II. — JAPON
Si la Chine est restée stationnaire ou plutôt Cî^l bien déchue de l'état moral et social qu'elle devait aux réformes de Confucius, le Japon a fait une évolution religieuse. Non seulement il a admis officiellement le bouddhisme et il tolère depuis peu le christianisme, mais il s'est rencontré des hommes pour tenter la réforme de la religion primitive nationale, le shintoïsme. C'est un Japonais, Reuchi Shibata, grand prêtre shintoïste, qui nous a exposé les doctrines de cette réforme appelée Zhikko ou la « Pratique >, parce qu'elle attache plus d'importance à la réalisation dos doctrines qu'à la spéculation i :
« Le fondateur de cette secte, nous a-t-il dit, Hasegawa Kakuguyo, naquit à Nagasaki, en loi!. Vers cette époque, l'empire était troublé par une série de guerres civiles, do famines et d'épidémies et le peuple était très effrayé par la manifestation de certains phénomènes physiques. Le jeune Hasegawa, Agé de dix-huit ans, gémissant sur l'état de son l)ays, entrejjrit des pèlerinages aux principaux sanctuaires shintoïstes et bouddhistes. Pendant qu'il offrait de ferventes prières sur la montagne de Foudji, i)arfois à la cime, parfois dans une grotte, il reçut une révélation, grâce au pouvoir miraculeux de la montagne, et se persuada qu'elle est la résidence sainte du Dieu suprême. A la suite de cette vision, il fonda la secte nouvelle, qu'il propagea dans tout le Japon. Après sa inort (à cent six ans), la lumière de sa doctrine fut transmise par une succession de docteurs. Le dixième fut mon père, Shibata Hanamori (1809-1891), qui, au milieu