‹ Le Congrès des comptables français: Questions actuelles de comptabilité et dChapitre 21 sur 88 · LES AUTEURS »B THAITÉS DE COMPTABILITÉ JUGÉS PAR EUX-MÊMES · texte numérisé non relu

LES AUTEURS »B THAITÉS DE COMPTABILITÉ JUGÉS PAR EUX-MÊMES

(Suite,)

Il est aisé de faire sa propre apologie, c'est d'ailleurs une tactique qui ne manque pas son effet auprès du public, bien embarrassé de discerner le vrai du faux, le charlatan de Thomnae de savoir réel, surtout en matière de traités de comptabilité.

— Prenez mon livre, pas celui d'à côté, s'écrie chaque auteur. Seul je dis la vérité, car seul je la possède; mes confrères sont des ânes qui veulent vous soutirer votre argent, prenez mon livre, prrrenez, prrrrrenez ! ! ! /

C'est comme à la foire. Il ne manque que la mise en scène, bon- . net pointu, porte-voix, grosse caisse, et le reste; quant au boniment c'est ejusdem farinœ, — Allons, messieurs, montez sur des tréteaux, cela sera plus drôle !

Mais continuons nos citations, parcourons jusqu'au bout cette galerie des auteurs de traités de comptabilité jugés par eux^ mêmes.

Voici ce que nous trouvons dans la préface du Traité complet et raisonné de comptabilité commerciale de M. A. Marguerat:

« Depuis longtemps la classe de la société qui lit, qui étudie et « qui veut apprendre la comptabilité commerciale, réclamait, sur « cette matière, un tcaité sérieux et complet, qui fût à la porluo « de toutes les intelligences, et d'après lequel on pût réellement, « sans le secours d'un maître^ apprendre la tenue des livres en « parties doubles .. L'ouvrage que nous publions répond, nous « osons l'espérer, à toutes ces exigences. Ce qui nous a engagé à «le rendre public, c'est la lacune immense qui existe dans les M traités qui Vont j^récédé. »

Ainsi en dépit de tout ce qu'ont dit les précédents auteurs, de tjoute la jactance qu'ils ont mise à annoncer que la fameuse lacune était comblée, il n'en était rien ; nouveau tonneau des Danaïdes cette lacune immense restait béante, et M. A. Marguerat y précipitait à son tour deux énormes volumes, sans plus de succès, hélas! que ses^ prédécesseurs, du n\oins s'il faut en croire les auteurs qui l'ont suivi.

Rendons justice à M. Marguerat: bien que sa préface ait tournure de réclame, le livre qu'elle annonce est l'œuvre d'un comptable. Il fourmille d'exemples pratiques pris sur le fait des choses, il est plein de bons conseils et d'enseignements excellents. Par malheur la seule édition qui en ait été faite, à Turin, est devenue fort rare. L'ouvrage est d'ailleurs présenté sous la forme peu heureuse de questions et réponses qui en rend la lecture fatigante. On peut néanmoins en recommander la lecture aux comptables et surtout aux professeurs, qui y trouveront d'excellents éléments pour la rédaction de leurs cours.

Citons maintenant M. Tissot, auteur d'une comptabilité nouvelle, donnant la partie double par les seules écritures de la par-

' tie simple : *

« Est-il néôessaire, pour être bon comptable, de connaître tous « les systèmes de comptabilité et de tenue des livres ? Nullement, « car toutes ces méthodes ne sont que des applications, variées de « principes invariables. Celui qui connaît ces principes pourra sans « grande difficulté juger de toutes leurs applications qui, du reste, « ne diffèrent généralement entre elles que par la manière d'ins- « crire les opérations sur le journal. »

Cela sort en apparence de la ^amme ordinaire. Mais s'il n'est nécessaire que de connaître les principes invariables de la comptabilité, à quoi bon une méthode de plus, une application nouvelle de ces principes? L'auteur a certainement la prétention d'avoir fait mieux que ses devanciers. C'est donc un système de plus à connaître, un livre de plus à acheter, coût : 7 francs 50, sans compter les cahiers, les registres à dispositions nouvelles, etc., etc., car M. Tissot se fait libraire et papetier, en concurrence avec MM. Valentin Poitrat, Larmigny, Dusser, Conventz, Tacaille, etc., etc. On ne trouvera que chez lui la méthode nouvelle et sa mise en œuvre. C'est, dira-t-on, une spéculation comme une autre. Soit. Reste à savoir si cette méthode, en admettant qu'elle fût réellement nouvelle, était réellement supérieure. Tout est là.

