Voir Barrows, II, p. i
3. George Siephen Goodspeed, né en 1860, prit ses grades à l'université Brown (Providence) et étudia dans les universités d'Allemagne; appartient à l'Église protestante baptiste. Voir Barrows. I. r>r>4-56'i.
€ Lao-Tseu, nous dit Pung-Kwang-Yu, était un historiographe de la dynastie Chou, contemporain de Confucius; il était déjà un vieillard quand ce dernier n'était qu'un jeune homme. Aux yeux du vénérable sage, Confucius fît l'effet d'un fossoyeur bêchant dans la poussière des morts, tandis que Lao-Tseu est comparé par le jeune moraliste ta un dragon céleste volant à des hauteurs inaccessibles *. De tous les livres qu'il avait composés, un seul s'est conservé jusqu'à nous, le Tao-te-King^ ou c livre de la sagesse et de la vertu ». En voici le premier chapitre :
[éternelle; La Sagesse, qui peut s'exprimer en paroles, n'est pas la Sagesse Le Nom qui peut être nommé n'est pas le Nom éternel ! L'Être sans nom est l'origine du ciel et de la terre; L'Être avec son nom est la mère de toutes choses î Si l'on est constamment exempt de passions,
On voit son essence spirituelle!
Mais, quand on est constamment l'esclave de ses passions,
On la voit sous forme bornée.
Malheureusement, dans la suite des temps, la religion de Lao-Tseu s'est bien écartée de sa primitive simplicité, elle s'est compliquée de miracles, de légendes de dieux et demidieux, en sorte que le chiffre de ses livres sacrés s'est élevé h quarante ; et aujourd'hui, bien que le gouvernement chinois ait reconnu au grand prêtre du taoïsme le titre de Docteur céleste et la dignité de noblesse héréditaire, ce culte se réduit à des pratiques magiques, à la lecture de prières et au jeu d'instruments à corde; mais les taoïstes sont très ignorants des préceptes du Tao-te-King.
Même décadence dans le confucianisme, sur lequel le (Congrès a entendu deux mémoires : l'un très étendu, mais un peu confus, de Pung-K\vang-Yu ; l'autre plus court, mais mieux composé, du D' Faber, missionnaire à Ghang-Haï. Tous deux ont rendu témoignage à la supériorité morale
1. II est probable qu'il faut enteodi-e par là un cerf-volant. On consultera avec profit sur la littérature de ces cultes le savant ouvrage de M. le pasteur L.ebloJs (de Strasbourg), intitulé les Bibles et les Initiateurs religieux do l'humanité. Paris, 1883-1888, 7 vol. in-8. avoc planches.
i06 LE CONGRÈS DES RELIGIONS A CHICAGO.
de Gonfucius et inarqué le caractère social et politique de ses réformes.
t Gonfucius, a dit M. Yu i, parut sur la scène lorsque la fortune de la dynastie de Ghou-King était en déclin, alors que tyran sur tyran usurpait le pouvoir souverain. Il fut froidement accueilli par ses contemporains et finit ses jours dans une retraite chagrine.... Mais la postérité lui a libéralement payé le tribut de sa vénération et a exalté ses principes comme le trait d'union entre la civilisation ancienne et la civilisation moderne. Qu'étaient-ce donc que ces vertus et ces principes? On peut dire de lui qu'il a concentré dans sa personne toutes les vertus des sages de l'antiquité en sauvant des ravages du temps les six livres classiques ou canoniques. Ges livres, qui remontent à l'antiquité la plus reculée, sont : 1° le livre des Transformations (Y-King); 2° le livre des Annales ou Ghroniques (Chou-King) ; 3° le livre des (Chants ou Poésies (Chi-king) ; i^ le livre du Printemps et de l'Automne (Tchoun-Tsieou) ; 5° le livre des Rites ou des Mœurs {Li-Ki) et 6° le livre de la Musique (Yo-King). Ils traitent du développement de la civilisation, des exploits des pionniers do ce progrès et exposent les principes sur lesquels doit reposer la société, et dont les deux fondamentaux sont : le culte des ancêtres et la réciprocité.... Gonfucius a ainsi créé un type d'excellence morale, pour servir à la postérité. Or, après sa mort (479), l'empereur régnant, qui était de la maison de Tsin, tenta d'abolir dans le pays toute connaissance de l'antiquité en livrant aux flammes tous les livres retrouvés par le Sage de Lou. Ses disciples réussirent à en sauver la centième partie; c'est ainsi que les maximes dos anciens sages sont venues jusqu'à nous. »
En revanche, le D' Faber a montré sous une forme piquante le contraste qu'il y a enlre la Ghine dans les siècles qui ont suivi la réforme de Gonfucius et la Ghine actuelle. Il suppose que le grand législateur et son disciple Mencius (379-289) reviennent sur la terre et visitent la Ghine. A leur arrivée, Mencius félicite son maître de l'expansion de sa