‹ Le Congrès des religions à Chicago en 1893 [microform]Chapitre 156 sur 195 · B.irrows, II, p. lOOfi · texte numérisé non relu

B.irrows, II, p. lOOfi

trer intransigeant; autant, à notre avis, ses représentants autorisés pourraient et devraient être indulgents quant aux formules dogmatiques, se souvenant des censures de Jésus contre les scribes et les pharisiens : Ils lient en faisceau de pesants fardeaux et les chargent sur Vépaule des autres, mais eux, ils ne veulent pas les remuer du bout du doigt *. En bonne conscience, de quel droit imposerions-nous à ces peuples d'une culture avancée des dogmes qui étaient inconnus des chrétiens des trois premiers siècles et qu'une nombreuse élite de la chrétienté moderne a rejetés?

Au point de vue de la morale, le^ différences sont plus tranchées encore entre païens et chrétiens. Nous les avons fait ressortir au chapitre v. Il ne s'agit pas, bien entendu, de comparer les mœurs des diverses races et d'en tirer des inductions pour ou contre la valeur éthique de leur culture respective. Gela ne serait pas équitable, car on ne saurait, en bonne justice, rendre une religion responsable de toutes les folies de ses adhérents. Ne sont-ce pas ces excès de zèle, ces aberrations du fanatisme qui ont engendré nos guerres de rehgion 2? Qui sait donc si le résultat d'une telle comparaison serait à l'avantage des chrétiens pris en masse? Mais, en comparant les codes de morale établis par Moïse, Maiiou, Confucius, Mahomet, Bouddha et par Jésus-Christ, on aperçoit des différences radicales et qui ne sont pas à Tavantage (les premiers.

La morale de l'Évangile est décidément très supérieure à celle de ces religions orientales, et par son principe de l'amour désintéressé allant jusqu'au sacrifice, et par sa sanction : l'élévation de notre vie morale à la vie en Dieu. Un hommage éclatant a été rendu à cette supériorité par plusieurs brahmanes, bouddhistes et rabbins; mais il reste encore à amener à cette conviction la masse de leurs fidèles et surtout à persuader les marabouts et les oulémas musulmans, qui, dans leur orgueil de successeurs du « Prophète », sont les plus récalcitrants.

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