QUESTIONS ACTUELLEt DE COMPTABILITÉ. 81

Quant à être nouvelle, c'est très discutable. Au fond c'était le Journal à colonnes multiples, avec tous ses inconvénients, sur lesquels il est inutile de s'appesantir de nouveau. Par conséquent, la méthode ne pouvait être réellement supérieure. Tout au plus pouvait-elle être un perfectionnement du Journal-Grand-Livre, permettant une application plus facile de ce système, d'une application forcément restreinte comme on sait. M. Tissot a surtout voulu prouver que l'on pouvait donner la forme simple aux articles du Journal et obtenir la partie double dans les comptes. L'idée, qui n'est^pas de luij a été reprise plus tard par MM. Commandeur et Nony. Elle est 'évidemment praticable.

Somme toute, M. Tissot possédait le sujet qu'il a traité; c'était un chercheur et un érudit, résolu de sortir des sentiers battus. Son livre est d'ailleurs bien écrit, ce quin'est pas commun aux auteurs de traités de comptabilité : on peut donc le classer parmi ceux qu'il est utile de lire. Mais l'auteur ne l'a-t-il pas condamné lui-même vers la fin de sa carrière en se faisant partisan de la Logismographie italienne, inventée par le chevalier Gerboni ?

Continuons nos citations que nous pourrions multiplier pour ainsi dire à l'infini, mais que nous voulons restreindre aux plus intéressantes.

Voici ce que dit M. Talbottier, auteur, lui aussi, à' une tenue-, des livres la plus simplifiée, à l'aide de laquelle chacun peut en UN INSTANT Connaître et pratiquer la tenue des livres en partie double :

«La tenue des livres telle qu'on l'a connue et pratiquée jusqu'ici ^( a le défaut essentiel de n'être pas simple et à la portée de tous. « Au contraire, on en a fait un système compliqué, une science, « Est-il donc si difficile de compter ? Dégager la comptabilité des « théories et des formules au moyen desquelles on l'a érigée à l'état « de science, la ramener à une expression simple, établir un sys- « tème conçu de telle sorte que tout le monde pût le mettre en pra- « tique immédiatement sans leçons et même sans études préala- « BLES, tel est le problème que nous nous sommes proposé. Tous « les efforts tentés jusqu'ici dans ce sens étaient restés sans résultat. « Laissant la science dans les mêmes errements, leurs auteurs n'ont « fait qu'y apporter de vaines modifications, et ce qui demande de « longues et laborieuses études (sic) ils prétendaient l'enseigner en <( quelques jours. Cétail V absurde et Vimpossible. »

Coût de la méthode, en 60 pages, 5 fr. — Diable ! c'est cher.

82 us OONGIÈS 'TOiS G<llIPTAB£Efi.

ft On n^apas à apprendre eette BiéthcMle, iteinmaB fauteur, on « Ut sait. »

— Alors, ne Tachetons pas, c'est toqjours ça d'économisé.

Mais gardons noire sérieux devant cette tirade ridicule d'un professeur af&rmant qu'on sait à V avance la science qu'il a mis des années à acquérir, et soyons plus juste pour M. Talbottier qu'il ne l'est lui même, en reconnaissant qu'il a dû travailler beaucoup avant d'arriver à résumer sa méthode en 60 pages d'exposition, qui témoignent d'ailleurs auffisamment contre ses conclusions. Car enfin ne pourrait-on dire à cet auteur : A quoi bon même 60 pages seulement, si le lecteur sait à V avance ce que vous lui dites.

Nous lisons d'ailleurs, page 32 : « Bien n'est plus important qu'un» établissement de livres. Cette cê\xytq e\.\^t lànQ intelligence parfaite de tout ce qui doit constituer essentiellement la eomptabililé à venir. » Autant tout est simple et facikisi Je système a été bien conçu et organisé des l'abord, autant tout sercomplique et s'em barrasse, etc., dans le cas contraire. o>

Voilà une science facile qui demande comme an le voit une bonne dose de réflexion et d'expérience. On ne sait donc pas la comptabilité à l'avance, pas plus celle de M. Talbottier qu'une autre.

