‹ Le Congrès des religions à Chicago en 1893 [microform]Chapitre 59 sur 195 · V. — ISLAMISME · texte numérisé non relu

V. — ISLAMISME

L'islamisme était, comme on Ta vu, maigrement représenté à Chicago, par un Américain devenu musulman et par le directeur du collège chrétien américain à Constantinople.

Le premier, Alexandre Webb, a tracé du prophète de la Mecque un portrait trop flatteur, à notre avis. Après avoir déclaré qu'il n'y avait pas une seule vie de Mahomet, écrite en anglais, qui comprit l'esprit de l'Islam, sauf celle de l'émir Ali (de Calcutta), il a dit :

c Pour comprendre le caractère de Mahomet et sa doctrine, il faut savoir lire entre les lignes, analyser soigneusement la condition sociale des Arabes et, en particulier, la position de la femme dans la société de son temps. A dire vrai, les Arabes ne formaient pas encore une nation, mais c'était un amas de tribus pillardes et hostiles, avec tous les vices et les défauts des êtres qui peuplent les bouges de Chicago et de New York. Mahomet parut au milieu d'eux avec l'intention de les purifier et d'en faire un peuple plus civilisé et il agit en conséquence. »

« Pour comprendre l'esprit de l'islam, considérons le prophète dans son enfance. Tous les historiens s'accordent à dire qu'enfant, il se distinguait par la pureté de ses mœurs ; il fut exempt des vices qui affligeaient la jeunesse de la Mecque. Lorsqu'il fut arrivé à l'âge d'homme, son caractère devint irréprochable, au point qu'il était connu dans toute la ville comme c l'homme de toute confiance >. A son début dans la vie, il se fit marchand, suivant les caravanes de son oncle dans le sud de l'Europe et en Syrie. Il se montra excellent homme d'affaires. Il prospéra, si bien que la riche Kadijah, dont le mari venait de mourir, le choisit pour gérer les intérêts de sa maison. Il n'avait jamais montré d'inclination pour le beau sexe et son caractère n'avait rien de sensuel. Il épousa cette veuve et, avec elle, gagna une grosse fortune, au moyen de laquelle il fit le même commerce qu'Abou-Taleb son oncle. Ce n'est pas Mahomet, notez-le bien, qui la demanda en mariage; c'est Kadijah qui.

sans doute, à un point de vue mercantile, l'engagea ainsi à devenir pour la vie son gérant d'affaires. Mahomet, une première fois, repoussa sa proposition et l'aurait peut-être fait de nouveau, si son oncle Abou-Taleb ne lui avait conseillé d'accepter. Malgré la coutume de son pays, qui lui permettait de prendre autant de femmes qu'il lui plairait, les historiens chrétiens s'accordent à dire qu'il fut fidèle à Kadijah, pendant vingt-cinq ans, jusqu'au jour de la mort de cette dernière *. >

Quant au Koran, ce livre que deux millions de musulmans ne peuvent toucher sans le baiser, voici comment M. G. Washburne l'a caractérisé :

€ Le Koran prétendit être une révélation nouvelle et parfaite de la volonté de Dieu, et, depuis la mort du prophète jusqu'à ce jour, aucun musulman n'a invoqué les anciennes traditions de l'Arabie sur les Saintes Écritures de l'Ancien ou Nouveau Testament comme fondement de sa foi. Le Koran et les traditions sont suffisants et définitifs. Je crois que tout musulman orthodoxe regarde l'islam comme une religion distincte et absolument exclusive; il n'y a rien à gagner à l'appeler « une forme de christianisme ». Mais après avoir écarté cette assertion non fondée et reconnu l'origine indépendante de l'islam, il faut constater le lien historique qui le rattache au christianisme.

c Le prophète reconnaissait les Saintes Écritures des juifs et des chrétiens comme la Parole de Dieu, bien qu'on ne puisse prouver qu'il les ait lues. Elles sont mentionnées cent trente et une fois dans le Koran ; mais il n'y a qu'une citation de l'Ancien et une du Nouveau Testament. Les parties historiques du Koran correspondent au Talmud et à la littérature courante des sectes chrétiennes hérétiques, par exemple au protévangile de Jacques, au pseudo-Mathieu, à l'évangile de la Nativité de Marie. Bien que Mahomet eût des amis intimes parmi les chrétiens et les juifs, il finit par attaquer les juifs et déclarer la guerre aux chrétiens; il fit pourtant une différence entre les idolâtres qu'il fallait

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