Whose d-welling is the light of setting suns
And the round Océan and the liring air, And the bine sky and in the mind of man !
Wordsworth.
LA RELIGION ET l'aRT. 457
d'hui vers le ciel en Thonneur du Dieu de la lumière. C'est ce même sentiment qui a fait élever le Parthénon sur l'Acropole, comme un diadème; qui a édifié les cathédrales du moyen âge ; qui a trouvé son expression par le pinceau de Michel-Ange et de Raphaël. C'est lui qui, grâce au génie des maîtres de la musique, a pénétré notre vie moderne et entouré notre activité d'harmonies, qui sont comme les échos de la musique des sphères célestes. >
Après ces considérations générales, venons-en aux deux arts qui ont fait l'objet de quelques discours au Congrès : l'architecture et la musique.
1° Architecture. — M. J. H. Barrows, partant de cette idée que la religion est le plus grand fait de l'histoire, considère les temples de l'Orient, les pagodes de la Chine, les mosquées et les cathédrales comme autant de tentatives de réaliser, sous forme visible, une même aspiration religieuse. D'après lui, < les manifestations extérieures, gracieuses ou grandioses, délicates ou puissantes de soucis immatériels, donnent à la vie de l'homme si pleine de luttes et de tristesses un reflet de la gloire et de l'éclat des cieux. L'âme humaine représentant dans ses aspirations infinies l'image du ciel transfigure les sombres annales des siècles. Qu'est l'architecture religieuse, sinon la réalisation d'une idée? L'idée inspire à l'artiste le plan de l'édifice, et celle-ci rappelle aux générations qui passent des traditions sacrées, des leçons morales, des enseignements religieux. Les temples chez tous les peuples sont un signe de la puissance créatrice de la religion. C'est ce qui établit un lien de sympathie entre la majestueuse mosquée, la pagode chargée de dessins bizarres, le sombre monastère de l'Espagne et l'humble lieu de culte des sectes protestantes. Temple, église, synagogue, mosquée, tous ces édifices sont l'expression sinon d'une même foi, du moins de préoccupations communes. La crainte et l'espérance, le sentiment de l'adoration, l'aspiration vers l'infini, s'y trouvent représentés à des degrés divers. L'art est au service de l'idéal. >
M. le colonel Higginson, dans son discours sur la Sympathie des i^eligions, a traité, en passant, l'architecture
religieuse *. A ses yeux, l'adoration en esprit et en vérité est très supérieure à ces formes matérielles et aux « écritures de pierre >. Il a néanmoins essayé de dégager le sens religieux de quelques-unes.
c Les cathédrales du moyen âge, a-t-il dit, rappellent dans leur architecture les contrastes de Fespérance et de la terreur. Au-dessous du portail de la cathédrale de Notre- Dame de Paris, d'étranges personnages retenus par un bras dans la pierre s'efforcent, dans les transes d'une agonie suprême, de s'en dégager; des diables ont terrassé de méchants rois et de mauvais prêtres. Après le jugement, des démons grimaçants comme des singes entraînent la troupe des damnés, y compris prêtres et rois. Cependant la nature triomphe de toutes ces terreurs, et je me rappelle qu'entre les cornes de l'un des principaux diables une hirondelle avait bâti son nid et y faisait entendre son gazouillement, pendant que j'observais l'église. — Et ce n'est pas seulement en plein air que la nature affirmait ainsi sa victoire : à l'intérieur de l'église la magnifique figure de Jésus représente le triomphe de l'homme sur ses terreurs. »
De même, un voyageur anglais qui vient de traverser le Thibet, après avoir décrit un sanctuaire consacré à l'idolâtrie, rempli de tableaux de luttes entre des esprits infernaux hideux et des dieux non moins hideux pourvus les uns et les autres de têtes et de bras multiples, continue son récit en ces termes :
c Mais au milieu de toutes ces figures repoussantes d'un type inférieur, agitées par les passions mauvaises, on voyait çà et là, formant un contraste frappant avec tout l'entourage, une statue du méditatif Bouddha aux beaux traits, calmes, purs, miséricordieux, tels qu'ils ont été transmis par la peinture et la sculpture depuis deux mille ans *. »
Cette idée de la paix, de la sérénité, que la religion procure, en nous aidant à vaincre les passions et les terreurs auxquelles l'homme est en proie quand il est seul en lutte avec la nature physique, a été bien mise en relief par ces