Barrows, I, p
SITUATION aÉNÊRALE DU CHRISTIANISME. 255
lion sacrée : « Il y a, dit-il *, des centaines de femmes perdues, elles se prostituent parce qu'elles sont prêtresses, et elles sont prêtresses en qualité de prostituées ».
A cette grave critique, Virchand A. Ghandi (de Bombay) répondit à la séance suivante * :
« De tels abus ne sauraient servir d'arguments contre une religion, car, loin d'en dériver, ils se produisent en dépit de la religion. Il y a en effet un petit nombre de temples hindous, dans le sud de l'Hindoustan, où l'on emploie des chanteuses dans certaines occasions, et quelques-unes de ces femmes sont d'un caractère équivoque. Mais la société hindoue en a conscience et fait de son mieux pour remédier au mal. D'ailleurs on ne leur permet jamais de pénétrer dans l'enceinte propre du temple et elles sont si peu prêtresses, qu'il n'y a pas une seule femme sacerdotale du cap Comorin jusqu'à l'Himalaya. »
Ces escarmouches finies, les missionnaires R. A. Hume (des Indes Orientales), Haworth (du Japon), G. Candlin (de Chang-Haïj et G. Post (de Beyrouth) répondirent. Après avoir contesté quelques-unes des assertions de leurs critiques, ils avouèrent que l'instruction et la conduite des évangélistes employés laissaient beaucoup à désirer. Le Rév. Hume, . entre autres, s'est exprimé en ces termes ^ :
« Nous ne sommes pas aussi semblables à Jésus-Christ que nous devrions l'être et nous avons commis des fautes, surtout deux qui sont graves.
« Nous devrions étudier les livres sacrés de nos amis brahmanes et bouddhistes plus à fond et plus constamment. Nous devrions les fréquenter davantage, afin de mieux connaître leurs pensées intimes et leurs aspirations. En outre, quand nous voyons la vérité quelque part, nous devrions la reconnaître avec joie, comme venant du Père des lumières, et c'est être jaloux de Dieu même, que de penser qu'une vérité partielle peut être un obstacle à notre œuvre. 11 dépend de nous qu'elle soit un obstacle ou une aide. >