‹ Le Congrès des religions à Chicago en 1893 [microform]Chapitre 72 sur 195 · NI. — MORALE BRAHMANIQUE · texte numérisé non relu

NI. — MORALE BRAHMANIQUE

Si de la Chine nous passons à l'Inde, nous y trouvons trois grandes religions : le brahmanisme, le bouddhisme, l'islamisme, et une, petite par le nombre de ses adhérents

actuels, mais grande par les souvenirs de son histoire, le parsisme. Nous considérerons d'abord les deux premières.

Au fond, la morale brahmanique et la morale bouddhique procèdent de la même idée mère, l'idée de pureté; mais elles diffèrent beaucoup par l'orientation générale et par les sanctions de la conduite. La première regarde surtout à Dieu, à Brahma, à la grande âme de l'univers, en qui elle tend à s'absorber après une série de réincarnations ; tandis que la seconde ramène l'attention sur l'homme et ses misères présentes.

La morale du brahmanisme a été exposée à Chicago par les brahmanes Manilal Mabhoubaï Dvivedi et Sv^^ami Vivekananda, moine de Bombay. Nous emprunterons au travail du premier sur la philosophie advaïta ou Mimanse Vedanta ^ ce qui concerne les devoirs envers l'homme. Le Bhagvadgita dit :

€ Les gens éclairés regardent du même œil un brahmane plein de savoir et de justice, une vache, un éléphant, un chien ou un chândala (homme de la caste inférieure). Et c'est avec raison qu'une chanson populaire ajoute : Celui- € là seul voit les choses sous son vrai jour, qui considère la « femme d'autrui comme sa propre mère, le bien d'autrui « comme des ordures et tous les êtres quels qu'ils soient « comme lui-même ». D'autres religions enseignent à aimer son prochain comme un frère; Vadvaita commande de regarder tous les hommes comme soi-même. La philosophie de l'absolu n'a plus égard aux distinctions de caste ou de credo, de race ou de pays, de sexe ou de coterie. C'est la religion de l'amour pur et absolu pour tous les êtres, depuis la minuscule fourmi jusqu'à l'homme le plus considérai)le. Par-dessus tout, Vadvaîta est tolérante pour tous les credo religieux, car elle considère les différents modes de pensée comme autant de moyens de réaliser l'absolu, apprppriés aux aptitudes de leurs adhérents respectifs. »

Virchand Gandhi (de Bombay) a complété ce tableau par son étude sur la morale ascétique des jaïnas *.

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