‹ Le Congrès des comptables français: Questions actuelles de comptabilité et dChapitre 10 sur 88 · APPEL AUX PRATICIENS · texte numérisé non relu

APPEL AUX PRATICIENS

Ëfi commença^ cette série d'articles, nous tenons à déclarer que nons sommes entièrement sympathique au comité d'initia* Uve d'un projet de Congrès pour Funification de la comptabilité, à la condition toutefois que ce comité ne se transformera pas en coterie et qu'il continuera sans relâche à faire appel à tous les hommes de progrès,soit parmi les praticiens, soit parmi les négociants et industriels compétents qui slntéressent aux questions économiques et de comptabilité, soit enfin parmi les jurisconsultes.

Le comité d'initiative, pour mener à bien Tœuvr^ si laborieuse et, diaons-le, si éminemment utile qu'il a entreprise, a besoin des lumières de tous ; il lui faut absolument la sanction du nombre, nous eatendons du nombre composé d'hommes expérimentés, de comp* tables rompus aux difficultés de la pratique, et non de sitnples teneurs de livres, manquant de vues d'ensemble, ou de ces auteurs de méthodes soi-disant nouvelles, toutes plus ou moins fantaisistes ou renouvelées du Journal Orand-Livre, qu'on est toujours sûr de voir accourir sitôt qu'une occasion de publicité se présente.

En un mot, le comité a autre chose à faire que des conférences qui ne conduiraient à rien de pratique, relativement au but élevé qu'il poursuit. Il a autre chose à faire également que d'écouter des

discoureurs préoccupés avant tout de faire prévaloir leurs méthodes personnelles, méthodes qui, à les entendre Tun après Tautre, sont * si merveilleusement conçues et appropriées aux besoins des entre-

prises les plus diverses, qu'elles réalisent chacune l'unification souhaitée et qu'il est bien inutile de chercher mieux. ^jUi II faut laisser pour ce qu'elles valent ces prétentions absolu-

I II ment insoutenables. La vérité est que toutes ces méthodes appelées. j I Stolon leurs auteurs, à révolutionner l'art du comptable, ont été

jusqu'ici plus que froidement accueillies par les bons praticiens, , ustement à cause de leur difficulté d^appUcation.

I I D'ailleurs, si nous ne nous trompons, le but des travaux du Con- ' > ■ grès ne serait pas une unification de la comptabilité dans le sens

absolu du mot, ce qui pourrait sembler une utopie irréalisable, ^ mais bien la recherche patiente des procédés pratiques suivis actuellement par les meilleurs praticiens, soit dans le commerce, soit • dans l'industrie, soit dans la banque, soit dans l'agriculture, soit

enfin dans les administrations diverses ; procédés qui, mûrement examinés, puis reliés et fondus ensemble, donneraient pour chacune des branches de notre industrie générale un type définitif de tenue de livres.

i \i Une réunion d'hommes pratiques ne saurait en efiet ériger en

I IfH principe qu'une méthode unique de comptabilité peut satisfaire corn-

71 plètementaux exigences des entreprises queues qu'elles soient.

, La comptabilité des industries où la main-d'œuvre, appliquée à mille

travaux difi'érents^ entre en première ligne dans le prix de revient

de chaque objet fabriqué, ne peut fonctionner exactement de la

Tnème façon que celle d'un commerce d'échange.

Ainsi, par exemple, la comptabilité d'un constructeur de machines différera sensiblement, non dans le principe, mais daiia la forme et dans les procédés, de celle d'un négociant en vins, et une \ || [ manufacture 4e tissus établira ses livres d'une manière tout autre

qu'une imprimerie, ou un journal, ou une 4îompagnie d'assurances. Le comité, nous n'en doutons pas, est pénétré dans son ensemble decesvéritéspremièresetincontestables. Il est surtout résolue ouvrir toutes larges les portes à la discussion la plus approfondie et à ap- I I peler sans cesse à lui ceux des hommes spéciaux qui font auto-

I 1 rlté.

' Dans ces conditions, sa mission, opportune, entre toutes sera

féconde en résultats pratiques. Aussi croyons -nous qu'il y a ur- Jl f ence véritable pour les notables commerçants et industriels, et

I I • pour la presse en général, de lui vienir activement en aide. A cet

;' égard, nous sommes profondément étonné que le commerce fran-

<çais, si divisé pourtant sur les questions de comptabilité, si pauvre en vrais comptables et en bonne organisation de tenue de livres, n'ait pas tout de suite compris Tutilité de la mission entreprise par le comité dlnitiative, c'est-à-dire en somme par des hommes qui consacrent leur temps^, leurs lumières, leurs peines à une œuvre <}ui prcifitera surtout aux commerçants.

