‹ Le Congrès des religions à Chicago en 1893 [microform]Chapitre 118 sur 195 · Barrows, II, p · texte numérisé non relu

Barrows, II, p

Les Israélites américains, dont les ancêtres ont pratiqué jadis en Palestine le régime de la religion d*État dans toute >a rigueur, ont accepté franchement le principe de la séparation :

c L*attitude du judaïsme vis-à-vis de TEtat est bien claire, a dit le rabbin Philipp>on *. Ses sectateurs ne sont juifs qu'en matière de religion; mais ils sont citoyens de leur patrie, où qu'elle soit, pour tout ce qui concerne le bien public. Le judaïsme repousse Tunion de FÉglise et de TEtat. Chacun doit suivre sa religion. Le judaïsme enseigne à ses adeptes que, si quelque circonstance se présentait où la. religion serait en conflit avec l'Etat, la religion doit se subordonner à TEtat : car nous ne reconnaissons aucun Etat dans TEtat. La religion et le pouvoir civil ont chacun son domaine ; aucun n'a besoin d'empiéter sur l'autre. >

Après avoir jeté un coup d'œil sur la destinée des juifs en France, en Hollande, en Allemagne, en Angleterre, M. Philippson en est venu à l'Amérique et s'est exprimé ainsi :

< Aux États-Unis, dès les débuts même du gouvernement, il n'était pas possible qu'il y eût incapacité civile pour cause de foi religieuse ; car tous ceux qui possédaient les qualités et remplissaient les conditions de citoyen étaient égaux devant la loi. 11 n'y avait pas de certificat de religion exigé pour ce qui est du gouvernement fédéral; cependant les Etats séparés pouvaient porter des lois instituant des certificats de religion. Ce fut le cas pour les juifs au Maryland. En 1818 fut présenté un projet de loi ayant pour objet d'abolir les incapacités qui avaient jusque là frappé les citoyens israélites, il fut adopté en 18:26. En 1867, par l'article 37 de la Déclaration des droits, on effaça toute distinction entre les sectes religieuses. Dans la Caroline du Nord, la loi faisait une différence entre les citoyens chrétiens et les non-chrétiens ; ce n'est qu'en 1861 que le colonel W. Johnston proposa l'abolition des incapacités frappant les juifs, qui n'eut lieu définitivement qu'en 1868. Quelques autres des treize Etats primitifs exigeaient, d'après leur constitution, antérieure à

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