The Oriental Christ. Boston, 1894, in
•2. Barrows, II, p. 1083-1092.
€ Cette grande loi d'abnégation, de souffrance, de mort a pour symbole cette croix mystique, qui nous est si chère et qui m'est chère, à moi aussi. Chrétiens, répudierez -vous jamais le Calvaire? L'union de volonté et de caractère est le pluâ haut mais aussi le plus difficile degré de l'union avec Dieu. »
Y a-t-il beaucoup de chrétiens qui aient pénétré si avant dans le mystère de la rédemption? Quand un païen est parvenu à ce degré d'intelligence de l'Evangile, ne peut-on pas lui appliquer l'éloge que Jésus donnait à Nathanaël : Voilà un Israélite en qui il n'y a point de fraude, et dire de lui : < Voici un brahmane auquel il ne manque de chrétien que le nom ! »
4° Évolution du judaïsme, — Il n'a pas manqué de Nathanaëls, au Congrès de Chicago, parmi les israélites. Sans doute, il y avait des rabbins qui représentaient le judaïsme orthodoxe et ritualiste, celui qui ne voit point de salut hors de la loi, de la circoncision et de la viande kosher. Tel a été M. Pereira Mendez, rabbin de la synagogue hispanoportugaise de New York. Après avoir revendiqué pour Moïse la gloire d'avoir, le premier, doté l'humanité d'un code de morale, ce dernier s'est demandé par quels moyens les prophètes avaient accompli leur, œuvre. Il a répondu que c'était à l'aide de deux principes : 1° un principe de séparation, de rupture absolue avec les païens, et 2° un acte de protestation contre leurs ennemis et contre lés vices des € gentils », et il a conclu en disant que les juifs doivent continuer à vivre à part des < gentils », c'est-à-dire des chrétiens, et à protester contre tout ce qui est contraire à la loi de Moïse, jusqu'à la venue du Messie, qui réparera toute injustice et rétablira le royaume d'Israël dans toute sa gloire.
Mais cette thèse séparatiste, presque aussi intransigeante que l'attitude orgueilleuse de l'islamisme, n'a servi qu'à faire ressortir davantage le rapprochement étonnant qui s'est opéré entre les membres plus éclairés du clergé Israélite et du clergé chrétien, sous l'influence du milieu social américain et de l'étude de la Bible, faite en commun dans
les universités. En entendant le rabbin Isaac Wise, professeur au séminaire de Cincinnati, exposer le$ quatre dogmes qui servent de base à la théologie du judaïsme, nous nous demandions si c'était un chrétien ou un israélite qui parlait, tant était grande la similitude du point de départ, de la méthode et des résultats. Quel théologien prolestant n'applaudirait à ces déclarations * : < La vérité unit et apaise; Terreur engendre l'antagonisme et le fanatisme. Il semble donc que la meilleure méthode pour unir la famille humaine soit de construire un système rationnel et humain de religion, aussi exempt d'erreur que possible et d'en appeler directement à la raison et à la conscience de tous les hommes. »
Le rabbin Jiohler, de la synagogue Betb-El (à New York), s'est rencontré avec le cardinal Gibbons pour présenter la p£|.rabole du < bon Samaritain » comme la plus belle leçon de tolérance qui ait été donnée aux hommes. Voici un extrait de son discours ^ :
« Ces piaximes (de chanté envers tous les hommes), a-t-il dit, appartiennent-elles en propre au Nouveau Testament? Je les lis dans l'Ancien, je les ai apprises du Talmud et j'en trouve un écho affaibli dans le Koran. Le Dieu unique et miséricordieux de Mahomet ne commande pas moins formellement la charité et la compassion que le saint et l'unique d'Ésaïe et que le Père céleste de Jésus. Nous avons été et sommes encore trop téméraires, trop durs et trop peu charitables dans nos jugements sur d'autres sectes et d'autres credo. C'était une maxime excellente des anciens rabbins qui disait : < Nous jugeons trop souvent les nations étran- « gères et les classes différentes d'après les mauvais exemples < qu'elles offrent; Dieu les juge d'après leurs meilleurs et leurs € plus nobles types. » Y a-t-il une race ou une religion qui ne cultive pas une vertu cardinale capable d'ouvrir les portes du ciel à tous ses sectateurs ? Là il n'y a de privilège pour personne : le < bon Samaritain > de la parabole de Jésus, et