A une époque où la concurrence nationale et internationale est d'une si prodigieuse activité ; où, pour Tindustriel, produire et vendre beaucoup, pour produire et vendre à bon marché, est la •condition sine quanon du succès, n'est-il pas de nécessité absolue •de posséder des moyens de comptabilité rapides et d'une grande (précision ? Car enfin faute de la connaissance exacte des prix de revient, n'estron pas sans cesse exposé à vendre à perte quand on •croit le contraire, et à courir à sa ruine en se berçant des plus trompeuses illusions.

Les questions de réforme de la comptabilité sont d'ailleurs aujourd'hui universellement à Tordre du jour, et notre commerce en général, tant intérieur qu'extérieur, est intéressé à ce qu'elles soient résolues le plus tôt possible chez nous. Les maisons sont prospères où Tordre règne, où Ton sait prévoir et calculer ; il en est de même des nations. C'est dire que la réforme de la comptabilité est aussi une question d'économie commerciale et sociale. .«

Eki définitive, la France entreprend actuellement de réformer, ^e perfectionner et de compléter son outillage industriel, commercial et agricole ; eh bieni la comptabilité n'est- elle pas, elle aussi, un outil prémeux, 'UU' outil de premier ordre, qu'il serait dangereux de laisser s'émousser plus longtemps, qu'il faut au contraire perfectionner avec le plus grand soin, afin qu'il acquière bientôt toute la précision voulue, nécessaire.

CSet outil, aux comptables qui le manient de le transformer! Mais, à ceux qui seront les premiers à bénéficier de son heureuse transformation de ne pas assister indifférents à ce travail.

ÉTAT ACTUEL DE L'eNSEIGNEMENT DE LA COMPTABILITÉ

Avant de nous occuper à fond des travaux du : Comité d'initiative d'un projet de Congrès des comptables pour l'unification de la

4 LE cougrès des comptables.

I comptabilité^ nous croyons qa*il ne sera pas inutile de présenter

I un aperçu de la manière dont la comptabilité est enseignée en I France à Theure actuelle. 11 faut être fixé au moins sommairement

! mv ce point et sur celui non moins intéressant de renseignement

) commercial, pour comprendre futilité d*un Congrès de comptables

I et se rendre compte des services qu'il pourra rendre à notre com-

merce, ainsi que des réformes indispensables qu'il est appelé à provoquer.

L'enseignement commercial, en France comme ailleurs, n*en est

encore qu'à la période de début. Avec les meilleures intentions du

monde sans doute on a jusqu'ici beaucoup erré et Ton a perdu un

I temps précieux! «Les économistes », dit M. Lefèvre, licencié es seien-

\û ces, ancien secrétaire de M. le J. baron de Rothschild, dans une bro

^ 1 1 chure très remarquable intitulée: Quelques mots sur l'enseignement

' I commercial en France^ « les économistes avaient cru pouvoir fain*

^ de Téconomie politique la base d'une science du commerce. ll>

^ ti tentèrent de faire l'application de cette idée à l'École supérieurt'

, < de commerce de Paris fondée vers 1821 et dont Adolphe Blanqui

^ (t fut longtemps directeur. On ne dut pas tarder à s'apercevoir que la

tr tentative était prématurée. Nous n'avons point ouï-dire qu'il sott

€ sorli de Técole ni de grands négociants, ni de grands financiers ou

« banquiers, ni même de simples professeurs aptes à développer et

* a perfectionner l'enseignement commercial. Quelle difiérence, au

a point de vue des résultats, avec l'Ecole centrale des arts cl

^ manufactures qui, fondée sept à huit ans plus tard par quelques

u vrais savants, [est devenue si rapidement une pépinière d'in-

<i génieurs, de chimistes et de manufacturiers si distingués! »

fi

M. Lefèvre va droit au but, le fait qu'il signale est frappant et la comparaison écrasante pour la première école. Nombre de commerçants, de financiers, de comptables distingués ont, pourtant, passé par l'école supérieure du commerce, mais on peut dire que la pratique des affaires les a faits ce qu'ils sont devenus. Que de choses leur restait à apprendre I Par contre que de choses à désapprendre, notamment en comptabilité, et combien de fois, -^ nous . " en appelons à leur sincérité, — n'ont ils pas désavoué in petto leurs

I \' premiers maîtres. Quant à des professeurs aptes à développer et à

; I < perfectionner l'enseignement commercial, nous ne croyons pas que

l'école en ait jamais formé un seul, du moins nous n'en connaissons ' pas.

