‹ Le Congrès des religions à Chicago en 1893 [microform]Chapitre 111 sur 195 · I. - LA RELIGION EST UNE FORCE CIVILATRICE · texte numérisé non relu

I. - LA RELIGION EST UNE FORCE CIVILATRICE

Nous allons entendre tour à tour la démonstration de cette vérité pour le judaïsme, la religion de Mahomet, le bouddhisme et le christianisme.

i^ Le judaïsme, — c Le judaïsme, a dit M. R. Ely *, fut une force sociale, qui s'est exercée surtout en deçà des frontières d'une nation; il avait pour but d'y établir une république idéale sans paupérisme et sans ploutocratie. Bien plus, on peut dire que le but avoué du législateur était de maintenir Israël à égale distance de la pauvreté et de la richesse. La prière d'Agur ^ exprime bien cet idéal, jamais réalisé mais jamais oublié, des plus nobles âmes. Tout réveil de la pure religion a correspondu avec un effort pour l'atteindre. Les prophètes, ces grands réformateurs sociaux, furent les porte-voix de cette ardente aspiration d'Israël vers la justice sociale. La loi de Moïse était pour les faibles un boulevard, pour les opprimés un rempart et pour tous un refuge au temps de la détresse. Voilà pourquoi Israël faisait ses délices de la loi, j'entends de la loi sociale, non de la loi rituelle. Pour tout véritable prêtre ou prophète hébreu, la justice, sans la fraternité, n'était qu'un haillon sordide.

« Toute la législation de Moïse avait pour objet de développer la fraternité dans la nation, et, à cet effet, elle tendait à empêcher la séparation d'Israël en couches sociales trop

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