Barrows, II, p. 956 et suiv
les suites fâcheuses du péché se sont manifestées ou bien ont triomphé de nos efforts pour les enrayer. La vie religieuse, seule, connaît la repentance, car celle-ci se compose d'éléments étrangers à la morale naturelle. Ai-je tort de dire que cette dernière prive l'homme de la plus grande somme de joies possible, en excluant la repentance? N'est-ce pas pour l'éveiller en nous que la voix de Dieu s'est fait entendre à l'humanité, depuis la première parole adressée à Caïn jusqu'au dernier plaidoyer du Christ ressuscité?... La repentance, d'après l'Évangile, recrée, par ses larmes sincères, l'âme de l'homme corrompue par le péché. Tenons donc ferme à ce trait distinctif de la vie chrétienne. La morale dépourvue de repentir suffirait peut-être à sauver des anges; mais, pour nous autres pécheurs, la repentance est à la fois la condition du retour à la santé et la pluie qui fait pousser une abondante moisson de bonnes œuvres.
e La vie religieuse est nettement séparée de la vie morale et élevée au-dessus d'elle par la régénération. Il y a là, en effet, une vie nouvelle, un homme nouveau, un principe fécond en conséquences de la plus haute importance. Du premier coup, ce principe exige plus que la loi morale et introduit de nouvelles raisons de lui obéir. C'est une énergie divine, reçue dans l'âme presque passive de l'homme et qui l'élève à la communion permanente avec Dieu. »
Tandis que M. Scovel a surtout fait valoir les services que la morale doit à la religion, M. le professeur C. H. Toy i, de l'université Harward, a mis en relief le caractère propre et social de la loi morale.
< La morale, a-t-il dit, est le complément de la religion ou plutôt elle a pour objet d'établir les règles de conduite qui nous aident à réaliser l'idéal religieux non défini. Ce n'est pas la religion qui nous a révélé ces règles, elle accepte les règles qui ont été élaborées par l'expérience. Il n'est pas de précepte moral, grand ou petit, qui n'ait été reconnu, éprouvé, approuvé par l'homme, dans ses relations avec ses semblables. La solidarité sociale est donc la source la plus