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lité, et, d'où qu'il vienne, il mérite notre attention et notre plus profond respect, car il a été le mobile des actes les plus héroïques accomplis par l'humanité dans le domaine moral. >
c Mais on peut y faire deux objections. D'abord, dira-t-on, c'est au nom de la religion que les anciens ont pratiqué les sacrifices humains. A cela je répondrai que le sentiment religieux, comme toute chose, a besoin d'un certain temps pour devenir clair et lucide ; or le simple fait de son développement a amené peu à peu la désuétude et même la réprobation de ces coutumes sanguinaires qui, dans les temps historiques, étaient censées obligatoires. Les mêmes religions, qui ont eu pour point de départ des sacrifices humains, ont conduit ceux de leurs adeptes, qui ont suivi révolution des idées, sans se laisser enchaîner par les rites, aux sentiments d'humanité et de charité les plus exquis. Socrate et Platon avaient écrit l'introduction, et Sénèque le premier chapitre d'une œuvre dont saint Paul a écrit la conclusion. >
La seconde objection est tirée des violences accomplies au nom du christianisme. M. Volkonsky y a répondu ainsi :
c C'est le sentiment religieux, dira-ton, qui a produit des atrocités telles que l'Inquisition et les autres persécutions des temps modernes et même de notre temps. Jamais, jamais, jamais! Non, jamais la religion chrétienne n'a inspiré la persécution. Elle a inspiré les persécutés, mais non pas les persécuteurs. Qu'est-ce qui, dans une persécution, est le produit du sentiment religieux? C'est l'humilité, l'indulgence, le pardon, la patience, l'héroïsme, le martyre. Tout le reste, tout ce qui constitue l'élément actif de la persécution : intolérance, cruauté, supplices, tortures, tout cela est l'œuvre de passions personnelles ou politiques et non pas Tœuvre de la religion. C'est l'autorité qui châtie l'insubordination, et le fait que si souvent, au cours de l'histoire, des autorités ont été persuadées qu'en persécutant, elles agissaient ad majorem Dei gloriam, n'est qu'une mauvaise excuse pour elles, une excuse qui implique l'aveu d'un crime! »
Le Rév. E. L. Rexford, pasteur à Boston •, a bien marqut* les deux caractères essentiels de la vraie religion, dans son travail sur le But de la religion.
< Il y a ici une occasion solennelle pour tout homme sincère et nous espérons avec ardeur que de cette atmosphère de justice et de générosité il sortira une nouvelle définition de la vraie et de la fausse adoration, de la vraie et de la fausse religion. Je voudrais voir tout le monde ici confesser qu'un culte sincère, en quelque lieu qu'il soit rendu, est un culte vrai, tandis qu'une adoration hypocrite, en quelque lieu qu'elle soit offerte, est une fausse religion devant Dieu et devant les hommes. Voulez-vous savoir quel est le credo dominant aujourd'hui de par le monde, bien qu'il ne soit écrit nulle part? C'est que tout adorateur qui s'incline devant ce qu'il conçoit de meilleur et qui marche à la lumière qui brille à ses yeux, obtient les plus précieuses bénédictions du Ciel; tandis que l'homme au cœur faux et hypocrite, quel que soit son credo ou son rite, a de même accès sinon aux flammes, du moins à la poussière, aux cendres et aux ténèbres de l'enfer....
« Jusqu'à ce jour, d'après le point de vue traditionnel, chacun se disait vrai croyant, se faisant juge entre lui-même et la foi des autres. Or une charité plus efficace reconnaîtra quelque chose de divin dans la foi de tout homme qui l'adopte comme étant la meilleure. Mais ne lui laissez pas oublier qu'il y a d'autres hommes au monde. J'honore le père et la mère qui m'ont engendré, mais je les honorerai d'autant plus si je les considère comme des types de cette paternité universelle qui a engendré toutes les âmes. De même, je vénère la religion dans laquelle je suis né; mais je la vénérerai d'autant plus que je la regarderai comme une expression de cet esprit religieux universel qui a pour foyer éternel le cœur de Dieu. Je ne suis pas disposé à me tenir dans l'étroite enceinte de ma secte ou de mon parti, et, de là, à juger le monde. Je préfère me tenir dans le
1. Ancien directeur du collège Buchtel, à Akron (Ohio). pasteui' de l'Eglise de Roxbury (Barrows, I, p. 509-5'>2).
monde, comme étant du monde, et, de là, je juge mon parti et ma secte, et même cette grande section du monde religieux dans laquelle la destinée m'a placé. »
c Si la religion est un problème universel digne de notre étude, cette dignité réside dans le fait que nous avons été, nous sommes et nous serons à jamais entraînés dans cette évolution sacrée, qui exerce sa mystérieuse action non seulement sur les rudiments grossiers de Thomme primitif, mais sur la destinée progressive de toutes les âmes. Elle est une et indivisible, la providence de cet être infmi, qui est au-dessus de nous tous, au travers de tous et en nous tous. »