, Si l'enseignement commercial avait pu être organisé par TUni-

versité, il en eut peuJt-étre été autrement; mais l'Université quipos-

sède toutes les lumières ne se reconnaît pas celle de la science du commerce et de ses comptes. Aussi s'est elle., par trop modestement peut-être, tenue à l'écart, dans une attitude favorable d'ailleurs à ce que l'on tentait de faire, prête à accorder appui et faveurs, à les prodiguer même.

A défaut donc de professeurs de l'Université, on a cherché des hommes possédant les connaissances techniques et pratiques spéciales à l'enseignement que l'on voulait créer et propager. Mais at-onbien cherché, tout au moins a-t-oneu la main heureuse ? C'est ce dont il est permis de douter lorsqu'on examine de près programmes et méthodes. Là oii il eut fallu pour initiateurs un arbitragiste possédant la science des Laffite, des Nathan Meyer de Rotschild, des Hentsch, un négociant doublé d'un industriel et d'un financier, tin économiste doublé d'un comptable expérimenté, on s'est contenté dès l'abord d'un simple professeur de tenue des livres, M. H. Vannier, dont les ouvrages étaient cependant l'objet de critiques aussi sévères que justifiées.

A la mort de Blanqui, l'école tomba entre les mains de Gervais {de Caen), et ne fut plus guère qu'un pensionnat où l'instruction n'avait rien de supérieur, que fréquentaient des étrangers séduits par l'étiquette de la niaison, et certains nationaux jji^gés incapables de suivre avec fruit les études classiques.

Lorsque, vers 1869, la Chambre de conamerce de Paris racheta cet établissement, elle s'empressa d'en confier la direction à un élève distingué de l'École polytechnique, M. Schwaeblé, qui, de concert avec un de ses camarades de la même école, M. Brésilier, ne tarda pas à relever le niveau de l'enseignement et à lui imprimer une consistance qu'il n'avait point eue jusqu'alors.

Toutefois, l'éminent directeur et son savant collègue se trpuvèrent en présence des programmes établis, et] de positions prises.

En effet, le cours de comptabilité formait la clef de voûte de renseignement donné à l'école, et M. H. Vannier, qui faisait ce cours,'dut accueillir avec un dédain suprême ces simples polytechniciens qui ne se pâmèrent pas immédiatement d'admiration devant les précieuses démonstrationsdu protégé deM. Duruy; qui hochaient de la tête à l'examen d'un programme accepté par ce ministre ; qui, enfin, ne professaient pas une admiration sans mélange pour une ^ méihodeapprouvée^ tout récemment alors, par le Conseil supérieur de r Université lui-même.

Ces « positions prises » durent même paraître inexpugnables au nouveau directeur. En fait elles étaient considérables.

Du haut de sa chaire de l'école supérieure de commerce de

RQ^*

Paris, M. Vannier, de par Vapprohation suprême, rayonnait sur renseignement spécial et sur renseignement universitaire, ses livres étant les seuls déclarés orthodoxes, les seuls connus, les seuls dont on se servit.

Toutefois il y avait bien quelques ombres dans le tableau. A vrai dire renseignement nouveau était plus goûté du public que des professeurs de sciences, aux yeux de qui programme et méthode, qui comprenaient, ou paraissaient comprendre toute la science du commerce, n'avaient rien qui parût digne démériter l'attention. A cet égard ce qu'il y a de certain et ^de significatif, c'est que M, Duruy ne put parvenir à faire admettre le dit enseignement - commercial dans la section scientifique du professorat, et qu'on dut finalement le rattacher à l'agrégation littéraire et economique,

M. H. Vannier se maintint donc avec peine à l'école supérieure de commerce, où l'on trouvait exorbitant qu'il fallût consacrer OUATRE ANNÉES à l'étude de la tenue des livres, enseignée d'ailleurs de façon à justifier les réflexions suivantes de M. Pigier, praticien dont personne ne contestera la compétence spéciale :

