdites Cours sont jointes aui actes de la commission d'accession.

3° M. le prince de Melternich donne lecture d'une note, ci subLitt. JJ., que M. le comte de Winzingerode vient de lui adresser et par laquelle sa Cour l'informe que l'envoyé de Wurtemberg à Paris a eu le sort du Corps diplomatique qui, faute de chevaux, n'a pas pu, au départ du roi, quitter Paris ; sur quoi S. M. le roi de Wurtemberg, prévoyant que Napoléon pourrait chercher à induire le Corps diplomatique k quelque fausse démarche, déclare qu'elle désavoue d'avance tout ce que l'on voudrait obtenir de son ministre.

MM. les plénipotentiaires applaudissent à la détermination prise par le roi de Wurtemberg, déclarant que leurs Cours partagent la même opinion, et sont d'autant plus résolus de considérer comme nulles toutes démarches dans lesquelles leurs agents seraient engagés, que ceux-ci ne sont accrédités qu'à la Cour du Roi Très-Chrétien et ne sont que des particuliers sans qualité vis-à-vis de Napoléon Bonaparte.

Sur quoi la séance a été levée.

Signé : Hardenberg ; Rasownoffsky ; Clancarty, Talleyrand; Capo d'Istria; Wessenberg; Melternich; Humboldt.

Annexe.

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