‹ Le Congrès des religions à Chicago en 1893 [microform]Chapitre 112 sur 195 · Ghap. III, p. 124 et · texte numérisé non relu

Ghap. III, p. 124 et

2. M. Richard T. Ely est professeur à l'université du Wisconsin. Voir Barrows, II, p. 1056-1057.

3. Proverbes, xxx, versets 8-9 : « Ne me donne ni pauvreté, ni richesse, mais accorde-moi le pain nécessaire, de peur que, dans l'abondance, je ne te renie et, dans la pauvreté, je ne dérobe ».

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tranchées. On redoutait les extrêmes dans les conditions économiques, et tout vrai conducteur du peuple s'efforçait de procurer à tous des chances égales. C'est par un corollaire logique de ces lois que l'on offrait à tout homme des occasions pour le développement de ses aptitudes.

t D'autre part, la république hébraïque ne fut jamais destinée à être une démocratie pure. On favorisa la formation d'un élément aristocratique parce qu'on voulait s'assurer la direction des plus sages et des mieux doués, et l'on enjoignit à tous d'obéir à cette direction. La sédition et la rébellion étaient réputées des crimes et Ton ne croyait pas à la chimère de l'égalité de tous, en fait de talents et de capacité gouvernementale.

€ Les dispositions relatives à la terre et à l'intérêt sont peutêtre les traits les plus importants de la législation mosaïque. — La terre appartenait au Tout-Puissant et n'était possédée par les enfants d'Israël qu'à certaines conditions strictement limitées. C'était un dépôt destiné à procurer l'entretien de chaque famille et non pas un moyen de faire fortune. Elle ne pouvait être, en aucune façon, monopolisée, sous peine d'enfreindre la loi fondamentale, et tout ce qui eût ressemblé à une spéculation sur les terrains aurait violé les conditions auxquelles on possédait la terre. Les lois sur l'intérêt étaient encore plus radicales : l'intérêt était défendu par Moïse, parce que cela eût été contraire au dessein social qu'il avait en vue. Les prêts devaient être faits pour assister un frère et non pas pour l'amour du gain.

« Les règles sur l'esclavage, a ajouté le rabbin Berkowitz, étaient relativement douces et avaient aussi pour but de prévenir l'accroissement de l'inégalité entre les citoyens, et nous y trouvons énoncée cette maxine, que la propriété individuelle n'existe qu'en vue de fins sociales *. »

2® LHslamisme. — M. Alexandre Webb, un Américain converti à l'islamisme, a tracé, d'autre part, un tableau trop ilatteur, pour être absolument réel et universel, de la civi-

1. Voir Bttrrows II, p. 1150 : Berkowitz, la Voix de la Mère des religions sur la question sociale.

lisation musulmane. Voici les principales vertus sociales qu'il a attribuées aux musulmans : i^ la prière — le musulman prie cinq fois par jour ; sa prière n'est pas une requête servile en vue d'un profit matériel, mais un hymne de louanges à Dieu — ; 2° la propreté — le musulman est obligé de faire des ablutions sur le visage, les narines, la bouche, les mains et les pieds avant chaque prière, donc cinq fois par jour, ce qui l'entretient dans un état de propreté physique — ; 3° l'abstention de boissons alcooliques et de tabac — ainsi l'ivrognerie est inconnue aux vrais musulmans — ; 4° les musulmans ignorent la prostitution, les infidélités et les scandales du divorce, tels qu'ils sont rapportés par les journaux d'Occident — on a vu, au chapitre vu, le tableau séduisant que M. Webb a tracé d'un intérieur musulman. La faculté du divorce est en effet strictement limitée à trois fois par le Koran et entourée, par la loi, de garanties pour la femme et ses enfants * — ; 5° les sarcasmes, les mauvais tours ipractical joking) et actes portant atteinte à la dignité humaine leur sont étrangers ; 6° ils mènent une vie simple et frugale et pratiquent l'hospitalité sur une large échelle *. Si l'on ajoute à cet exposé le témoignage des voyageurs, rapporté par Mme Sunderland, concernant le mépris des musulmans pour les joueurs et les ivrognes, on verra que l'état social, dails les pays où la loi de Mahomet est observée, est à certains égards supérieur à celui de bien des peuples chrétiens.

3<* Le bouddhisme, — A son tour, M. Dharmapala nous a décrit les merveilles de la civilisation, obtenues par le roi Asoka, en appliquant les principes du bouddhisme :

€ Il y a deux mille et cent ans, l'Asie entière fut soumise au sceptre d'un empereur, nommé à juste titre Asoka, c'està-dire les délices des dieux. Il mit toute sa gloire à répandre la doctrine de Bouddha à travers le monde, à l'aide de l'unique puissance de l'amour, et certes personne n'a pu contester son succès.

1. Savvas-Pacha, Étude sur la thi'one du droit musulman. Paris, 1892.

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