‹ Le Congrès des religions à Chicago en 1893 [microform]Chapitre 180 sur 195 · IV. — LE SIÈGE CENTRAL DE LA RELIGION DÉFINITIVE · texte numérisé non relu

IV. — LE SIÈGE CENTRAL DE LA RELIGION DÉFINITIVE

Après avoir ainsi recueilli le témoignage des principaux cultes sur les éléments ou caractères essentiels et sur le procédé de formation de la religion parfaite et universelle, le Congrès a examiné la dernière question inscrite à son programme, pour la 17° journée : « Quel sera le centre, c'est-àdire le chef-lieu ou la capitale de la future unité religieuse

de l'humanité? » Question séduisante et terrible à la fois, qui depuis des siècles fait le tourment des âmes religieuses, depuis la Samaritaine, demandant à Jésus s'il fallait adorer à Jérusalem ou à Garizim, jusqu'au pauvre nègre de l'Ouganda, tiraillé entre les missionnaires catholiques, protestants et musulmans et se demandant d'où lui viendra le salut : de Rome, de Canterbury ou de la Mecque.

On a vu plus haut les réponses plus ou moins explicites qu'avaient faites à cette question les brahmanes Mozoumdar et Dvivedi, les bouddhistes Hiraï et Kishimoto, les rabbins Kohler et Hirsch. Tous, sous une forme plus ou moins voilée, ont salué dans le Christ ou dans la croix du Calvaire le centre de la future catholicité religieuse du monde. Naturellement les ministres des confessions chrétiennes étaient tenus à moins de réserve. Aussi tous, Mgr Latas, pour l'Eglise grecque orthodoxe, Mgr Keane, catholique romain , les Rév. Barrows, Boardman et Dudley, du côté protestant, ont proclamé à l'envi que Jésus-Christ était le vrai et définitif sauveur du monde entier; mais, chose remarquable, aucun n'a revendiqué pour le siège de son Église particulière le privilège d'être un jour la capitale de la religion universelle.

€ Ce Congrès a montré, a dit le Rév. Keane *, que tous les efforts des tribus de la terre pour réveiller et faire avancer la doctrine de Dieu, toutes les tentatives faites pour révéler les moyens dont s'est servi le Tout-Puissant pour réconcilier l'homme avec lui, aboutissent logiquement à ce point culminant : Jésus-Christ. On a vu que tout ce qu'il y a de vrai, de beau et de bon dans l'enseignement des fondateurs de religion n'est qu'un avant-goût de la plénitude de vérité, de beauté et de ^onté qui lui fut accordée : Heureux les yeux qui ont vu ce que vous avez vu, a-t-il dit à ses disciples, car je vous dis que bien des rois et des prophètes ont désiré voir les choses que vous avez vues, mais ne les ont point vues, et entendre les choses que vous entendez et ne les ont point entendues (Luc, x, 23-21).

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