LB GOIVGHÈS DES COMPTABLES
« donnera le plus de renseignements et qui sera le pltu conforme î< à la loi^, »
Nous avons tenu à citer en son entier la tirade de ce vaillant et charmant vieillard, qui provoque les^méthodistes à un tournoi sans précédent, dont le résultat ne pourrait manquer d'être curieux. Malgré son grand âge, M. Valentin Poitrat possède toute la fougue^ tout l'enthousiasme, toutes les généreuses ardeurs de la jeunesse.
Puisque le nom de M. Valentin Poitrat, le plus célèbre de tous les méthodistes, revient sous notre plume, qu'on nous permette de ne pas passer sous silence ce que dit le vénérable doyen des comptables à propos de V Unification des méthodes^ qu'il a rêvée un des premiers.
Après un éloge bien senti de ses ouvrages et une critique non moins bien sentie des ouvrages de ses concurrents, M. Valentin Poitrat s'écrie dans un accès de lyrisme où l'éditeur papetier se trahit.
u Et alors il n'y aurait plus qu'un seul et unique système ! comme <( il en est des poids et mesures'^. Toutes les comptabilités étant les <( mêmes, les employés en sortant des maisons pour entrer dans « d'autres n'auraient plus de nouvelles études à faire, le travail « serait plus facile et les vols moins fréquents. Il y aurait aussi « moins de chefs de maisons qui s'occcuperaient de leurs écritures, « eti; faudrait conséquemment plus de comptables, etc., etc. »
Pendant qu'il y était, M. V. Poitrat aurait dû ajouter: Alors aussi, en vertu des brevets que j'aurais eu soin de prendre, c'est chez moi, et seulement chez moi, que le public achèterait méthodes et registres. Tout contrefacteur, cela va sans dire, serait rigoureusement poursuivi, je deviendrais rapidement un riche monopolard ; et la gloire me caresserait de son aile, pendant que tous les méthodistes rivaux crèveraient de dépit et de faim, ce qui serait un assez réjouissant spectacle ; enfin, après ma mort, nos édiles reconnaissants ne pourraient manquer de me faire couler en bronze sur une place voisine.
Ce petit raisonnement n'est pas de pure fantaisie; nos inventeurs de méthodes, tous un peu libraires et papetiers, le reconnaîtront au passage, car ce rêve d'unifier la comptabilité, c'est-à dire de supprimer d'un coup toutes les méthodes dissidentes et de les rempla-
i. N'est-ce pas absolument là le programme du Congrès des comptables. Nous n'avons pas l'honneur de connaître M. V. Poitrat, mais nous lui tendons la main, et nous réclamons pour lui le titre de promoteur du Congrès qui lui appartient au moins autant qu'à M. Beauchery.