Quant à la méthode de cet auteur, c'eat encore une variante du Jonrnal-Grand- Livre. Gomme M. Tissai, mais bien avant lui\ ce q\ii est à porter à son actif, M. Talbottier donne la forme simple aux articles de son Journal et obtient la partie double dans les colonnes des comptes.

L'auteur supprime les mots dffit et avoir, il les remplace par les numéros 1 et 2 : Colonne 1, celle du débit. Colonne 2, celle du crédit. Tout article porté d'une part à la colonne 1 d'un compte, doit l'être à la colonne 2 d'un autre compte.

Eh bien, nous le demandons à l'auteur, quel progrès cette nouveauté théorique apporte-t-elle à la pratique ?

M. Talbottier croit être plus accessible à l'esprit de ceux qui 1& lisent en rayant du vocabulaire comptable les mots doit et avoir et en les remplaçant par entrée et sortie qui présentent seules des idées claires et nettes. Il dit : Toute valeur entrant dans un compte sort d'un autre, et réciproquement: Voila le principe. Et il ajoute :

« Avec cette notion, et les intitulés des colonnes du Journal- « Grand-Livre, qui font connaître et déterminent les choses qui

QUfiSTlQNS^AjCrrUBIXBS DE GOMPTABIUTÉ. ' 83

<i entrent Qi aéiles^q^Xi sortent ^ la comptabilité devient. palpable, on « la comprend, tOA. -s'en frend «oaiptede suite. »

« Au coobrake, elle ne raisonne (style Beauchery) qu'abstrac- « tivement par les formules mathématiques : débit et .crédit^ qui «•ont KincoDVénient d'éloigner ia ipenaée <s?^ o^ çfwr tf^^, en absor- « bant et perdant le réel dans une sorte d'algèbre. »

La vérité est, selon nous, qu'on peut expliquer les principes et le mécanisme de la comptabilité de plusieurs façons. Peu importe les termes, pourvu qu'ils soient justes. Mais il ne faut pas pour cela croire ériger un système nouveau, ni conclure à la suppression de tout ce qui embarrasse la théorie qu'on émet.

Débit et crédit ne veulent pas toujours dire entrée et sortie^ ce ne sont pas des synonymes absolus, il ne faut pas les confondre comme le fait M. Talbottier, comme l'a fait avec lui, mais plus tard, M. Beauchery, qui a repris, faite sienne cette idée, fausse en principe, de même que M. Tissot a repris et développé le système de rédaction du Journal en partie simple ^donnant la partie double dansles colonnes du Grand -Livre.

Nous dirons donc à TVi. Talbottier: Quand vous débitez X... d'un escompte que vous prenez sur un effet, ou d'un rabais qu'il vous accorde sur une vente, X... ne voit rien entrer chez lui. Au contraire, c'est vous qui recevez un bénéfice. Et cependant cette entrée se traduit sur votre Journal par un crédit dM compte de Profits et Pertes, pendant que chez X..., la perte subie, qui est une sortie de valeur, se traduit par un débit porté au compte de Profits et Pertes. Donc débita ow. doit, n'est pas synonyme du mot entrée, pas plus que 5or^2> n'est synonyme du moicrédit, ou avoir. Ces mots Doit et Avoir, Entrée et Sortie, ne s'équivalant pas ne peuvent donc pas indifféremment servir à donner l'explication exacte des mêmes faits comptables.

« Autre chose. Page 4, Fauteur dit : « Je rembourse un* effet à « recevoir et le regarde comme perdu, sauf à considérer sa rentrée « comme un profit. Où doit-il être porté ? A colonne i de Profits et « Pertes, et à colonne ârde Caisse. Je considère en effet, dans ce « cas, que le compte de Profits et Vtvie% reçoit la valeur fournie par « le compte de Caisse. » Or, le compte de Profits et Pertes, suivant l'auteur (page 5), ne pouvant rien recevoir ni fournir réellement, pourquoi lui fait-il recevoir un efiFet remboursé? Quelle contradiction, et quelle comptabilité! On devine que M. Talbottier opère ainsi pour supprimer le compte effets remboursés^ qui demanderait une colonne de plus à son Journal-Grand-Livre. Mais à force de

supprimer des comptes on arrive à supprimer tous classements , toutes traditions, tous renseignements, tous contrôles. Voilà cependant où mène invariablement et fatalement l'adoption du Journal- Grand-Livre.

