I. Bavrowa. f. p
même de la rébellion de Meiji, propagea notre foi, par ses écrits et ses prédications, dans toutes les provinces. C'est lui qui corrigea les vieux dogmes, détruisit les préjugés et substitua le nom de Zhikko à celui de « secte de Foudji ».
Les principaux livres saints du shintoïsme sont le Kojiki (712), le Nihangi (720) et le Mariyoshin, qui est de la mémo époque. Voici comment Takayoshi Matsouyama * a résumé la doctrine du premier de ces livres :
« Au commencement, il y avait trois dieux dans le ciel; ils étaient les trois personnes de la Trinité créatrice, esprit invisible, objet d'adoration. Ce Dieu suprême hait le péché dont les hommes doivent se purifier. Ils doivent vénérer Dieu et le servir joyeusement. C'est en l'honneur de son excellence morale que le peuple célèbre des fêtes d'actions de grâces, où il offre les prémices de ses moissons. Il existe de bons et de mauvais esprits, les premiers dirigeant les hommes vers la justice; les autres s'efforçant de les en détourner. Le péché fournit aux mauvais génies l'occasion de mener l'homme plus avant dans la méchanceté; mais il peut être expié par des purifications et des sacrifices. Les âmes, après la mort, vont dans un séjour souterrain et sont soumises à un gouvernement différent de celui de ce monde, mais Dieu gouverne tous les esprits. — L'homme se compose du corps et de l'âme; cette dernière est très supérieure au corps, douée de facultés merveilleuses, et ses actes sont la source du bonheur. >
Ml. — H I NDOUST A N
L'Hindoustan a été le berceau ou l'asile de trois grandes religions : le brahmanisme, le bouddhisme et le culte de Zoroastre. Sur ces trois cultes, le Congrès a entendu des rapports bien étudiés, composés soit par des missionnaires, soit par
1. Né en 1846; professeur à l'université de Doshisha, où il a profess»; Vhistoire du Japon et du shintoïsme; converti au christianisme, il devint pasteur de TÉglise congrégationaliste du Japon et a été Tun des traducteurs de la Bible en japonais. Voir Barrows. It. p. \'M'2.
des prêtres de ces cultes respectifs. Ces travaux n'ont pas apporté grande lumière sur les livres sacrés de l'Orient, qui depuis le commencement du siècle ont été l'objet des études de nos savants orientalistes ; aussi ne signalerons-nous que les parties qui concernent les interprètes ou réformateurs modernes.
1° Brahmanisme» — Voici le tableau que Manilal Dvivedi Mabhoubaï », nous a tracé des transformations modernes du brahmanisme.
« Avant l'établissement de la domination britannique et la période de paix et de sécurité qui s'ensuivit, le peuple avait oublié son ancienne religion, et l'hindouisme avait dégénéré en une masse de superstitions, fondées sur de fausses interprétations des mythes du Pauranika. La diffusion de Finstruction amena le peuple à réfléchir et un esprit de réforme s'empara de tous les hommes qui pensent. Et pourtant, le changement opéré n'était pas du tout une réforme. Sous l'influence d'une science et d'une éducation matérialistes, celte masse de superstitions, qu'on désignait alors sous le nom d'hindouisme, fut dispersée à tous les vents, et fit place à l'athéisme et au scepticisme. Or cet état de choses ne pouvait durer dans l'Inde religieuse. La renaissance des études sanskrites mit au jour les immortels trésors perdus enfouis dans les Védas, les Oupanishads, les Darousanas et les Pranas et c'est par là que commença la réformation. »
« Mais il restait beaucoup de vives intelligences attachées à la pensée et à la civilisation réalistes, qui ne purent s'empêcher de penser que la religion de ces aïeux, dont ils admiraient la civilisation, devait être la seule vraie. Ainsi elles introduisirent leurs propres conceptions dans des textes des Oupanishads et des Védas et érigèrent un créateur^ transcendant et pourtant immanent, immatériel^ dont chaque âme désireuse de rédemption dut obtenir la faveur par une dévotion absolue. Tout cela ressemble à
1. Né en 1858; membre de la caste supérieure des brahmanes ; juge de paix à Nadiad (province de Bombay); membre de la Société philosophique de Bombay. Voir Barrows, I, p. 330.
la doctrine du Visishthâd vaïta Sampradayà; mais on peut dire avec certitude que la notion d'un créateur personnel extra-cosmique est étrangère au génie hindou. Etrangère aussi est la négation du principe de réincarnation, émise par ces novateurs. Ceux-ci, connus sous le nom d'adeptes du brahmo-somaj , se sont éloignés encore plus de l'hindouisme, en renonçant à l'institution des Varnas, aux règles établies sur le mariage, etc.
Une autre société mérite aussi notre attention, c'est le arya-somaj ou swàmi-dayananda. Cette secte a adopté la doctrine du Nyaya-Dars'ana et s'efforce de faire renaître la religion des Soutras, avec tous ses rites et ses pratiques sociales. Elle prétend avoir retrouvé la vraie religion des Aryas; elle se maintient donc dans les limites de l'hindouisme.
