‹ Le Congrès des religions à Chicago en 1893 [microform]Chapitre 71 sur 195 · Barrows, I, p · texte numérisé non relu

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dernière, ainsi Mencius découvre la racine de ces vertus, constantes.

< Le sentiment de la pitié, dit-il, est le commencement de la bienveillance; rougir, du mal qu'on a fait, c'est commencer à devenir juste; une disposition à obéir est le commencement de la piété; le sens du juste et de l'injuste est le commencement de la sagesse. > Quant à la fidélité, il n'en parle pas, sans doute parce que c'est elle qui fournit aux quatre autres vertus leur qualité essentielle, la constance.

Les sanctions de ce système éthiqjie sont exclusivement placées dans la vie présente : < Fais ce qui est juste, a dit le grand Yu (2255 ans avant J.-C), et tu seras heureux; si tu ne le fais pas, tu seras malheureux. Les résultats ne sont que les ombres ou les échos de nos actions. » D'ailleurs cette loi de rétribution est immuable ; les rites du culte, les prières même n'y peuvent rien changer : t Celui qui a péché contre le Ciel, dit Confucius, n'a point de place pour prier >. La prière ne saurait profiter au méchant; il faut, pour être efficace, qu'elle s'appuie sur une vie vertueuse. Ne retrouvons-nous pas comme un écho de la maxime de Confucius dans ces paroles de l'Evangile : < Si tu viens présenter ton offrande à l'autel et que là tu te souviennes que ton frère a quelque grief contre toi, laisse là ton offrande devant l'autel et va d'abord te réconcilier avec lui » (Matth., V, 23-24) ; et un peu plus loin : « Ce ne sont pas tous ceux qui me disent Seigneur! Seigneur! qui entreront au royaume des Cieux, mais ceux-là seulement qui font la volonté de mon Père > (Matth., vu, 21) ? En somme, la morale de Confucius est solidement établie sur la nature des choses, sur l'ordre social régulier; mais elle a rompu presque tous les liens avec les rites de la religion et n'a conservé qu'une vague notion du monde invisible dans le culte des ancêtres.

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