Nous remarquons encore que Fauteur fait recevoir par le compte

Profits et Pertes un cadeau de 500 fr., et des successions. Ce ne

sont pas là cependant des bénéfices. Opérer ainsi, n'est-pas déna-

•turer le compte Profits et Pertes et lui faire indiquer des résultats

qui ne sont pas ceux relatifs au commerce ?

Etrange également la théorie qui fait ranger les comptes ouverts aux personnes (comptes divers) pages 7, avec ceux ouverts aux choses, et Fauteur a-t-ilbien raison de traiter d'absurde toute autre théorie? Prétendre également que les comptes mobilier et matériel sont des subdivisions du compte Marchandises, est inadmissible.

Nous pourrions multiplier nos criiiques, notamment à propos du Journal-Grand-Livre synoptique présenté par M. Talbottier, dont M. Beauchery s'est certainement inspiré, et qui ne constitue un avantage qu'en théorie. On ne peut nier évidemment que la pratiqua du Journal-Grand-Livre de M. Talbottier ne soit aisée à comprendre, il suffit en efl*et d'un peu d'attention pour être en mesure d'écrire sur ce livre et sans se tromper, soit une vente, soit un achat, etc. Mais tout n'est pas là en comptabilité, M. Talbottier le sait bien. A quoi bon apprendre une méthode facile mais mauvaise, théoriquement et pratiquement, mais incomplète, mais applicable seulement à quelques cas Isolés, par exemple aux entreprises qui n'ont qu'un très petit nombre de Comptes Généraux.

Il en est d'ailleurs de la comptabilité synoptique de M. Talbottier, qui date de 1843, comme de tous les systèmes analogues éclos depuis : aucun n'échappe au reproche de ne renseigner le chef d'entreprise qu'incomplètement, faute d'un nombre suffisant de colonnes qu'aucun format de papier ne peut permettre. D'ailleurs, ^i le commerçant aime à se rendre aisément et souvent compte de sa situation, il n'aime pas que chacun dans sa maison y voie clair de même. Aussi préférera-t-il toujours une comptabilité plus discrète, où ses comptes capital, profits et pertes, frais gêné' raux, etc., ne s'étalent pas constamment bmx yeux de tous.

LES AUTEURS DE TRAITÉS DE COMPTABILITÉ JUGÉS PAR EUX-MÊMES. MONGINOT, CONVENTZ, TACAILLE

Terminons cette revue des méthodes et des opinions émises par leurs auteurs en faisant quelques dernières citations, non moins édifiantes que les précédentes.

M. Monginot, dans un ouvrage remarquable intitulé: Nouvelles études sur la comptabilité, s*exprlme ainsi dans sa préface, p. 6 :

« En France, le premier traité qui ait paru, est celui que De la « Porte fît imprimer en 1673, ayant pour titre : La science des « Négociants et des Teneurs de livres ^ et c'est seulement à dater « de 1797 que Ton vit naître successivement les livres si nombreux « que nous possédons sur la tenue des écritures commerciales. »

« Le traité de De la Porte constate Tadoption de la Méthode « italienne par les commerçants Français. »

Par parenthèse, cette méthode italienne les Italiens la désignent aujourd'hui sous le nom de Méthode française. M. Monginot continue:

« Les ouvrages postérieurs ne révèlent aucune innovation que « celle d'un registre appelé Journal- Grand- Livre, et qui consiste « à établir, sur la page droite du Journal ordinaire , des colonnes, « tant pour le mouvement des valeurs, que pour la centralisation « des comptes courants, seuls comptes que l'on ait, dans ce cas, à « ouvrir sur le Grand-Livre. »

Ainsi M. Monginot, c'est à noter, ne tient aucun compte, comme innovation, de toutes les méthodes que nous avons précédemment passées en revue. Pour lui tout cela n'existe pas, rien de nouveau sous le soleil, en fait de comptabilité, depuis l'invention du Journal- Grand-Livre, attribuée à Degranges père (1797).

