‹ Le Congrès des religions à Chicago en 1893 [microform]Chapitre 100 sur 195 · III. — LA FAMILLE D'APRES LE PARSISME · texte numérisé non relu

III. — LA FAMILLE D'APRES LE PARSISME

D'après ce qu'on a dit plus haut du principe élevé de la morale mazdéenne, on ne sera pas surpris d'apprendre que les parsis placent l'épouse à un rang élevé. La subordination d'une femme à son mari n'est pas fondée sur une prétendue infériorité spirituelle du sexe faible, mais sur la différence des fonctions que leur a assignées la nature. Aux yeux des mages, si le mari est le roi, sa femme doit être reine dans la maison. L'obéissance, il est vrai, est le premier devoir de l'épouse, mais ce n'est pas une obéissance passive inerte, perinde ac cadaver aut baculus. Loin de là, c'est une obéissance active, qui va au-devant de l'expression de tout désir noble et pur de son mari. D'après le Saddar *, la femme qui, trois fois par jour, le matin, après-midi et le soir, adresse à son mari les paroles suivantes, d'un cœur sincère, accomplit un acte aussi méritoire que si elle disait ses prières autant de fois : « Quelles sont tes pensées, afin que je puisse m'unir à tés pensées? Quelles sont tes paroles, afin que je puisse m'unir à tes discours? Quels sont tes actes, afin que je m'unisse à tes actions? » Une femme zoroastrienne, qui témoignait de la sorte son affection et son obéissance à son mari, était tenue en grand respect, non pas seulement par son mari et sa famille, mais da^s toute la société. Elle occupait une position plus honorable que celle assignée aux femmes par les autres cultes de l'Orient.

Le mariage est, d'après la religion de Zoroastre, une des conditions d'une vie heureuse. Mais la conception de ce bonheur est spiritualiste, et dépasse la recherche exclusive

1. Livre, en langue persane, contenant l'abrégé du Zend-Avesta. — Voir Barrows, II, p. 918.

des biens périssables. Relisons, pour, nous en convaincre, ce verset des Gâthas i.

« A vous, jeunes femmes et jeunes gens, qui contractez l'union matrimoniale, je dis ces paroles, que vous devez graver dans vos âmes : Puissiez-vous jouir d'une vie animée par l'esprit de bonté, en observant les lois de la religion! Que chacun de vous enveloppe son époux de droiture, comme d'un manteau, parce qu'alors assurément vous jouirez du bonheur! >

Le mariage, ayant une grande importance sociale , est tout particulièrement recommandé au nom de la religion. Mais ce n'est pas tout, il est prescrit aux parsis de favoriser le mariage de leurs coreligionnaires. Le célibat est considéré comme une cause d'appauvrissement pour la société. La personne qui, de son plein gré, vit seule est comparée à un terrain fertile ne rapportant rien par suite de la coupable négligence de son propriétaire qui ne l'ensemence pas.

« La pièce de bonne terre qui est cultivée avec soin ne contribue pas seulement à augmenter la beauté de la campagne, mais elle fournit la nourriture et les aliments aux habitants de la région. De même, les époux n'ajoutent pas seulement à leur propre beauté, à leur grâce, à leur bonheur, mais, par leur droiture et leur bonne conduite, ils parviennent à une situation qui leur permet d'assister autrui et de contribuer au bien-être de leurs voisins. >

Quoique les parsis soient tolérants, ils interdisent le mariage entre personnes de cultes différents, ces mariages mixtes pouvant, à leurs yeux, devenir une source de querelles et de discordes entre les membres de la famille. C'est encore par un sentiment de responsabilité envers Dieu qu'ils attachent une grande importance à l'éducation. Ils ne font d'ailleurs, pas de différence entre les sexes. Filles et garçons sont l'objet d'une égale sollicitude de la part des parents. L'éducation est à la fois physique, intellectuelle et morale. Le corps est l'objet de soins intelligents, afin qu'il ne soit pas un obstacle à l'épanouissement et au développement

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