‹ Le Congrès des religions à Chicago en 1893 [microform]Chapitre 181 sur 195 · I. Barrows, II · texte numérisé non relu

I. Barrows, II

€ Nous connaissons Thonnêteté et la sincérité de ces sages de Tantiquité, et nous savons qu'il n'en est pas un seul qui n'eût considéré comme une folie et une impiété de se comparer lui, pauvre, qui allait tâtonnant après la lumière, au Saint unique, qui a pu dire : Je suis le chemin, la vérité, et la vie.,,. Je suis la lumière du monde! Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres , mats obtiendra la lumière de la vie (Jean, xiv, 6, et viii, 12).

« Ainsi le verdict des siècles proclame, après l'apôtre des Gentils , qu'aucun autre fondement ne saurait être posé que celui qui a été posé par Dieu même, à savoir Jésus-Christ (1 Cor., III, H). Aussi longtemps que Dieu sera Dieu et que l'homme sera l'homme, Jésus sera le centre de la religion à jamais.

« Je sympathise du fond de l'âme avec ceux qui sont passionnément attachés à des voies et à des organisations ecclésiastiques qui leur sont devenues chères par l'hérédité et par des souvenirs historiques dont ils sont fiers. Mais je dois mettre au premier rang la vénération et la fidélité envers le Fils de Dieu. La première question que j'ai à me poser (vis-à-vis de ces Églises séparées) est celle-ci : « Est-ce là la vigne? le cep façonné par les mains du Sauveur du monde? Et, si l'histoire démontre qu'elles ne le sont pas, alors à toutes les instances des parents et amis, le chrétien loyal doit répondre comme les Apôtres : Jugez vous-même sHlvaut mieux obéir à Dieu qu'aux hommes (Actes, v, 29).

« Des hommes d'un zèle sincère ont incarné de bonnes et nobles idées dans des Eglises dissidentes. Ils avaient raison pour leurs idées, mais ils eurent tort de faire schisme. 11 y a deux côtés dans l'Eglise de Jésus-Christ : un côté humain et un côté divin. Du premier côté, il y a toujours eu place pour toutes les réformes, pour l'élimination des défauts humains, car Notre-Seigneur n'a fait aucune promesse d'impeccabilité humaine. Mais du côté divin de l'Église, il ne saurait y avoir aucun changement, ni l'ombre d'une altération. Celte Église doit devenir un organisme parfait; toutes les divergences doivent se fondre dans l'unité, suivant le vœu du Seigneur : Puissent-ils être un en nous, comme toi, ô

Père y tu es en moi et moi en eux, afin qu'ils soient perfectionnés dans l'unité! (Jean, xvii, 21-33).

Ainsi, le savant recteur de l'université catholique de Washington, tout en revendiquant pour son Eglise Thonneur d'avoir été façonnée par les mains mêmes du Sauveur, a reconnu que, par son organisation humaine, elle était encore imparfaite et sujette à des réformes et a placé dans le Christ, qui représente son principe divin, le centre de la religion définitive.

Le Rév. G. D. Boardman a exprimé au fond, sous une forme différente, la même pensée dans un discours sur Jésus, unificateur de Vhumanilé, à savoir, que le Christ était le plus puissant artisan de cette union par son incarnation, par sa doctrine, par sa mort, par son immortalité. Nous en détacherons les deux passages suivants :

« Jésus, a-t-il dit *, est en train d'unifier l'humanité par sa doctrine. Prenez, par exemple, sa doctrine d'amour telle qu'elle est exposée dans le Sermon sur la montagne : ses préceptes sur la réconciliation, la non-résistance au mal, le pardon et l'amour de ses ennemis, l'ordre qu'il nous donne de nous servir, même pour les prières en particulier, du pronon... « nous » au lieu de « moi ». Ne voyez-vous pas que, lorsque tous les êtres humains, à travers le monde, mettant en pratique ces préceptes, deviendront, comme le Maître lui-même , des pacificateurs, aimant leurs ennemis et disant dans leur prière secrète Notre Père, l'humanité sera aussi devenue une unité bénie? — Ou bien, prenez le sommaire de son Sermon sur la montagne tel qu'il l'a donné dans sa règle d'or : Toutes les choses que vous voudriez que les hommes vous fassent, faites-les-leur de même, — C'est la contribution de Jésus à la philosophie sociale.

« Ou, si vous aimez mieux, prenez l'enseignement de Jésus sur ce que c'est que notre prochain , tel qu'il est dans la parabole du « bon Samaritain ». D'après elle, « être le prochain de quelqu'un », ce n'est pas être rapproché dans l'espace, ce n'est pas affaire de quartier, de cité, d'Etat, de

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