‹ Le Congrès des religions à Chicago en 1893 [microform]Chapitre 26 sur 195 · IV. — PSYCHOLOGIE DES RELIGIONS DE L'INDE · texte numérisé non relu

IV. — PSYCHOLOGIE DES RELIGIONS DE L'INDE

Nous interrogerons d'abord les bouddhistes. C'est M. Dharmapala qui nous donne la réponse à noire question, dans son mémoire Ce que le monde doit à Bouddha *.

€ C'est un glorieux privilège que d'appartenir à l'humanité! La dignité de l'homme consiste dans la faculté de raisonner, de penser et de se conformer au plus sublime idéal de la vie pure, de la pensée sereine et de la sagesse, sans se laisser séduire par des interventions étrangères. Bouddha déclare, dans le Saïmanna Phala Souita. que l'homme peut jouir ici-bas d'une existence glorieuse quand il est libre, sans peur et miséricordieux. Ce noble idéal proposé à riiomme peut être atteint par le plus humble des mortels et, s'il le réalise, l'élève au-dessus des riches et des rois. Quiconque exerce la miséricorde et observe la loi est mon disciple, dit Bouddha. Or la loi suprême à ses yeux est d'aimer tous les hommes et de sympathiser avec tous les êtres, même avec les animaux. »

Pour bien pénétrer le sens de cette conception de la vie, il faut se rappeler que les bouddhistes ont pour point de départ la conception brahmanique de la métempsycose.

L'esprit est lié à la matière dans une série d'existences antérieures à la vie présente et dont nous avons perdu le souvenir, par la raison que, nos états de conscience étant des phénomènes superficiels et passagers, nous ne pouvons pas sonder les profondeurs de notre être. Au point de vue psychologique, nous nous trouvons dans les mêmes conditions que vis-à-vis du monde physique; nous n'en apercevons qu'une partie infiniment petite et nous savons pourtant que l'univers est, suivant la belle expression de Pascal, « un cercle dont le centre est partout et la circonférence nulle part ».

Après les bouddhistes, les brahmanes nous ont apporté leur témoignage sur la nature spirituelle de l'homme : « Eh bien donc, s'est écrié l'éloquent moine Vivokananda.

I, Barrow?, U, 8CC,

l'âme est éternelle et immortelle, parfaite et infinie, et la mort ne signifie pas autre chose que le passage du foyer spirituel d'un corps à un autre. Notre état présent est déterminé par nos actions passées, comme l'avenir le sera par notre conduite actuelle. L'âme continuera ainsi à progresser ou à reculer, passant d'une naissance à une naissance et d'une mort à une autre. »

Sans doute, mais qu'est-ce que cette âme immortelle? Ici nous donnerons la parole au professeur Manilal X. Dvivedi i :

* L'individu est une copie parfaite du tout. L'homme est dérivé de son prototype, qui est dans la lune et s'appelle pitras. L'absolu est présent dans tout homme et dans tout atome (car l'absolu n'est autre chose que la somme totale de tout ce qui existe); seulement, dans cet état subordonné il s'appelle jiva ou âme. Cette âme manifeste plus ou moins sa nature originelle, suivant les conditions où elle est placée : de là les degrés de la vie et de l'intelligence. Ainsi chaque être est doué d'une âme, et la variété infinie, résultant de la contingence des êtres, empêche l'unité dans la connaissance.

« Chaque âme, dès qu'elle peut se rendre libre de cette contingence, réalise sa vraie nature. Pour parvenir à cette fin, les seuls moyens sont l'observation morale et la connaissance qu'on en tire. La durée de la vie ressemble à un champ, où l'âme recueille une moisson de bonnes ou de mauvaises actions et fait un pas en avant ou en arrière, dans la réalisation de l'absolu. Naissance, mort, assimilation et puis de nouveau naissance, telles sont les étapes de sa carrière jusqu'à ce qu'elle parvienne à réaliser sa nature et que toute contingence soit noyée dans l'absolu. La fin de l'homme, c'est donc de réaliser sa vraie nature et de s'unir à l'absolu. Une fois cette réalisation accomplie, l'homme est libre de toute restriction, un avec le tout absolu, libre à jamais et immortel. Il a échappé à l'évolution. > La psychologie des jaïnistes se rapproche plus de celle

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