Barrows, I, p
Satsumchira (de Madras) *, a{)rès avoir reconnu la noblesse des motifs qai animent la plupart des missionnaires chrétiens, s'est demandé pourquoi le christianisme n'y faisait pas de plus grands progrès. Il a signalé trois causes : d'abord la méfiance, la répugnance, que des peuples vaincus ont à accepter la religion des conquérants, puis la diflPérence de caractère et de tournure d'esprit des Hindous et des Occidentaux, et surtout l'intransigeance des missionnaires à l'égard de leurs us et coutumes.
€ Vos missionnaires, s'écria-t-il, dans leur ardeur iconoclaste, attaquent quelques-uns de nos préjugés, qui ne sont pas nécessairement contraires au christianisme. Par exemple, on érige en article de foi pour un Hindou converti de se mêler à d'autres castes, on fait de l'usage de nourriture animale une condition pour l'admettre au baptême. Or laissez-moi vous dire, par ma propre expérience, que ces choses soulèvent chez nous une répugnance physique. >
Un autre Hindou ', le moine Swami Vivekananda, porta une accusation plus grave contre les missionnaires, celle de manquer de pitié :
« Vous autres, chrétiens, qui envoyez si volontiers des missionnaires pour sauver les âmes des païens, pourquoi n'essayez-vous pas de sauver leur corps de la famine? Pendant les dernières disettes dans l'Inde, des milliers de gens sont morts de faim, et vous n'avez rien fait! Vous bâtissez des églises partout ; mais le besoin le plus urgent, c'est du pain pour ces milliers d'affamés. C'est une insulte que d'offrir une religion à un peuple qui meurt de faim ! >
Le reproche était injuste, car tout le monde sait que le gouvernement britannique et les associations religieuses d'Angleterre ont rivalisé de zèle pour envoyer des secours pendant ces famines. La riposte ne tarda point.
Le Rév. Georges F. Pentecost (de Londres), qui a séjourné en Hindoustan, reprocha aux brahmanes de tolérer dans des milliers de leurs temples l'exercice de la prostitu-