(( Les méthodes de comptabilité ayant été composées par dts^ ce théoriciens^ qui ont substitué aux enseignements de la pratique <c leurs conceptions arbitraires, on ne doit pas s'étonner si, avec de a tels «guides, dans les établissements qui font de la tenue des H livres une étude spéciale, les résultats ne sont rien moins que iK satisfaisants. Les élèves qui y sont formés ignorent si bien ee « qu'on a cru leur apprendre qu'ils se trouvent hors d'état de tenir <c les écritures d'une maison quelconque. C'est là un fait déplorable ii sans doute, mais que nous avons eu occasion mainte fois de couses tater, à l'égard même des élèves de V Ecole supérieure de cornu merce,

« Geux-ci, sur la foi du diplôme de capacité qui leur est délivré *t à la sortie de l'école, se flattent de posséder la science du compte table ; posez-leur une simple question, ils avoueront par leur '«'réponse qu'ils n'en connaissent guère les premiers éléments. *i Qu'on leur confie les livres, ils feront des écritures impossibles, «( et il en surgira une èorte de chaos qui jettera le négociant dans a le plus grand embarras et l'obligera à recourir à un habile pra- <f ticien pour rétablir sa comptabilité en désordre. Il faut, comme « nous, avoir été témoin de la candeur de ces diplômés, quand ils « sont mis à l'œuvre, pour* être entièrement édifié sur l'habileté « de certains maîtres réputés experts en comptabilité. »

QUESTIONS ACTU£IXES DE GOKPTABUJTÉ. 7

Combien de fois n'avons-nous pas personnellement reconnu la justesse de ces observations qui, pour dater de vingt années, n'ont presque rien perdu de leur vérité quant à ce que Ton apprend dan$ certaines écoles de commerce, et qui conservent toute leur actualité en ce qui concerne renseignement secondaire spécial, puique Ton continue à s'y servir de la méthode approuvée « à perpétuité? » par le Conseil supérieur de l'Université qui siégeait en 1866.

On trouvera dans le cours de ce volume nos appréciations propres sur la méthode Vannier, en attendant citons ici l'opinion de M. Lefèvre :

« Lorsque l'honorable M. Y. Duruy parvint, non sans efforts, à « organiser dans les lycées un enseignement secondaire spécial qui « correspondît mieux aux besoins de notre époque que le vieux « système scolaire et classique datant du moyen âge, on se préoc- « cupa surtout des applications de la science à l'industrie et à l'ait griculture. Il était peut-être difficile de comprendre alors que le « commerce n'était pas moins digne qu'elles de tenir sa place dans « les applications de la science. On lui fit cependant, sous le nom de « comptabilité y une certaine part dans le nouvel enseignement, et « ce fut un professeur de tenue de livres à l'École supérieure de « commerce de Paris et à l'École municipale Turgot, qui fut chargé (( d'en rédiger le programme. Pénétré-, comme tous ses pareils, de « l'importance de son art, il dut s'attacher à y faire consacrer un « temps d'études hors de toute proportion avec les difficultés du « sujet.

« C'est ainsi que la tenue des livres occupe, dans les lycées, « quatre années de cours ; et qu'au lieu de commencer tout simple* « ment à enseigner à l'élève comment on passe des articles du « brouillard au journal fit du journal au grand livre, ce qui pour- « rait l'intéresser, on va employer toute la première année à lui « fatiguer l'esprit d'une multitude de définitions, généralement « incomplètes et inexactes, qui n'ajoutent rien à l'idée qu'il se fait <c naturellement des personnes et des choses, ou à l'entretenir de la « description de documents et d'instruments qu'il suffirait de « montrer au fur et à mesure qu*on a besoin de s'en servir.

c( Quant au classement des matières, on peut se le représenter « de la manière suivante '.-supposez qu'on démonte tous les appa* <( reils d'un c&binet de physique, qu'on en jette toutes les pièces « dans un sac, et qu'après les avoir suffisanupent rémuées on les « tire au hasard une à une pour les définir ou les décrire, et l'on « aura une idée assez exacte de la méthode qui a présidé à la con-

8 LB COVfiftiS DES COMPTABLES.

m tection de ce {urogramme d» première année da coars de Gomp «« taUlité.

« En deuxième année, alors qae Télève n*d encore aucune {< notion de la comptabilité proprement dite, on lai fait connaître ti 1.^ livres auxiliaires qui n*en sont que le corollaire, et on lui ** enseigne la théorie des comptes courants dont Tidée nette ne li peut résulter précisément que de la connaissance préalable de la <^ tenue des livres elle-même. Or celte théorie des comptes courants '« avec intérêts réciproques, soit par la méthode directe, soit par la ^ méthode dite rétrograde, constitue une application assez élé- K gante d*un procédé algébrique très simple, dont les professeurs (« i)\i les auteurs de Tenue de livres s^eiïorcent de donner la démonsti i.ration en langage ordinaire, et produisent sur Tauditeur ou « le lecteur l'effet de canards en train d'avaler un peloton de I* ficelle.

