Barro\is, II, p
profonde de nos codes de morale. C'est ce sentiment qui entretient la sympathie, qui éveille les aspirations de l'individu à la perfection, qui définit cette perfection et qui crée ridéal. Travailler à l'édifice de l'unité sociale, c'est notre suprême devoir à tous, et l'ébranler, le miner, c'est le plus noir péché dont l'homme soit capable.... Ici nous apercevons la fonction morale de l'amour; ce dernier n'est pas codifié, mais c'est un instinct qui tend à l'unité. Cette pensée pénètre tout le Sermon sur la montagne.
€ L,a religion, acceptant le code moral établi par l'homme, l'identifie avec la volonté de Dieu par un procédé qui ne souffre pas d'exceptions. Il est clair que cela donne une forte impulsion à la vie morale ; ces moteurs sont : l'enthousiasme, qui s'empare de nous quand nous avons conscience de faire partie d'un plan grandiose, l'élan, que donne l'espérance ou la certitude de la victoire, et enfin l'exaltation, qui nait de la consécration à un beau dessein et du dévouement à un être transcendant. La masse des hommes regarde à Dieu, comme à un aide qu'on invoque dans ses détresses physiques, ou comme à un législateur du dehors, plutôt que comme à un allié dans la lutte morale. Aux esprits religieux il est réservé de puiser leur force dans le contact constant entre l'âme divine et l'âme humaine. >
Il ressort de ces travaux sur les rapports de la loi morale et /du sentiment religieux qu'il y a là deux facultés natives, ressortant l'une du domaine de la volonté, l'autre du sentiment, distinctes, mais très voisines et qui ne peuvent se passer d'un secours mutuel. < La vraie morale, a dit excellemment Éd. Scherer, a besoin de l'absolu ; elle aspire à la transcendance; elle ne trouve son point d'appui qu'en Dieu. La conscience est comme le cœur : il lui faut un au-delà. Le devoir n'est rien, s'il n'est sublime, et la^ vie devient chose frivole, si elle n'implique des relations éternelles i ! >
Passons maintenant en revue les systèmes de morale exposés par les représentants des diverses religions.
1. Études sur la littérature contemporaine, t. VIII, p. 182-183.