CHAPITRE VIII
L'empire de lu loi finil uù cornmeoce celui de la conscience.
Napoléon I".
La religion est une force sociale. — Rapports des cultes avec rÉtat. — La religion et les problèmes sociaux. — La criminalité.
Il ressort des déclarations, qu'on a lues au chapitre précédent sur l'influence salutaire de la religion dans la famille, que la première est considérée par tous les peuplés civilisés comme devant être la pierre angulaire de l'édiflce social. N'est-ce pas là l'état normal? La religion prise dans son essence et pratiquée sincèrement n'est-elle pas le lien le plus fort qui puisse cimenter les relations humaines, de même qu'elle est le plus puissant ressort de l'énergie morale? Il faut, en vérité, de longues rancunes contre les excès du fanatisme clérical et l'aveuglement volontaire de nos libres penseurs du vieux monde, pour nier les bienfaits du sentiment religieux et le traiter d'aberration mentale.
Aux États-Unis, par contre, les libres penseurs, agnostiques, monistes ou membres des sociétés de culture morale, reconnaissent l'efficace de la religion au point de vue moral et politique. Ils en combattent les abus, en raillent les travers et en flétrissent les hypocrisies, mais sans en contester l'uti-
lité sociale. Au lieu de l'extirper, ils essaient de la transformer, comme on l'a vu par les discours du colonel lligginson et du D^ Carus *. Ils la respectent comme une des causes qui ont présidé à la fondation des colonies qui forment la grande République américaine et comme le plus important facteur de la civilisation.