‹ Le Congrès des comptables français: Questions actuelles de comptabilité et dChapitre 24 sur 88 · M. Beauchery n'a pas manqué de répéter cela · texte numérisé non relu

M. Beauchery n'a pas manqué de répéter cela

OUESTIOîfS ACTUELLE» Dt: COMPTABILITÉ. 9i

cev par une méthode unique, tous l'ont fait peu ou prou. Ainsi M. Monginot dans aes-Nouvellefs études^ datées de 1854* s'exprime en ces termes sur ce point: « Dkns un temps où le développement de rindùstrie préoccupe si vivement les esprits on ressent de plus en plus la nécessité xie découvrir un système de tenue des livres « qui, se pliant à toutes les applications, conduise parla voie la plus « sûre à des déductions immédiates et précises. » Ce système, M.Mon> ginot ne tarde pas, bien entendu, à affirmer que c^estle sien, absolument d'ailleurs comme l'ont fait de leur côté MM. Tiss'ot, Cornet- Bichat, Bochet, Tacaille, Valentin Poitrat, Gonventz et tutti quanti.

Obtenir par des moyens et sous une forme quelconque un patronage officiel qui vous achemine Pàuteur privilégié vers un bel et bon monopole, tout semble être là. Gë patronage les uns, comme M. H. Vannier, le demandent au Conseil supérieur de l'Université, les autres comme MM: Poitrat et Conventz à un Juiy, ou comme M. Beauchery à un Congrès. Hélas! l'homme est ainsi fait, il lui faut la protectirm pour le fruit de ses œuvres, la prohibition pour le fruit de l oeuvre des autres. Toute liberté qui le gène lui semble un abus, toute concurrence qui l'entrave lui parait condamnable, mais tout privilège qfhi le couvre est à ses yeux excellent et justifié.

Mais laissons pour ce qu'elle vaut cette soif malsaine de privilèges et de patronages officiels qu'on ne satisfait jamais qu'au détriment du progrès et de la vulgarisation des sciences, et terminons par quelques dernières citations.

On ne lira pas- sans sourire l'extrait suivant d'un prospectus de M. Tacaille, auteur d'une comptabilité commerciale démotique, m partie double : la plus simple, la plus facile et la plus complète OTJi existe en EUROPE. Rien que cela !

Yoici le boniment :

« Le mécanisme de cette comptabilité est enseigné à fond, aux • <( élèves de douze à quinze ans, en une douzaine de leçons.

« Il fait économiser aux négociants dix heures de travail sur douze.

« Plus de pointage.

« Douze lignes pour douze mois. » (Toujours le nombre « douze.)

Impossible, n'est-ce pas, d'être plus expédilif. C'est vraiment merveilleux.

« Au Grand-Livre, il n'y a plus ni compte de Capital, ni Comptes 1. C'est-à-dire bien avant M. Beauchery, dont les ouvragés datent de 1865.

« Généraux ; tout est au Journal ! A la simple lecture de Fouvrage, « messieurs les Professeurs peuvent l'enseigner de suite et à fond, « sans avoir besoin de préparer les leçons!

« En DEUX MINUTES, TROIS AU PLUS (allons, mettons en cinq), on « peut connaître la situation du Grand-Livre en Débiteurs et Crédi- « teurs anciens et nouveaux^ y eût-il dix mille^ vingt mille « comptes ouverts sur ce Registre. » (Gela tient du prodige.) « N^est- « ce pas là le dernier mot de la comptabilité commerciale en par- « tie double? » (Oh I oui, après cela il faut tirer Téchelle.)

« Sous prétexte de faire connaître le système ancien, certaines « Institutions, abusant de la confiance des parents et de V avenir « des élèves (elles sont bien coupables), font encore semblant d'en- « seigner Tinutile et inextricable système du xvii* siècle, qui consiste « à avoir au Grand-Livre, le compte de Capital et les six Comptes « Généraux. » (Après tout, si elles ne font que semblant...)

« On affirme même (bah ! on dit tant de choses) que dans quelce ques villes académiques, il y a des Examinateurs qui recomman- « dent des ouvrages anciens, qui n*ont aucune valeur scientifique, « au détriment d'œuvres modernes, reconnues par toute TEurope « comme étant la dernière expression de la sci^ce en question. »

« Cette persistance dans la routine sera évidemment fatale à « la comptabilité commerciale, qui restera longtemps encore, pour « ne pas dire ÉTERNELLEMENTc?an5 V enfance! » Eternellement est dur, il faut espérer que MM. les professeurs se laisseront toucher de la grâce... démotique.

C'est aussi la pensée de M. Tacaille, qui termine en disant:

« 11 faut espérer que M. le Ministre de Tlnstructionpublique et, « par suite, MM. les Recteurs d'Académie, porteront leur attention « sur cet enseignement devenu aujourd'hui si facile et pourtant si « rationnel. » (Démotiquement parlant, bien entendu.)

« Cette mesure rendrait un immense service au commerce, tout « en sauvegardant la fortune publique ! » (Et en ne nuisant pas à celle de M. Tacaille.)

Pas d'autres commentaires, n'est-ce pas? Quant à la méthode qui fait les frais de cette réclame tapageuse, il s'agit naturellement du Journal-Grand-Livre, assaisonné à une sauce nouvelle ou à peu près.

Nous#avons gardé pour la bonne bouche l'opinion de MM. Pigier et A. Guilbaut, dont personne ne récusera la compétence.

M. Pigier dit :

« Nous avons étudié les auteurs les plus en vogue, entre autres « Ed, DegrangeSy L. Deplanque^ Jacîot^ Goujon etSardou^Mon- « ginotf H. Vannier ^ etc., etc. ; nous n'y avons rencontré que des

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