‹ Le Congrès des religions à Chicago en 1893 [microform]Chapitre 94 sur 195 · Barrows, II, p · texte numérisé non relu

Barrows, II, p

Dieu a fait le monde en rainant la conception des créations successives et spécifiques, elle ne porte pas atteinte à la foi religieuse, car plus on découvre d'ordre dans l'univers, plus nombreuses aussi sont les raisons que l'on a d'admirer l'insondable sagesse de la Providence. Que sont les notions cosmogoniques de Moïse comparées au développement ininterrompu de l'univers? En désaccord avec les découvertes astronomiques, géologiques, paléontologiques, biologiques, elles ont été pour les théologiens et les savants une source de discussions stériles. Que d'efforts faits par des esprits vigoureux pour réconcilier le récit de la Genèse avec les résultats de l'observation !

€ Les travaux des Hugh Miller, des Ghalmers, des Kurtz, des Guyot ont-ils amené cette concordance? La solution du problème a été donnée par l'évolution, en démontrant que les recherches de cet ordre étaient inutiles, que la science a son domaine propre et l'édification religieuse ses voies spéciales. La Genèse est un livre d'édification et non un traité scientifique, t La Genèse est l'exposition d'une ou deux grandes ventés élémentaires. On ne la lit bien qu'en se pénétrant de l'esprit dans lequel elle a été conçue, en se représentant son but original et aussi les hommes auxquels elle s'adressait. Datant de l'enfance du monde, écrite pour des enfants, et pour cet esprit de foi naïve propre à l'enfant que l'on retrouve dans l'homme de tous les temps, elle conserve l'empreinte de la couleur du lieu où elle fut composée. Son but est purement religieux, elle ne se propose pas de montrer comment certaines choses furent faites — ce qui est une question de pure science que le Dieu révélateur de la vérité a partout réservée au domaine de la science — elle déclare que Dieu les a faites. Elle n'est pas consacrée à la science, mais à l'àme. C'est une sublime théologie, un hymne de la création en face de l'idolâtrie et du polythéisme, rappelant à la jeunesse pieuse de la terre, que les ciftux et le monde et les animaux qui rampent et les animaux qui volent sont tous l'œuvre de Dieu. »

M. Drummond, sur la question des origines, n'est pas moins explicite que sur l'opération par laquelle la nature

a produit les êtres et les formes et qui est généralement connue sous le nom de création. Si l'évolution est le seul et unique mode de création, elle ne suffit pas pour expliquer les origines de ce qui existe.

c Au lieu de supprimer la main créatrice, comme on le croit parfois, révolution exige son intervention;.... elle suppose la création. La loi n'est pas la cause de Tordre dans le monde, mais en est l'expression. Bien loin de rendre compte de l'origine du monde, la loi est un des principaux faits dont l'origine demande à être expliquée. L'évolution n'a d'autre prétention que de rendre compte du développement du monde, mais elle ne prétend pas rendre compte de l'existence de l'univers ou d'elle-même. >

Le troisième point examiné par M. Drummond est la doctrine des causes finales — et il n'a pas de peine à démontrer combien cette théorie s'est élargie, grâce à l'évolution.

€ Le plan divin est toujours là, moins dans la partie que dans l'ensemble, moins dans les parties que dans les rapports des parties, et, quoique le temps ne soit pas encore mûr pour le complet rétablissement de cet argument vénérable, il est clair que nous le retrouverons revêtu d'une signification plus profonde.... 11 faut se rappeler, dit M. Huxley, qu'il y a une doctrine des causes finales plus large qui n'est pas infirmée par la théorie de l'évolution, mais qui est réellement fondée sur la proposition fondamentale de l'évolution. »

Rentrant dans le domaine propre de la théologie, l'auteur voit les dogmes chrétiens se transformant. La Révélation, l'Incarnation cessent d'être des faits isolés ; ils sont en rapport avec l'ensemble du plan de la nature. Il en est de même pour les problèmes du péché et du salut, et la doctrine de l'immortalité.

€ Sur le premier point, c'est une hypothèse à examiner, si le péché ne serait pas un reste persistant de l'animal et du sauvage en nous. Elle pourrait, toutes réserves faites, jeter quelque lumière sur le problème le plus ancien et le plus obscur de la théologie. Si cette hypothèse est confirmée, il n'y aura pas seulement un gain spéculatif; mais, après nous

avoir expliqué comment le péché est entré dans le monde, la science nous aidera aussi à nous dégager de ses liens.... >

M. Drummond a clos cette étude originale par ces éloquentes paroles :

c Le message suprême que la science adresse à notre époque, c'est que toute la nature est l'alliée de l'homme qui cherche à s'élever. Evolution, développement, progrès ne sont pas seulement des articles de son programme, c'est son programme même. En effet, toutes choses tendent à s'élever : l'univers, toutes les planètes, toutes les étoiles, tous les soleils. L'univers entier est mû par une force ascendante et le tout gravite vers un puissant idéal, qu'il pressent. L'aspi" ration de l'esprit, du cœur humain, n'est qu'une forme de cette évolution de l'univers. La découverte de Darwin est, au fond, la même que celle de Galilée, à savoir que le monde tourne. Le prophète italien disait : Il tourne d'Orient en Occident^ et le philosophe anglais a ajouté : // se meut de bas en haut\ »

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