‹ Le Congrès des religions à Chicago en 1893 [microform]Chapitre 87 sur 195 · Barrows, II · texte numérisé non relu

Barrows, II

3. John Brown, ardent partisan de l'émancipation des nègres aux États*

et rhymne de Garibaldi ; il aurait pu citer aussi notre Marseillaise, — Ensuite, il vient à la musique religieuse :

« Le Christ, dans un moment où les cœurs de ses apôtres étaient accablés de tristesse et où toute parole eût été sans effet, entonne un cantique en se rendant au mont des 011viers. Après que Paul et Silas eurent été battus de verges et jetés dans un cachot, ils chantèrent des hymnes spirituelles, qui leur firent oublier leurs humiliations. Je lis dans l'histoire de l'Eglise que, quand le génie assimilateur de Rome entreprit d'évangéliser l'empite, saint Ambroise, évêque de Milan, au m® siècle, fit un recueil de modes grecs et en adapta un certain nombre aux cérémonies chrétiennes, et que ces modulations furent plus tard rétablies sur un nouveau type par le grand pape Grégoire I®"^, qui dota l'Église du chant grégorien. — Ces chants représentent la première forme de l'émotion religieuse interprétée par la musique. Nous ne saurions exagérer la puissance de ces mélodies primitives, bien qu'elles paraissent rudes à nos oreilles. Il est difficile de se représenter l'effet produit par Augustin et ses moines quand ils débarquèrent en Grande- Bretagne, psalmodiant les antiques chants grégoriens. Quand Ethelbert donna son consentement partiel à la mission d'Augustin, le saint s'éloigna du roi et dirigea ses pas vers Cantorbéry, où il devait être le premier archevêque chrétien. Les moines qui l'accompagnaient entonnèrent l'un des chants grégoriens : « Détourne, ô Seigneur! ton courroux de cette cité et ta colère de ses transgressions ». Tel fut son cri de guerre....

Je vous rappellerai aussi le rôle à la fois passif et actif de l'Eglise chrétienne : passif, quand les fidèles écoutaient en silence de doux psaumes ; actif, quand ils éclataient en alléluias et en chants de louange. Vous dirai-je le réconfort que l'Eglise doit à Luther, qui, en approchant de la cité de Worms, se leva dans sa voiture et entonna son hymne : « C'est un rempart que noire Dieu... »? Vous par- Unis de l'Amérique du Nord ; échoua dans une tentative d'insurrection contre le parti esclavagiste à Harper's Ferry (16 octobre 1859) ; fut fait prisonnier et pendu (décembre 1859).

lerai-je d'autres encore qui ont trouvé une consolation, à leurs heures de solitude, dans le chant d'hymnes ou de cantiques spirituels ? Vous dirai-je que, selon les époques, le chant des hymnes à l'église était à peu près la seule cérémonie religieuse à la portée du peuple? Les pauvres lollards, quand ils avaient peur de prêcher leur doctrine, continuaient à chanter — et dans toute l'étendue de l'Angleterre, si les pauvres et les ignorants ne comprenaient rien aux subtilités des doctrines théologiques, ils pouvaient toujours célébrer les louanges de Dieu et entendre chanter dans leurs cœurs une douce mélodie. Je me souviens combien je fus touché il y a quelques années, en traversant de nuit un petit village du pays de Galles au milieu des montagnes, d'entendre des voix enfantines qui sortaient d'une chaumière faiblement éclairée et répétaient ces paroles :

Jésus, toi qui es plein de tendresse pour mon âme, Laisse-moi trouver mon repos dans ton sein.

« Et je méditais en moi-même, je me représentais comment ces enfants avaient fréquenté l'école, y avaient appris cette hymne et étaient rentrés dans leur humble chaumière pour y annoncer la bonne nouvelle et réchauffer le cœur de leurs parents par l'amour de Jésus. >

Enfin le Rév. Haweïs, pour montrer la puissance qu'a la musique de nous transporter dans le monde invisible, a cité ces vers de Wordsworth :

Dans une station de temps calme, Quoique bien loin à l'intérieur des terres, Nos âmes ont une vision de cet Océan immortel, Qui nous a jetés ici-bas! *

M. Waldo Pratt (de Hartford), après nous avoir dit que les deux qualités de la musique religieuse devaient être

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