Une petite restriction, cependant, en faveur du système Beaucbery :

« Enfin, on a récemment propagé l'idée d'une comptabilité « dans laquelle on tiendrait autant de Livres que d'espèces de Va-

86 LE GONIÎRÈS DE8 GOBCPTABLES.

« leurs, plus un registre pour centraliser les comptes courants ins- « crits au Grand-Livre. »

« L'idée de cette comptabilité beaucoup trop morcelée^ de « même que celle du Joumal-Grand-Livre qui est très rarement « praticable^ ont fait peu de prosélytes. »

Piqué au vif, M. Beauchery réplique, page 37, 2® vol. de sa Ré' volution dans la comptabilité :

« Le mécanisme proposé et exposé par cet auteur pourrait suffi- « samment être décrit en quelques mots:

« Extension du procédé ou mécanisme Journal-Grand-Liyre. »

Voici d'ailleurs ce qu'en pense M. Pigier, ajoute M. Beauchery :

(c Les registres adoptés par les Nouvelles études ont la plus grande « analogie avec le Joumal-Grand-Livre ; ils ont par leur disposi- « tioir tous ses inconvénients ; l'auteur des Nouvelles études en « voulant réformer le système actuel, nous en a donné un plus <( imparfait encore.

« Cependant, continue M. Beauchery, l'auteur, tout en recon- « naissant que V intronisation dans la pratique du Journal-Grand- « Livre était déjà un progrès, avait posé en principe: que sa divi- « sion était trop restreinte pour que l'on pût y établir toutes les clas- « sifîcations dont l'utilité est sans cesse démontrée ; puis, que le tra- « vail qu'il nécessite est très grand, quune seule personne peut y « travailler, et qu'il en résulte du retard dans les reports au Grand- « Livre. Ce jugement eût dû faire supposer la condamnation de « son emploi, et c'est le contraire. »

Après quelques pages de critiques, M. Beauchery termine en ces termes :

« Si seulement, ^enc?an< cinq minutes, M. Monginot avait voulu « raisonner sur son œuvre, il n'aurait pas pris plaisir à ressusciter « des morts pour faire croire à un nouveau venu ; il n'aurait « pas cédé à la satisfaction de gratifier ses contemporains d'un (( entassement de faux principes, de fausses règles ; il n'eût pas fait « un épouvantable éclectisme, propre à désorienter toute cervelle « mal assise dans son crâne, »

Qu'en dis-tu, lecteur?

La vérité est que le système de M. Monginot a vécu, comme tant d'autres, ce que vivent les roses, condamné qu'il fut parles praticiens, par MM. Pigier et Beauchery, et par l'auteur lui-même, qui le

QUESTIOliS A£TIIEULES I^B CeHPTABILITÉ. 87

remania de fond en comble, sans pour cela mieisx réussir à faire école.

Au lecteur qui voudra s'édifier tout à fait sur cette méthode, nous recommandons la lecture de la Réfutation que M. Pigier en a faite, avec autrement d'autorité que M. Beauchery.

Ne quittons pas M. Monginot f^ans parler de la troisième partie de son ouvrage où il traite ex-profesto des vérifications de comptabilité, sujet que l'auteur possédait admirablement et sur lequel il aurait dû se borner d'écrire.

Citons maintenant MM, Girard et Guillaumot employés au Crédit Foncier de France et auteurs d[!un cours théorique et pr atique de comptabilité :

u En parcourant le plus grand nombre des traités de comptabilité « publiés jusqu'à ce jour, il est facile de se convaincre que leurs au- « leurs sont absolument étrangers à la pratique des affaires ; aussi « ces ouvrages, bien loin d'être un guide sûr, clair, offrant des faits « précis, telâ qu'ils ont lieu chaque jour, ne sont le plus souvent <( qu'une compilation d'écritures inintelligibles^ propres à jeter le « doute et la confusion dans l'esprit. »

Voilà qui est aussi sévère que bien pensé. Ces auteurs nous diront-ils pourquoi leur livre est absolument fait sur le même plan que les plus mauvais d'entre ceux auxquels s'adressent leurs critiques ? Une telle préface exigeait un livre bien fait, méthodique, au courant de la pratique comptable actuelle, et non un enseignement basé sur la tenue du brouillard unique^ avec passation, article par article, sur un journal du modèle de celui de M. H. Vannier, qu'on ne trouve nulle part dans la pratique. Nous nous attendions à y voir fonctionner le brouillard divisé ainsi que les comptes collectifs^ dont le secours précieux assure la rapide obtenu tion des balances; enfin nous nous attendions à trouver la division du Grand-Llivre en comptes généraux et comptes personnels ; le premier Grand-Livre donnant le contrôle du second, ainsi que celui du Journal. C'était un minimum.

Citons maintenant, sans commentaires, car cela nous entraînerait trop loin, quelques passages d'une circulaire de M. Conventz de Lyon, auteur d'une tenue de livres nouvelle intitulée : « la ligne

Page 1