La troisième influence, qui se fait sentir, est celle de la société théosophique. Elle n'est liée à aucune religion particulière, bien qu'on retrouve dans les systèmes philosophiques de Vadvaïta et du yoga l'ensemble de la doctrine, qu'elle présente au monde, comme étant l'ancienne religion contenue dans les Oupanishads de l'Inde, dans le « Livre des morts » de l'Egypte, les systèmes de Confucius et Lao- Tseu, de Bouddha et Zoroastre, dans la Kabbale des Juifs et le Çoufisme des Musulmans. On ne saurait nier que cette société a excité dans tout l'Hindoustan beaucoup d'intérêt pour l'élude des questions religieuses et pousse beaucoup de monde à étudier nos livres sacrés avec un zèle nouveau et plus éclairé. Le temps seul montrera quel est le résultat efficace de tel ou tel de ces mouvements religieux *. »
En attendant, ce brahmo-somaj ou société des adorateurs de Dieu, que le brahmane Dvivedi a si résolument excommuniée de l'hindouisme, a fait ses preuves. Paraissant, il y a soixante ans, au milieu de cette population, qui adorait 33 millions de dieux et de déesses et pratiquait des rites
l; Barrons, I, p. 330-331. Comp. sur cette influence de l'arya-somaj €l dti brahmo-somaj le discours du Rev. Slater, missionnaire à Bangalorc. — Barrows, il, p. ini-ll76.
cruels, sordides ou grotesques, elle a créé un grand mouvement de rélbrme, qui a permis au gouvernement anglais irabolir les suttis ou sacrifices des veuves sur le bûcher de feur mari, de relever Tàge minimum du mariage légal, qui autrefois se faisait à sept ou huit ans, et d'autoriser les unions entre membres de castes différentes, etc. Voici d'ailleurs en quels termes Protab Chunder-Mozoumdar , un des délégués de cette société au (Congrès de Chicago, a dépeint le promoteur de cette réforme et énuméré leurs livres saints :
c II y a soixante-trois ans, au milieu du choc et du fracas de ces rites polythéistes, des cris lamentables de ces veuves vouées à la mort, un homme parut, un brahmane, de race pure et d'éducation orthodoxe; il s'appelait Raja-Ram- Moham-Roy. Dans son enfance, il avait étudié l'arabe et le sanskrit, et sa propre mère était Bengalaise. N'étant encore qu'un adolescent, il fit le voyage du Thibet, où il apprit à connaître la sagesse des Hamas. Avant d'être arrivé à l'âge d'homme, il composa un livre démontrant l'erreur du polythéisme et la vérité de l'existence d'un Dieu vivant. Ce livre lui valut des persécutions et même une telle désap* probation de ses propres parents, qu'il lui fallut quitter le foyer paternel pour un temps et vivre de la vie du pèlerin. En 1830, il fonda la société du hrahmosomaj et en même temps travailla avec le gouvernement anglais à abolir la coutume barbare des suttis. 11 fît en 1832 le voyage d'Angleterre, étant le premier Hindou qui ait mis le pied en Europe, et mourut en 1833. Ses restes sacrés sont enterrés à Brisco, où tous les pèlerins vont lui porter le tribut de leur vénération. »
< Les principes de la société étaient à l'origine ceux des anciens livres saints de Hindous; son monothéisme se fondait sur l'inspiration des Védas et des Oupanishads. Mais, dans la suite, quand le mouvement eut pris de l'extension, les membres du brahmo-somaj se mirent à douter que ces écritures saintes fussent infaillibles. 11 leur sembla entendre, dans leur for intérieur, une voix qui, çà et là, avec de faibles accents, contredisait les déclarations des
Védas et des Oupanishads. — Quels seront nos principes théologiques? Sur quelle base reposera notre religion? Quel est le livre qui doit faire autorité pour les vrais croyants? Ces objections, d'abord faibles, se firent entendre avec des voix de plus en plus hautes, en sorte que, vingt et une années après la fondation de notre société, elle dut renoncer à la doctrine de l'infaillibilité des écritures saintes des Hindous. Alors se présenta la question : N'y a-t-il que les livres saints des Hindous qui ne soient pas infaillibles? En effet, vous le savez, sur le trône impérial de l'Inde était monté le christianisme, tenant d'une main l'Evangile de paix et de l'autre le sceptre de la civilisation. La Bible avait pénétré dans l'Inde ; on avait tourné ses pages, lu et enseigné ses vérités. La Bible est le livre, qu'il n'est pas permis à l'humanité d'ignorer. Nous qui, déjà, reconnaissions la grande inspiration des livres sacrés hindous, nous ne pouvions pas ne pas reconnaître aussi l'inspiration et l'autorité de la Bible. Aussi, en 1861, nous publiâmes un livre qui renfermait des extraits de toutes les écritures saintes, comme le manuel qui devait servir à nos exercices religieux. Ainsi notre monothéisme repose sur la base des écritures saintes de tous les peuples (Bible, Koran, Avcsta, Védas, etc.) *. »
2^ Parsisme. — On a vu au chapitre I, p. 48, que Jinandji Jamshedi Modhi avait soutenu que le parsisme était monothéiste à l'origine et que le système, des deux principes du bien et du mal n'était qu'une explication philosophique de Zoroastre. Les parsis de Bombay avaient envoyé un travail sur Zoroastre et les livres sacrés, rédigé par Ervad Sheriarji Dabadhaï Bharucha et dont voici le résumé :
« Les parsis de l'Inde et de la Perse professent l'ancienne religion de Zoroastre, le célèbre sage et prophète de ce dernier pays. Tandis que la plupart des religions de l'antiquité, celles de l'Egypte, de la Chaldéc, de l'Assyrie, de la Grèce et de Rome ont disparu de la face de la terre, celle-ci a survécu à mainte épreuve et vicissitude et est encore florissante, sinon avec sa primitive vigueur, du moins avec plusieurs