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de la polygamie, la réponse du missionnaire Post et leî; conclusions du Ré?. G. Washburne, relatives à la possibilité d'une modification légale de la polygamie, du divorce et de Tesclavage. Ce dernier ne s'est pas prononcé moins catégoriquement sur la question des rapports entre Tislamisme et le christianisme.
< Comme les principes de la foi, a dit M. Washbume, en tant que fixés par le Koran, sont immuables, il n'est pas un musulman, pas un chrétien sérieux, qui croient à Téventualité d'un compromis entre les deux croyances. L'islamisme et le christianisme s'excluent mutuellement. Ce n'est que par une loyale comparaison de ces différences, que nous pourrions collaborer aux nombreux objets moraux ou sociaux que nous poursuivons en commun. »
Les relations des missionnaires avec les bouddhistes et les brahmanes sont beaucoup moins tendues qu'entre chrétiens et musulmans. Bien que les délégués de ces trois cultes à Chicago aient fait preuve d'une courtoisie et d'une réserve qui allaient parfois jusqu'à voiler les aspects choquants du polythéisme, on distinguait nettement parmi eux deux attitudes, l'une conciliante, l'autre agressive : les uns, les novateurs, avouant les transformations profondes subies par leurs cultes, ont fait au christianisme des avances et même des concessions considérables; d'autres, au contraire, se disant les conservateurs de la tradition, n'ont pas craint de faire leur procès aux missionnaires.
Ce sont les bouddhistes qui ont attaché le grelot. M. Dharmapala, secrétaire général de la Société Maha-Bodhi (de Calcutta), a reproché aux missionnaires chrétiens, envoyés à Ceylan, en Chine, en Birmanie, de manquer de tolérance et de désintéressement.
€ Le christianisme ne pourra s'établir en Orient, a-t-il dit, qu'en appliquant les principes de douceur, d'humilité et d'amour du Christ. Que les missionnaires l'imitent et ils seront partout les bienvenus! »
La pointe la plus hardie a été poussée par Kinze Ringa Hiraï, un bouddhiste japonais, laïque, à la figure d'ascète,
qui parle anglais couramment. Il a reproché aux nations chrétiennes d'Occident de traiter son pays d'une façon contraire à l'Evangile :
c Vous envoyez vos missionnaires au Japon *, a-t-il dit, et ils nous exhortent à observer la morale et à croire au Christ. Or nous désirons observer la morale, nous savons que le christianisme est une bonne chose et nous reconnaissons votre amabilité. Toutefois notre peuple reste perplexe et ne sait à qui entendre. Car, en même temps, les puissances chrétiennes se refusent à reviser ce traité de Tokyo qui nous a été imposé à l'époque du régime féodal (1858) et qui nous ôte toute juridiction sur les crimes commis chez nous par des étrangers. A tout moment, Américains et Européens foulent aux pieds nos droits et nos usages, sans que nous puissions recourir à un tribunal impartial. Est-ce donc là la morale chrétienne, la justice chrétienne?
c Je lis dans la Bible : c Si quelqu'un te frappe à la joue droite, tends-lui la gauche > ; mais je n'y peux découvrir un passage qui dise : c Si quelqu'un te demande justice, frappe-le sur la joue droite, et, une fois tourné, frappe-le sur la gauche >. Je lis encore dans la Bible : c Si quelqu'un veiàt te faire un procès, et veut prendre ton manteau, laisse-lui aussi la tunique > ; mais je n'y puis trouver cette maxime : « Si tu poursuis un homme en justice et que tu revendiques son manteau, fais-lui donner sa tunique pardessus le marché. >
Ces critiques étaient hélas! si bien fondées, que personne n'a tenté de réfuter M. Hiraï. Un courant d'indignation s'est emparé de l'auditoire ; on a applaudi avec frénésie ce païen qui , mieux que Voltaire , savait séparer la cause de l'Évangile de celle de ses indignes disciples. On avait senti vibrer en lui ces deux cordes foncièrement humaines : le patriotisme et le sentiment de la justice.
Les organes du brahmanisme n'ont pas été moins francs dans la critique des missions aux Indes orientales. Narasima