‹ Le Congrès des religions à Chicago en 1893 [microform]Chapitre 16 sur 195 · Voir Barrow · texte numérisé non relu

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•2. S"'' les sept noms de DUui. voir l'art. Kahhala de M. Rouss dans lier 2op, lienl-Eneychpiidh- {•2*> édil.. Vil, p. 38-2).

musulmane. 11 nous suffira de dire qu'elle est inséparablement unie à la pensée et à Tactivité religieuse et politique de son fondateur. Mahomet vécut au vii« siècle de notre ère : après s'être rendu maître de la Mecque et de la plus grande partie de l'Arabie, il imposa le double joug des armes et du dogme à la population vaincue. 11 est à peine utile de rappeler que la doctrine de Mahomet se trouve contenue dans le Koran, dont l'article de foi fondamental est la croyance en Dieu. Voici à ce sujet un extrait du commentaire d'Omer Nessefi sur les livres sacrés (1 142 de notre ère}, traduit par le Rév. Washburne ^ principal du collège Robert à Conslantinople : « Dieu est un et éternel. 11 vit et il est tout-puissant. 11 sait toutes choses, entend toutes choses, voit toutes choses. 11 est doué de volonté et d'activité. Il n'a ni forme, ni corps, ni bornes, ni limites dans le temps et dans l'espace. 11 n'a ni parties, ni complexité, ni division dans son être, parce qu'il est ni corps, ni matière. Il n'a ni commencement, ni fin. 11 existe par lui-même. Il n'a pas été engendré. Il n'a ni demeure, ni séjour. Il est en dehors du temps, incomparable dans sa nature comme dans ses attributs, qui, sans être étrangers à son essence, ne la constituent cependant pas. » M. Washburne continue son analyse, en rapprochant de ces déclarations quelques lignes du catéchisme de Westminster : « Dieu est un esprit infini, éternel, immuable, en tant qu'il est sagesse, puissance, sainteté, justice, bonté, vérité. Il n'y a qu'un seul Dieu, le Dieu vivant et bon. » Il fait remarquer combien la théologie chrétienne insiste sur les attributs moraux de la divinité, ce que ne fait pas suffisamment le mahométisme. Mais M. Washburne réfute l'opinion que le Dieu de l'Islam est simplement un Dieu d'infinie puissance. 11 possède les attributs moraux de la justice, de la sainteté, de la miséricorde — on ne saurait le nier.

« De fait, il n'est pas de perfection concevable dont le musulman eût consenti à priver son Dieu. La conception

1. George Washburne, né en 1833, élève de l'Ecole théologique d'Andover, collaborateur de la Contemporary Ileview, est aujourd'hui directeur du collège Robert (américain) à Constanlinople.

qu'ont de lui les mahométans est celle d'un monarque absolu de rOrient, Son pouvoir illimité d'accomplir ce qui lui plaît fait de l'entière soumission à sa volonté le premier et le plus important des devoirs du fidèle. Le nom qu'ils donnent à leur religion implique cette idée. Islam signifie soumission ou résignation.... La différence essentielle entre la conception chrétienne et la conception musulmane de Dieu réside dans le fait que le mahométan ne se représente pas ce roi comme ayant quoi que ce soit de commun avec ses sujets, dont il est infiniment éloigné. »

L'auteur du mémoire met cette différence bien en relief, en nous montrant les conceptions de la théodicée chrétienne (telles que la parenté et l'affiliation avec Dieu, qui s'affirment dans les prières, où il est appelé notre Père) complètement étrangères à la pensée du monde musulman. Dieu est séparé de l'univers et des hommes par une dislance infinie. L'islamisme nous présente donc un monothéisme d'un caractère transcendant. Il renforce même l'idée de Dieu unique que l'on trouve dans le judaïsme, et ne connaît rien du Dieu d'amour et de consolation qui a inspiré au deuxième Isaïe les pages sublimes avant-courrières des révélations du Nouveau Testament. Bien plus, ce Dieu immuable, transcendant, est plus éloigné de notre pensée et de notre raison que le Dieu du mazdéisme, avec la double conception du principe bon et du principe mauvais pour expliquer l'existence du bien et du mal dans l'univers.

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