« Enfin on arrive en troisième année à la tenue des livres pro- H prement dite, par laquelle on aurait dû tout simplement corn- <i mr^ncer^ et on la continue encore pendant la quatrième année, if où elle prend alors le nom.de comptabilité ou science des cornti hihaisons appliquées aux affaires,

« A la fin du programme officiel de la troisième année M. H. u Vannier dit: »

« Tout élève qui possédera les connaissances pratiques qui font H Tobjet tlu cours de comptabilité des trois premières années se <t trouvera en état de faire un excellent teneur de livres ; et si <^ quelque circonstance le forçait à interrompre ou à cesser des «i études, il aurait en main le moyen de se rendre utile dans les '■^ affaires et d*y gagner honorablement sa vie. »

C'est là une erreur complète. Mais poursuivons notre citation :

D'après le programme de quatrième année : « La comptabilité I est la science qui conçoit, exécute ou fait exécuter, c'est-à-dire la it. science des combinaisons appliquées aux affaires... Un comp- <r table doit être à la fois administrateur, économiste et finan- ^ cier.

« Ce qui n'empêche pas que ce cours de quatrième année où ^ ion va former, des administrateurs, des économistes et des finan- « ciers, continuera être à peu près exclusivement consacré à la fi tenue des livres; sauf quelques notions sur le change et les opérant lions de Bourse, qu'on fera bien d'apprendre toute autre part que <t dans. les livres du rédacteur des programmes, bien que l'auteur t<- tasse entrevoir dans une de ses préfaces la possibilité de gagner.

QUESTIONS ACTUELLES DE GOMP^TARiLITÉ . 9

« corame Jacques Laffitte^ 25,000 frscncâ par «n en faisant des arbi- « t]*ages suivant sa méthode. Disposer de pareils moyens et se « consacrer à Tinstruction, c'est à coup sûr du dévouement.

« Cette branche de l'enseignement de nos lycées, q»i est aujour- <c d'hui aussi incohérente qu'insipide, qui rebute les professeurs « aussi bien que les élèves, demande à être réorganisée sérieuse- « ment. » ' ^ * ■ . . . ,

C'est absolument notre avis.

Reprenons maintenant notre petit historique et disons qu'on se

sépara, sans regrets de part et d'autre, lortqùe, en 1871, l'ancien

professeur de rÉcolé de î^aris prit la direction d'une autre école

' supérieure pouf y implanter son enseignement, beaucoup plbs

' théorique que pratique et où le temps de l'élève est si fâcheusem-fent

' gaspillé.

Son remplaçant, M. Barré, le professeur actuel, fut nortiÀiéj I paraît-il, au concours, poursuit M. Léfèvre.

« Comme les teneurs délivres, qui sont pour la plupart.dévorés « de la rage d'écrire, il s'empressa de publier un cours complet de « comptabilité (\m donne une : fâcheuse idée, de la portée.de son « ensdgnement dans les grandes Écoles commerciales et munici- « pales où il professe et dont le personnel est recruté parmi les « hommes les plus distingués de chaque spécialité.

« Il faut, en vérité, que ces choses si délicates du comfBierce^ « de la banque et de la finance;: soient encore bien peu connues, « pour qu'on décore du grade d*officier d'A.cadémie des auteurs « auxquels les règles de l'arithmétique * ne sont pas moins ét^ean- « gères que celles de la syntaxe grammaticale 2.;,qul sont inoapa- « blés d'une définition nette 3 et d'une démonstration quelconque. <c Si Ton mettait sur la scène du Palais-Royal, dans la bouche de « Brasseur, de Gil-Pérez ou de Lassouche, certaiDCs explications ^ « de ces grotesques de l'enseignement, affublés d'oripeaux d'al- « gèbre^ toute la salle rirait à se tordre, copame si Diafoirus lui- « même parlait.

i. Court complet de comptahilUéy rédigé conformément au programme de rÉcole supérieure de commerce; 3« comptoir, comptabilité financière, Paris, 1975, page 62, ligne 2, et 11 ; page Ô3^ ligne 7 ; page 803, ligne 20.

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